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Les entreprises autochtones contribuent pour 1,6 milliard $ à l'économie en Atlantique

Le casino se trouve le long de la Transcanadienne.

Le casino Grey Rock, dans la zone commerciale de la Première Nation malécite du Madawaska

Photo : Radio-Canada / Elisa Serret

Radio-Canada

Un rapport déposé par le Conseil économique des provinces de l'Atlantique démontre que les commerces autochtones rapportent jusqu'à 1,6 milliard de dollars dans l'économie de la région.

Les conclusions de l'étude n'étonnent pas l'avocate Vicky Wallace Godbout, propriétaire d'une station-service Shell et d'un restaurant Burger King sur le territoire de la Première Nation malécite du Madawaska, à Edmundston.

Une femme parle à la caméra.

Vicki Wallace Godbout est une avocate et femme d'affaires propriétaire de deux commerces dans le secteur de Grey Rock, à Edmundston.

Photo : Radio-Canada

Depuis environ 15 ans, le conseil de bande a décidé de convertir une partie de ses terres pour permettre la construction d’un mégacentre commercial.

La Première Nation, qui compte plus de 300 membres, dont 198 qui résident dans la réserve, a inauguré en 2012 la zone commerciale Grey Rock, située aux abords de l’autoroute transcanadienne, près de la frontière du Québec et du Maine.

La femme d'affaires a vu l'endroit fleurir depuis son ouverture. Plus de 300 emplois ont été créés sur place, selon elle.

Sans compter les emplois qui ne sont pas liés directement à la réserve, comme les comptables, les avocats, les plombiers ou les électriciens qui sont embauchés pour travailler à Grey Rock, souligne Mme Wallace Godbout.

La zone commerciale de la première nation malécite du Madawaska en bordure de l'autoroute transcanadienne au Nouveau-Brunswick

La zone commerciale de la Première Nation malécite du Madawaska en bordure de l'autoroute transcanadienne au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada / Elisa Serret

Le rapport déposé cette semaine fait état d'une augmentation des revenus des entreprises autochtones de plus de 137 % comparativement à 2012.

On indique aussi que près de 40 % des gens employés dans ces réserves autochtones ne sont pas des Autochtones, ce qui démontre que le développement économique des Premières Nations entraîne des retombées majeures pour les deux communautés.

Selon Vicky Wallace Godbout, le programme de terres désignées a eu un rôle à jouer très important dans le succès économique de la réserve.

Ce programme permet aux Premières Nations d'avoir une plus grande liberté de développement économique. La Première Nation du Madawaska est la toute première en Atlantique à profiter de ce système mis sur pied par les autorités fédérales.

Qu'est-ce qu'une « terre désignée »?

La Loi sur les Indiens définit ainsi une terre désignée : Parcelle de terrain, ou tout droit sur celle-ci, propriété de Sa Majesté et relativement à laquelle la bande à l’usage et au profit de laquelle elle a été mise de côté à titre de réserve a cédé, avant ou après l’entrée en vigueur de la présente définition, ses droits autrement qu’à titre absolu.

Le programme de terres désignées crée une certitude ou une sécurité pour les gens qui veulent investir ici, parce qu'initialement, si on voulait investir dans une Première Nation, un créancier ne pouvait pas venir sur place pour saisir un commerce, donc il n'y a pas beaucoup de gens qui voulaient ou pouvaient investir ici, explique la femme d'affaires.

De nombreuses autres réserves autochtones désirent emboîter le pas à la Première Nation du Madawaska en participant au programme de terres désignées, indique Vicky Wallace Godbout. Elles aimeraient aussi avoir la liberté de développer plusieurs commerces et l'économie de leur communauté.

Toutefois, c'est un processus qui peut s'avérer très long et complexe. Il peut s'écouler jusqu'à deux ans avant que le processus de désignation d'une terre ne se termine, explique-t-elle.

Je crois que le gouvernement est en train de travailler sur une façon de simplifier la façon dont les terres sont désignées pour le domaine commercial, ajoute Vicky Wallace Godbout.

Car ce processus est l'un des obstacles majeurs au développement économique des communautés autochtones, selon elle.

Présentement, la chef de bande de la Première Nation du Madawaska tente d'aider d'autres réserves à suivre la tendance. C'est un défi de taille étant donné la complexité du processus et les coûts associés à la création des documents juridiques nécessaires.

Le processus des terres désignées n'existait pas avant sa formation par le gouvernement fédéral. Et nous, en étant la première Première Nation en Atlantique à en profiter, je crois que les autres communautés autochtones nous regardent et choisissent de travailler beaucoup plus fort sur le développement économique de leur propre communauté, souligne-t-elle.

Avec les renseignements de Kassandra Nadeau

Nouveau-Brunswick

Autochtones