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Un pipeline est à découvert depuis trois ans à Saint-Lazare

Sylvie Rozon se tient derrière une affiche jaune qui indique la présence d'un pipeline de Trans-Nord inc. dans un boisé de Saint-Lazare.

Le tronçon à découvert du pipeline appartient à la compagnie Trans-Nord et il enjambe un cours d'eau qui se jette dans la rivière des Outaouais située à cinq kilomètres de l'endroit.

Photo : Radio-Canada

Éric Plouffe

Trois ans se sont déjà écoulés depuis la découverte d'un pipeline qui est en partie aménagé hors terre dans un boisé de Saint-Lazare, à l'ouest de Montréal. Depuis qu'une résidente de l'endroit en a fait le signalement en 2016, rien n'a encore été fait pour remplacer cette section du tuyau vieille de plus de 60 ans, qui transporte des produits pétroliers entre Montréal et Toronto.

Le tronçon à découvert du pipeline, qui appartient à la compagnie Trans-Nord, est situé sur la terre du père de Sylvie Rozon, à Saint-Lazare. L'enseignante n'en revient pas qu'il n'y ait toujours pas eu de travaux pour remplacer la portion déterrée du pipeline enjambant un petit cours d'eau qui fait son chemin jusqu'à la rivière des Outaouais située à environ cinq kilomètres de l'endroit.

« Je trouve que ça fait dur un peu! lance-t-elle. Il y a beaucoup de pression dans ce tuyau et beaucoup de volume de kérosène qui passe dedans. Il est toujours à découvert. Il y a toujours des arbres matures autour. Le terrain est toujours aussi glaiseux qu'avant. »

Sylvie Rozon est d'ailleurs toujours inquiète qu'un de ces nombreux arbres matures, qui se dressent à proximité de l'oléoduc, ne tombe un jour sur la partie du tuyau exposée aux intempéries, ce qui pourrait avoir des conséquences graves.

Surtout avec les dernières années, les vents augmentent. On pourrait être malchanceux... qu'un arbre tombe dessus et le brise.

Sylvie Rozon, résidente de Saint-Lazare

Selon le site Internet de Trans-Nord, ce pipeline transporte en moyenne chaque jour « l'équivalent de 172 900 barils de produits pétroliers raffinés ».

Pas de travaux avant 2020

La Lazaroise devra patienter encore plusieurs mois avant que le site ne soit sécurisé de façon permanente, puisque la compagnie Trans-Nord a déclaré dans un courriel transmis à Radio-Canada qu'elle est en attente d'approbations supplémentaires, au Québec, pour réaliser les travaux qui devraient être achevés au plus tôt en 2020.

L'entreprise affirme avoir reçu une autorisation du ministère de l'Environnement du Québec le 17 juin dernier. Un porte-parole de Trans-Nord [qui ne s'est pas identifié] ajoute par courriel que « compte tenu de la complexité du processus d'émission de permis, il faut à nouveau soumettre une demande pour des permis que nous avions obtenus, mais qui ne sont plus valides ».

Trans-Nord dit avoir demandé en vain une prolongation des permis émis en 2018. « Conséquemment, la prochaine étape sera de procéder à une nouvelle demande de permis à la CPTAQ (NDLR : Commission de la protection du territoire agricole du Québec) », ajoute le porte-parole de Trans-Nord.

Dans un reportage de Radio-Canada paru en juillet 2017, Trans-Nord avait aussi fait savoir dans un courriel qu'elle attendait « les permis requis afin de procéder à la réparation permanente ».

L'entreprise assure que la conduite ne représente aucun risque pour le public ou l'environnement et que le secteur dans lequel elle se trouve fait l'objet d'inspections chaque semaine.

Totalement inacceptable

Pour Greenpeace, cette situation est totalement inacceptable. « On est en train de jouer littéralement à la roulette russe avec l'eau potable d'une partie de la population de Montréal », lance son responsable de la campagne Climat-Énergie au Québec, Patrick Bonin.

Il n'y a aucune justification de la part de l'entreprise de ne pas avoir effectué ces travaux encore. On ne devrait même pas parler aujourd'hui de ces risques. Cela aurait dû être réparé dès l'identification de problèmes potentiels d'intégrité.

Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace

L'organisme demande à l'Office national de l'énergie et aux autres différentes autorités réglementaires de se montrer plus fermes à l'égard de Trans-Nord.

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