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Les jets d'affaires, désormais la carte maîtresse de Bombardier

On voit M. Bellemare, assis, en entrevue.

Le PDG de Bombardier, Alain Bellemare, à bord d'un avion Global 7500

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Bombardier Aéronautique, qui présente son Global 7500 au Salon international de l'aéronautique du Bourget, fait désormais des avions d'affaires son moteur de croissance, affirme le PDG Alain Bellemare. L'homme d'affaires répète que la vente de la C Series à Airbus était une bonne transaction qui permet de protéger des emplois au pays. Radio-Canada l'a rencontré dans l'un de ses nouveaux appareils.

Bombardier a présenté un seul appareil en sol français cette année, le Global 7500, un jet d’affaires au cœur de son plan de redressement. N’est-ce pas un peu triste?

Ce n’est pas du tout triste. C’est fantastique. Premièrement, vous êtes assis dans le plus bel avion d’affaires au monde. Pour nous, le fait de le présenter au Bourget, c’est une opportunité de démontrer la technologie, la performance de ce magnifique appareil.

Notre franchise des avions d’affaires, c’est une des meilleures au monde. Ce salon, ici, c’est plutôt un salon commercial et militaire. On a quand même décidé d’amener notre avion le plus récent, le plus moderne. Il y a beaucoup de monde qui vient le voir. Mais pour nous, les foires d’aviation les plus importantes, ce n’est pas Paris ni Farnborough, en Angleterre. C’est Genève et c’est le National Business Aviation Association aux États-Unis [où on présente des avions d’affaires].

Bombardier a récemment vendu deux programmes d’avions commerciaux de taille : la C Series au géant français Airbus et la série Q à l’entreprise canadienne Longview Aviation Capital. Donc, la gamme d’avions de Bombardier Aéronautique se rétrécit.

C’est sûr qu’on a décidé de façon très stratégique de concentrer nos efforts sur les avions d’affaires. Ça, c’est le statement qu’on fait aujourd’hui. Ce que vous voyez, c’est qu’on amène notre meilleur avion, le Global 7500, dans notre flotte des avions d’affaires. Mais en même temps, on est aussi très fiers d’avoir l’A220, l’ancienne C Series, avec Airbus, et de voir que les commandes augmentent, que les coûts de production diminuent, qu’on va en faire un succès. Grâce à la participation d’Airbus. On a protégé 2200 emplois à Mirabel grâce à ça. Avec des opportunités de croissance importantes.

La commande que vient de faire la compagnie Air Lease Corporation pour 50 appareils A220, c’est fantastique. Cela va ouvrir des portes, ce sont de nouvelles opportunités pour l’A220. Ce sont 50 avions qui devraient en principe être produits à Mirabel, parce qu'ils vont être à l’extérieur des États-Unis. Donc, c’est vraiment une bonne nouvelle. C’est pour ça que les gens de l’industrie réagissent de façon aussi positive.

Reportage de Jean-Michel Leprince

Quel est l’avenir de Bombardier Aéronautique?

Les gens s’imaginent qu’on a quitté l’aéronautique au Canada ou au Québec ou à Bombardier. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que la majorité des emplois pour Bombardier Aéronautique a toujours été dans les avions d’affaires. On a plus de 15 000 personnes dans les avions d’affaires, au Canada seulement. Alors qu’il y a 2000 personnes dans l’Airbus 220 et il y avait 1300 personnes dans le Q400. Alors, juste pour mettre les choses en perspective, le cœur de nos activités a toujours été les avions d’affaires. Et on a une gamme de produits absolument spectaculaire, avec les Learjet, les Challenger et les Global.

Pour ce qui est de la C Series, c’est juste qu’on n’avait pas la capacité financière pour faire de ce programme-là un succès commercial. Alors on a développé un appareil avec le génie québécois, canadien, qui est absolument incroyable, mais maintenant il est entre les mains d’une compagnie, Airbus, qui peut vraiment faire progresser cet appareil-là et éventuellement en faire des dérivés.

Pour le Q400, c’est un avion qui était en fin de cycle de vie, difficile pour nous de continuer à supporter, on devait réinvestir. Il fallait décider où on voulait concentrer nos énergies. Et on a trouvé un acheteur canadien, on a transféré 1300 emplois, pas un emploi n'a été perdu. Ils sont tous partis à Longview Aviation.

Et maintenant, on est à terminer la dernière étape de notre plan de redressement, de transformation, c’est le CRJ. Alors on n’est pas loin, j’espère que dans les prochaines semaines, on va être capable de prendre une décision finale sur le CRJ.

Et qui sait, si on réussit à avoir une négociation avec Mitsubishi, peut-être qu’on va être capable d’attirer un autre joueur. Mais ça, on verra.

Est-ce que Bombardier pourrait se défaire des Learjet?

Non. J’ai toujours dit qu’on aimait cette franchise-là et qu’on travaillait pour la garder en opération. Et c’est exactement ce qu’on fait. Encore aujourd’hui, on continue à en produire.

On a réduit la cadence, parce qu’il y a eu un cycle économique à la baisse, ce qui a mis de la pression sur les plus petits avions, d’une part, et, d’autre part, parce que c’est le meilleur avion dans sa catégorie, le Lear75, et il a été sous attaque par des compétiteurs qui sont arrivés avec des prix beaucoup plus bas.

Mais malgré tout ça, on a décidé de le garder en production et on avait espoir que dans le temps, les gens étaient pour reconnaître la valeur de l’avion, et c’est ce qui est en train de se passer en ce moment. Alors on en produit encore une douzaine par année, mais on a aussi une très grande flotte d’avions Lear qui volent. Donc, on a protégé la franchise, on a protégé les opérations de fabrication et on n’a pas du tout l’intention de fermer le Learjet.

Propos recueillis par Jean-Michel Leprince

Transports

Économie