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  • Pierre Perrault explore l’âme du Québec en filmant L’Isle-aux-Coudres

    Pierre Perrault est interviewé en août 1963 après la présentation de son film Pour la suite du monde au Festival de Cannes.

    Le 23 juin 1999 décédait le cinéaste Pierre Perrault.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Il y a 20 ans disparaissait le cinéaste Pierre Perrault. Que ce soit derrière un micro ou une caméra, il a par son oeuvre révélé au Québec une partie parfois cachée de son âme, notamment en amenant à l’écran les habitants de L’Isle-aux-Coudres.

    Ces films-là étaient pour nous comme une métaphore de ce que nous étions, de ce que nous voulions être, à la fois le passé et le présent. Ses films ont été connus à travers le monde.

    Jacques Godbout commentant le décès de Pierre Perrault, 24<span class="nbsp"></span>juin<span class="nbsp"></span>1999

    Ce ne sont pas des gens qui ont un grand vocabulaire de contes et de légendes. Mais ils savent énormément de faits qui leur [sont] arrivés, qui [sont] arrivés à leurs ancêtres, et ces faits, ils les enjolivent, ils les perfectionnent. Ils en font une véritable épopée.

    Pierre Perrault parlant des gens de L’Isle-aux-Coudres, janvier 1963

    Le révélateur d’âme

    C’est à la fois très ironique et peut-être très logique. Pierre Perrault est mort à la veille de la Saint-Jean-Baptiste, la fête nationale du Québec.

    Le Téléjournal/Le Point, 23 juin 1999

    Le 24 juin 1999, l’animateur du Téléjournal/Le Point Daniel Lessard et le journaliste Paul Toutant rendent hommage à l’œuvre du cinéaste.

    Pierre Perrault, par son travail radiophonique, télévisuel et cinématographique, n’a cessé de révéler l’âme du Québec, souvent méconnue, aux Québécois.

    Une de ses références, c’est L’Isle-aux-Coudres située dans la région de Charlevoix près de Québec.

    Dès 1956, il s’intéresse à la région de Charlevoix, d’où vient son épouse. Avec un collègue, Jacques Douai, il enregistre la musique locale et interviewe des gens de la région qui racontent de savoureuses anecdotes.

    Grâce à ces rencontres, Pierre Perrault réalise pour Radio-Canada la série d’émissions Au pays de Neufve-France, présentée à la radio et à la télévision de 1956 à 1960.

    Un épisode, La traverse d’hiver à L’Isle-aux-Coudres, raconte la périlleuse traversée que doivent affronter les insulaires partis sur la terre ferme, lorsqu’ils désirent revenir voir leurs familles pour le temps des fêtes.

    Durant ces expéditions, Pierre Perrault apprend à connaître L’Isle-aux-Coudres et ses 1700 habitants.

    Aujourd'hui, 1er janvier 1963 (audio)

    Le 1er janvier 1963, Pierre Perrault souligne au journaliste Wilfrid Lemoine durant l’émission Aujourd’hui la singularité de ce coin du Québec.

    Les habitants de L’Isle-aux-Coudres sont des navigateurs. Ils ont des coutumes qui leur sont propres.

    Leur cuisine traditionnelle, par exemple, est remarquable. Ils préparent notamment un pâté de foie de loches, aussi connus sous le nom de petits poissons des chenaux, qui est « incomparable ».

    Pierre Perrault est aussi en admiration devant le vocabulaire des récits et la capacité de communiquer des gens de l’île.

    Ce sont ces qualités qui l’amènent à proposer à l’Office national du film du Canada de réaliser un documentaire sur la chasse aux marsouins telle qu'effectuée dans les temps anciens à L’Isle-aux-Coudres.

    Pierre Perrault obtient des habitants de l’île de « relever les vieilles traces » et de faire une pêche aux marsouins comme l’ont pratiquée leurs pères pour la dernière fois dans les années 1920.

    Un film révolutionnaire

    Ils ont été contents surtout pour ce fait essentiel. Ils ont mis leurs actions dans les archives, comme ils le disent eux-mêmes. La pêche aux marsouins, maintenant, n’est pas perdue à jamais.

    Pierre Perrault, 1963

    C’est donc en 1963 que Pierre Perrault réalise avec le cinéaste Michel Brault le documentaire Pour la suite du monde.  Ce dernier utilise la chasse aux marsouins comme trame narrative pour raconter la vie des habitants de L’Isle-aux-Coudres.

    Partage du jour, 29 avril 1963 (audio)

    Le 29 avril 1963, Pierre Perrault décrit au journaliste Guy Viau, de l’émission Partage du jour, le contexte du tournage du film.

    Le documentaire est authentique, croit le cinéaste, parce que les habitants de l’île recréent un acte de leur histoire.

    Leur intention est de montrer aux jeunes comment faisaient leurs ancêtres. Pour les gens de L’Isle-aux-Coudres, connaître le passé, c’est assurer la « suite du monde », l’avenir.

    C’est ainsi que pendant une heure et demie, le film nous fait connaître les gens de cette île et suivre leur chasse en nous demandant s’ils attraperont des marsouins.

    Cette quête, elle est incarnée par des personnages comme Alexis Tremblay et Louis Harvey, qui nous révèlent à travers leurs mots toute l’histoire et l’âme de L’Isle-aux-Coudres.

    Cette façon de tourner un film est révolutionnaire pour le cinéma canadien.

    Elle permet à Pierre Perrault et à Michel Brault d'élargir les possibilités de ce qu’on appelle alors le « cinéma-vérité ».

    Pour la suite du monde a été le premier film canadien à être projeté au prestigieux Festival de Cannes en 1963.

    Aujourd'hui, 5 août 1963

    Cette expérience a été racontée par Pierre Perrault et Michel Brault dans une entrevue accordée au journaliste Pierre Nadeau et présentée à l'émission Aujourd'hui le 5 août 1963.

    Bien qu’inhabituel pour ce genre d’événement, le film a été plutôt bien reçu par ceux qui l'ont vu à Cannes.

    Pierre Perrault a tourné par la suite deux autres films sur L’Isle-aux-Coudres, dans lesquels on rencontre une fois de plus les sympathiques habitants de ce coin du Québec.

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