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Des technologies vertes au lieu des taxes, promettent les conservateurs

Le chef conservateur Andrew Scheer a présenté la plateforme électorale de son parti en matière d'environnement, mercredi, à Chelsea, au Québec.

Le chef conservateur Andrew Scheer a présenté la plateforme électorale de son parti en matière d'environnement, mercredi, à Chelsea, au Québec.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Anne Marie Lecomte

« Des technologies vertes, pas des taxes » : telle est l'entrée en matière du Parti conservateur du Canada dans le plan de protection de l'environnement qu'il a déposé mercredi, à Ottawa, à quatre mois du scrutin fédéral.

« Un vrai plan pour protéger notre environnement » est le titre du document rendu public par le chef conservateur Andrew Scheer, qui veut ainsi se démarquer de Justin Trudeau et de sa « soi-disant politique environnementale phare ».

Cette stratégie, le chef conservateur en a fait l'annonce mercredi à Chelsea, au Québec. Le document de 60 pages comporte 55 engagements « spécifiques, réalistes et réalisables », a dit le chef conservateur.

Les conservateurs se sont engagés à atteindre les cibles de l'Accord de Paris, soit de réduire de 30 % les seuils de 2005 d'ici 2030. Les cibles du Canada, en vertu de cet accord, ont été fixées par les conservateurs, et les libéraux se les sont appropriées, a affirmé en substance Andrew Scheer.

En conférence de presse, une journaliste a rappelé à Andrew Scheer qu'en 2011, Stephen Harper - alors au pouvoir - avait retiré le Canada du protocole de Kyoto. « Est-ce que vous vous engagez à demeurer dans l'Accord de Paris? », lui a demandé la journaliste. Ce à quoi M. Scheer a répondu : « Oui, absolument ».

Persuadé d'offrir aux Canadiens les moyens de respecter les cibles de l'Accord de Paris, Andrew Scheer n'indique toutefois pas quel seuil de réduction de gaz à effet de serre (GES) il fixerait pour le Canada, s'il devenait premier ministre.

« La taxe sur le carbone ne fonctionne pas »

D'entrée de jeu, dans le document présenté mercredi, les conservateurs disent reconnaître « que les changements climatiques sont bien réels ».

Mais la taxe sur le carbone, établie par les libéraux et destinée à lutter contre les changements climatiques, « ne fonctionne pas, affirme Andrew Scheer, et elle ne permettra pas d'atteindre les cibles contenues dans l'Accord de Paris ».

Cette taxe « prend de l’argent de votre portefeuille pour le mettre dans les coffres du gouvernement », affirment les conservateurs.

Les troupes d'Andrew Scheer entendent abolir la taxe sur le carbone et soutenir, à la place, le développement des technologies vertes. Cette taxe sur le carbone s’applique uniquement à l’Ontario, au Nouveau-Brunswick, au Manitoba, à la Saskatchewan, et elle entrera en vigueur en Alberta dès le 1er janvier.

« La taxe sur le carbone de Justin Trudeau rend la vie plus difficile et moins abordable pour les Canadiens, dit le PCC, et ne fait rien pour protéger l’environnement ou lutter contre les changements climatiques. »

Les conservateurs promettent de fixer des normes sur les émissions de GES qui vont suivre « les changements technologiques afin d'assurer que nos entreprises peuvent s’adapter et rester concurrentielles et durables […] ».

Les entreprises qui ne respecteront pas ces normes devront « investir un montant fixe pour chaque tonne de gaz à effet de serre excédant la limite », affirme encore le PCC, sans toutefois spécifier quel sera ce montant.

Le plan climatique de Justin Trudeau donne aux pollueurs un répit qu’il ne donne pas aux consommateurs et aux petites entreprises.

Extrait du document du Parti conservateur du Canada, Un vrai plan pour protéger notre environnement

Souvenir d'un déversement à Montréal

Les conservateurs promettent de protéger les voies maritimes de déversement d’eaux usées.

À ce sujet, Andrew Scheer affirme que la première décision prise par la libérale Catherine McKenna à titre de ministre de l’Environnement avait été de permettre à la Ville de Montréal de déverser huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent.

« En tant que premier ministre, je travaillerais de concert avec les municipalités pour mettre un terme à cette pratique », a promis M. Scheer.

Capital de risque pour technologies vertes

Par ailleurs, s'il est élu, le PCC compte recueillir un milliard de dollars en investissements privés de nouveau capital de risque pour les entreprises de technologies vertes. Un gouvernement conservateur allouerait 250 millions de dollars à un fonds géré par le secteur privé, indépendant du gouvernement. Le privé investirait 4 $ pour chaque dollar versé par le gouvernement.

Également, un gouvernement conservateur accorderait un crédit d'impôt remboursable de 20 % pour des rénovations vertes recourant à des produits ou des technologies écoénergétiques, et ce, à partir de 1000 $ et jusqu'à concurrence de 20 000 $.

Il y aurait aussi un crédit pour les brevets verts, destiné à réduire de 15 % à 5 % le taux d’imposition du revenu provenant des technologies vertes développées et brevetées au Canada. Le PCC évalue à 20 millions de dollars le coût de ce crédit au début, et à 80 millions de dollars après quatre ans. « Nous croyons aux incitatifs, pas aux taxes », dit le PCC.

Avec les informations de La Presse canadienne

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