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Diane Dallaire affirme qu'en matière d'arsenic, des responsabilités doivent être assumées

Un quartier résidentiel tout près d'une fonderie de cuivre.

Des enfants qui habitent dans le quartier Notre-Dame à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue, sont surexposés à l'arsenic, une substance cancérigène.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Lise Millette

Au terme de discussions avec la direction Santé publique régionale, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Abitibi-Témiscamingue, la direction régionale du ministère de l'Environnement et la Fonderie Horne, la mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire, a soutenu qu'il est important de diminuer la concentration d'arsenic dans l'air.

Nous veillerons à ce que chaque partenaire assume ses responsabilités et respecte ses engagements : les actions visant la réduction des émissions doivent être réalisées dans les meilleurs délais pour la santé de nos citoyens, a déclaré la mairesse dans un communiqué publié mercredi.

Selon une étude de biosurveillance réalisée auprès des enfants du quartier Notre-Dame de Rouyn-Noranda, leurs ongles sont en moyenne 3,7 fois plus contaminés à l'arsenic que les enfants d'Amos, qui agissaient comme groupe témoin.

Il a aussi été démontré que la Fonderie Horne rejette des émissions d'arsenic nettement supérieures aux trois nanogrammes permis par le ministère de l'Environnement. Selon l'attestation détenue par la Fonderie, l'entreprise peut émettre 200 nanogrammes jusqu'en 2021 et sera de 100 nanogrammes à partir de 2021.

La Ville de Rouyn-Noranda participera aux consultations publiques du ministère pour renouveler cette attestation d'assainissement de la Fonderie.

Le comité Arrêt des rejets et émissions toxiques de Rouyn-Noranda (ARET) a été constitué avec la mission d'exiger un redressement de la situation. Ce mercredi soir, le groupe de citoyens tiendra une assemblée publique pour lancer une pétition pour démontrer la préoccupation de la population.

Parallèlement, un comité de suivi de l'étude de biosurveillance se réunira de nouveau cet automne, après le dépôt du rapport final de l'Institut national de la santé publique du Québec. La mairesse Diane Dallaire espère que le comité ARET se joindra à la table des discussions.

Le CREAT veut que la fonderie respecte la norme provinciale

Le Conseil régional de l’Environnement de l’Abitibi-Témiscamingue (CREAT) souhaite que le ministère de l’Environnement exige le respect de la norme provinciale concernant l’arsenic, soit une moyenne annuelle de 3 ng/m3. Passer de 100 à 3 (ng/m3), c’est un grand défi, mais c’est quand même vers là qu’il faut tendre, tranche la présidente du CREAT, Jacinthe Châteauvert. Au CREAT, ce qu’on veut, c’est une réduction vers la norme, le plus rapidement possible.

Il faut qu’il y ait une fin à cette réglementation-là ou l’attestation d’assainissement qui permet encore un dépassement bien au-delà de la norme réglementaire.

Jacinthe Châteauvert, présidente du CREAT

Le CREAT salue par ailleurs l’intention de la Direction de la santé publique de mener une étude sur plusieurs quartiers de Rouyn-Noranda afin de connaître les concentrations d’arsenic.

Le GECO se questionne sur l’intervention du ministère

Pourquoi le ministère de l’Environnement autorise un tel dépassement de la norme?, s’exclame le directeur du Groupe ÉCOcitoyen (GÉCO), Maurice Duclos. On demande au ministère d’appliquer son règlement ou de le revoir.

M. Duclos estime que si nécessaire, la fonderie devrait doubler, voire tripler les investissements pour trouver une solution rapidement. La limite, c’est jusqu’à quel point on est prêt à continuer à affecter la santé publique, s’exclame-t-il. On sait que Glencore est un énorme consortium international. S'il faut en mettre trois fois plus [d’argent], pour que ça aille trois fois plus vite, je pense que la solution est là.

Abitibi–Témiscamingue

Santé publique