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Quand le client est celui qui rendra l’âme : l’industrie funéraire face à l’aide à mourir

Un homme dépose une rose blanche sur le dessus d'une pierre tombale lors de funérailles.

Les directeurs de funérailles se sont ajustés à cette nouvelle réalité qu'est l'aide médicale à mourir.

Photo : iStock

Audrey Paris

Les maisons funéraires du Québec savent très bien travailler avec des familles qui vivent un deuil. Mais depuis décembre 2015, ils accueillent un nouveau type de client : la personne qui est sur le point d'obtenir l’aide médicale à mourir.

Avec l’aide médicale à mourir, maintenant, les directeurs de funérailles ont à transiger occasionnellement directement avec la personne défunte, explique la directrice générale de la Corporation des thanatologues du Québec, Annie Saint-Pierre. Jusqu’à maintenant, on était surtout habitués de travailler avec les survivants.

En entrevue à l'émission C'est encore mieux l'après-midi, elle prend le cas comme exemple d’une personne qui a été acceptée pour recevoir l’aide à mourir et qui sait exactement à quel moment elle décédera. Il existe aussi les contrats de préarrangements funéraires, mais ces contrats surviennent des années avant la mort d’une personne, comme le souligne Mme Saint-Pierre.

Le contexte fait que maintenant, une personne sait que c’est jeudi à 14 h et qu’elle peut voir son avis de décès elle-même en ligne avant de décéder, précise la directrice générale. Elle ajoute que les maisons funéraires doivent aussi apprendre à accompagner les familles qui vivent un deuil différent quand il est question d’aide médicale à mourir.

Quels outils pour les maisons funéraires?

Une soixantaine de directeurs de funérailles sont rassemblés à l’Université Laval pour une rencontre de deux jours, mardi et mercredi, organisée par la Corporation des thanatologues du Québec.

Le docteur Alain Naud, médecin de famille et spécialiste en soins palliatifs, a notamment offert une formation interactive, mardi matin. Il désirait que les participants interagissent.

Ce qui a permis d’entendre des histoires comme celle d’une équipe de maison funéraire qui a communiqué par courriel avec un client deux jours avant sa mort pour continuer de réviser l’avis de décès. Ou encore, des thanatologues qui disent vouloir mieux comprendre la douleur psychologique vécue par les personnes qui demandent l’aide à mourir et leur processus de réflexion.

Le Dr Naud connaît bien cette réalité. Il accompagne des patients en soins palliatifs depuis 33 ans. Il accompagne aussi les familles. Sa formation avec les thanatologues lui a permis de bien expliquer aux participants toute l'information que les familles reçoivent quand un proche demande l'aide à mourir. Un élément rassurant pour les directeurs de funérailles, souligne-t-il.

Et face à cette nouvelle réalité, la directrice générale de la Corporation des thanatologues du Québec reste optimiste. Avec l’aide médicale à mourir, la table est déjà mise pour le deuil, la famille est sereine, dit-elle. Les procédures sont plus structurées.

Annie Saint-Pierre conclut en précisant que la situation continue d’évoluer, même sur une courte période de temps. L'an dernier, une formation similaire avec le Dr Naud avait eu lieu, et elle estime que de nouveaux cas se sont ajoutés aux discussions cette année.

Avec les informations de Guillaume Dumas

Québec

Aide médicale à mourir