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Vol MH17 : trois Russes et un Ukrainien cités à procès

Des hommes inspectent la carcasse de l'avion.

Poste de pilotage du vol MH17 de la Malaysia Airlines après son écrasement en Ukraine.

Photo : Reuters / Antonio Bronic

Radio-Canada

Trois suspects russes et un Ukrainien feront l'objet d'un procès pour homicide aux Pays-Bas pour leur participation présumée à la destruction du vol MH17 de la Malaysia Airlines en juillet 2014 au-dessus de l'est de l'Ukraine, ont annoncé mercredi les enquêteurs internationaux.

Des mandats d'arrêt ont été lancés contre ces quatre hommes, soupçonnés d'avoir transporté le missile utilisé pour détruire l'appareil.

L'avion de la Malaysia Airlines qui assurait la liaison entre Amsterdam et Kuala Lumpur a été abattu le 17 juillet 2014 au-dessus de territoires tenus par les séparatistes prorusses du Donbass. Ses 298 occupants ont péri dans la destruction de l'appareil en plein vol.

Les trois suspects d'origine russe sont Sergueï Doubinski, Igor Guirkine et Oleg Poulatov ainsi que de l'Ukrainien Leonid Khartchenko, tous membres des milices prorusses qui combattaient à l'époque dans le Donbas.

Aujourd'hui, nous délivrerons les mandats d'arrêt internationaux pour les premiers suspects que nous poursuivrons. Ils seront également placés sur les listes nationales et internationales des personnes recherchées.

Wilbert Paulissen, chef de la police néerlandaise

Selon le procureur néerlandais Fred Westerbeke, les quatre sont accusés d'avoir convoyé dans l'est de l'Ukraine le système de missiles antiaériens Bouk, utilisé pour abattre le vol MH17.

Les quatre suspects sont poursuivis en premier lieu pour avoir causé l'écrasement du vol, avec pour conséquence la mort de tous les passagers de l'avion. En deuxième lieu, ils sont poursuivis pour le meurtre des 298 passagers de l'avion, a expliqué le procureur Westerbeke.

Une batterie de missiles russes Bouk lance un missile.

Les missiles sol-air de type Bouk sont fabriqués et distribués par la Russie.

Photo : Radio-Canada / Stringer .

Dans leur rapport, les enquêteurs de l'équipe conjointe internationale qui ont travaillé pendant des années pour reconstituer l'accident et en déterminer les causes et les responsables évoquent une ligne directe de commandement militaire entre les rebelles ukrainiens et la Fédération de Russie.

Ce qu’on ne savait pas jusque-là, c’est qui étaient les responsables qui avaient donné l’ordre d’acheminer ce missile mais qui avaient également donné l’ordre de tirer. Il y a six noms qui sont sortis, principalement des citoyens russes, mais également un citoyen ukrainien, a expliqué sur les ondes d'ICI RDI le collaborateur de Radio-Canada à Kiev, Stéphane Siohan.

L’enquête du groupe Bellingcat, mais également d’un groupe d’enquêteurs internationaux installés aux Pays-Bas, a réussi à démontrer la responsabilité de la chaîne de commandement qui remonte jusqu’au GRU […] qui est le symbole du renseignement militaire russe.

Stéphane Siohan, collaborateur de Radio-Canada à Kiev

L'ouverture du procès de quatre d'entre eux a été fixée au 9 mars 2020 par la justice néerlandaise.

Le gouvernement russe a de son côté essayé à de nombreuses reprises depuis la tragédie de démontrer que c'est un avion de chasse ukrainien qui a abattu le vol MH17, mais sans succès.

L'équipe internationale d'investigation conjointe composée d'enquêteurs des Pays-Bas, d'Australie, de Belgique, de Malaisie et d'Ukraine avait annoncé en mai 2018 avoir établi que le missile ayant abattu l'avion provenait de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk, dans l'ouest de la Russie.

L'un des suspects nie toute implication

L’un des accusés, un chef de guerre russe du nom d’Igor Guirkine, a démenti mercredi être impliqué de quelque façon que ce soit dans la tragédie qui s’est produite dans l’est de l’Ukraine où des groupes séparatistes prorusses armés par Moscou combattent les forces ukrainiennes depuis le printemps 2014.

Tout ce que je peux dire, c'est que le Boeing n'a pas été abattu par les rebelles, a déclaré M. Guirkine à l'agence de presse russe Interfax.

Il a ajouté qu'il ne comptait pas témoigner dans le cadre de ce procès.

Le gouvernement russe n’a pas dit s’il a l’intention ou non de livrer les suspects à la justice néerlandaise. Il est probable que l'audience se déroule en l'absence des suspects.

Avec les informations de Reuters, et AFP

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