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Nicaragua : bras de fer sur la libération de prisonniers politiques

Un homme masqué lève le poing lors d'une manifestation au Nicaragua.

L'opposition réclame que le gouvernement Ortega tienne parole et libère tous les prisonniers politiques, comme il l'a promis à la population.

Photo : AFP/Getty Images / MAYNOR VALENZUELA

Agence France-Presse

L'opposition au président Daniel Ortega réclamait mardi la libération de 89 prisonniers politiques encore détenus selon elle, mais le gouvernement nicaraguayen a affirmé qu'il a déjà tenu parole en amnistiant plus de 490 détenus.

Washington pourrait durcir ses sanctions économiques si les États-Unis estiment que Daniel Ortega et son épouse Rosario Murillo n'ont pas tenu leurs engagements de libérer tous les prisonniers politiques avant la date limite du 18 juin.

L'Union européenne pourrait aussi adopter des sanctions contre Managua si les derniers prisonniers réclamés par l'opposition ne sont pas libérés, soulignent des analystes consultés par l'AFP.

Tous les opposants arrêtés pour leur participation aux manifestations antigouvernementales du printemps et de l'été 2018 sont en liberté, sous réserve de ne pas recommencer [à manifester], conformément à la loi d'amnistie, a affirmé le gouvernement dans un communiqué.

Les autorités s'étaient engagées à libérer tous les opposants dans le cadre des négociations ouvertes en février dernier avec l'opposition pour tenter de sortir de la crise.

Violences politiques

Il porte un manteau et une casquette.

Le président du Nicaragua Daniel Ortega en septembre dernier.

Photo : Reuters / Oswaldo Rivas

Les manifestations antigouvernementales qui ont commencé le 18 avril 2018 ont été durement réprimées et les violences politiques ont fait plus de 325 morts et 2000 blessés. L'écrasante majorité se trouvait dans les rangs des opposants, selon les organisations de défense des droits de l'homme.

Au moins 492 personnes ont été libérées selon une loi d'amnistie décriée par l'opposition, qui y voit surtout une manière de garantir l'impunité aux forces de police et paramilitaires qui ont ouvert le feu contre les manifestants.

Pour le chef de la délégation de l'opposition pour les pourparlers avec le gouvernement, le diplomate Carlos Tünnermann, il ne fait aucun doute que le pouvoir n'a pas respecté ses engagements.

Des opposants politiques, formellement identifiés sur une liste établie avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), sont toujours détenus, a-t-il assuré.

L'Union des prisonniers politiques a menacé d'organiser des manifestations dès mercredi pour réclamer leur libération. Déjà, mardi, une soixantaine d'étudiants ont protesté sur le campus de l'Université centroaméricaine de Managua, tandis que des forces de police antiémeutes étaient à l'affût, non loin de là.

Pour l'ancien diplomate Edgar Parrales, la menace de sanctions européennes n'est pas à prendre à la légère par le pouvoir. Ces gens [du gouvernement] ont de l'argent dans les banques en Europe, ils y ont de l'argent, des immeubles, a-t-il fait valoir.

M. Parrales a aussi rappelé que le département d'État américain doit informer le Congrès les 21 et 22 juin sur la situation des droits de l'homme au Nicaragua.

Si le gouvernement de Managua ne respecte pas ses engagements, il est possible qu'il y ait un durcissement dans l'application de la Nica Act, la loi instituant des sanctions économiques en représailles de la répression contre l'opposition, a renchéri l'ancien diplomate nicaraguayen Mauricio Diaz.

Un durcissement des sanctions aggraverait encore la crise économique après une chute l'année dernière de 3,8 % du PIB et la perte, selon les milieux d'entreprise, d'environ 450 000 emplois.

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