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Le conspirationniste Alex Jones sanctionné par un tribunal américain

La photo montre le compte Twitter d'Alex Jones.

Le fondateur du site InfoWars et commentateur d'extrême droite américain, Alex Jones

Photo : AFP/Getty Images / ERIC BARADAT

Radio-Canada

Une juge du Connecticut a sanctionné mardi le théoricien conspirationniste Alex Jones, poursuivi pour avoir suggéré qu'un avocat des familles des victimes du massacre de Sandy Hook avait tenté de le piéger avec de la pornographie juvénile.

La juge de la Cour supérieure de Bridgeport, Barbara Bellis, s’est penchée sur la requête de parents de victimes de la tuerie de Sandy Hook, formulée après qu’Alex Jones eut tenu des propos jugés diffamatoires lors d’un segment d’une émission diffusée vendredi dernier.

Sans avancer de preuves, il accuse l’un des avocats représentant les familles d’avoir tenté de le piéger en insérant de la pornographie juvénile dans les documents de cour soumis par ses avocats.

Dans son jugement, Barbara Bellis a qualifié le comportement d'Alex Jones d’« indéfendable », de « douteux » et « d'éventuellement criminel ». Elle a ordonné à l’animateur d’InfoWars de payer certains des frais juridiques de la famille et lui a interdit d’entamer d’éventuelles requêtes pour bloquer les poursuites en diffamation intentées contre lui.

Alex Jones est poursuivi par les familles des victimes du massacre de Sandy Hook devant les tribunaux du Texas et du Connecticut pour ses affirmations antérieures selon lesquelles la fusillade de 2012, qui a fait 28 morts, dont 20 enfants, n’aurait pas existé.

Il est depuis revenu sur ces affirmations, reconnaissant que la fusillade avait eu lieu. Lors de l’audience, une date de procès proposée pour novembre 2020 a été établie par les deux parties et acceptée par la juge.

Les familles de huit victimes affirment qu’elles ont été les cibles de harcèlement et de menaces de mort de la part de ses partisans. La juge a statué dans le cas de diffamation contre Jones que ce dernier devra soumettre une déposition sous serment, prévue pour juillet au Texas.

Une autre victoire pour les familles des victimes

La même journée, un juge du Wisconsin a donné raison au père de l'une des victimes de Sandy Hook –le petit Noah, alors âgé de 6 ans –, qui avait intenté une poursuite pour diffamation contre James Fetzer et Mike Palacek, les auteurs d'un livre intitulé Personne n’est mort à Sandy Hook.

Dans la même veine que les adeptes de la théorie du complot comme Alex Jones, les deux auteurs y affirment que le massacre à l’école primaire n’a jamais eu lieu.

Le juge a ordonné mardi que le livre soit retiré des tablettes. Un procès aura lieu en octobre pour déterminer le montant des dommages et intérêts.

« Après avoir parlé en face à face avec Lenny Pozner [le père de Noah], je crois qu’il dit la vérité à propos de la mort de son fils », a expliqué Dave Gahary, directeur de la maison d’édition Moon Rock Books, où le livre a été publié.

« J’offre mes plus sincères excuses à la famille Pozner », a-t-il déclaré.

Prouver que son enfant est bel et bien mort

Lenny Pozner a été harcelé et menacé de mort pendant des années par des théoriciens du complot, qui l'accusent d'être un acteur et qui nient l'existence de son fils.

Il a dû fournir un certificat de décès et des échantillons d'ADN pour prouver que Noah, tué lors de la fusillade, était bel et bien son fils.

M. Pozner mène une bataille depuis des années contre les conspirationnistes qui affirment que la fusillade n’était qu'une mise en scène. Il est à l’origine de plusieurs poursuites contre les négationnistes de Sandy Hook devant les tribunaux fédéraux et des États du Connecticut, de la Floride, du Texas et du Wisconsin.

Son combat s'étend aux réseaux sociaux, où il tente de faire supprimer les vidéos conspirationnistes. M. Pozner a créé un site web pour déconstruire les théories du complot propagées sur Internet au sujet de la fusillade.

Après avoir enduré dans le silence un harcèlement soutenu, plusieurs parents de victimes ont décidé de se joindre à lui.

Les familles de plusieurs des 20 enfants et 6 éducateurs tués dans la fusillade de 2012 poursuivent Alex Jones, InfoWars et d'autres conspirationnistes pour diffamation.

Avec les informations de AP, et CNN

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