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Des airs de déjà-vu au lancement de la campagne de Trump pour 2020

Le président américain à son arrivée à l'Amway Center.

Donald Trump a tenu le premier rassemblement partisan de sa campagne présidentielle de 2020, à Orlando, en Floride.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Sophie-Hélène Lebeuf

Devant plusieurs milliers de partisans en liesse réunis à Orlando, en Floride, le président américain Donald Trump a finalement dévoilé mardi soir un secret de Polichinelle : il sera candidat à sa propre réélection en 2020.

Présenté par sa femme, Melania, le président Trump a donné le coup d'envoi à sa campagne présidentielle dans un État qui a voté pour lui en 2016, sous une banderole disant « Préservez la grandeur de l'Amérique », clin d'oeil à son slogan d'il y a deux ans.

Son discours, qui a duré plus de 75 minutes, avait d'ailleurs des échos de la campagne qui l'a mené à la Maison-Blanche.

Reprenant ses thèmes de prédilection, il a dénoncé dès les premières minutes les « fausses nouvelles » ainsi qu'un « système corrompu » tentant désespérément de s'accrocher à ses privilèges, a conspué l'immigration illégale – promettant de construire rapidement son mur le long de la frontière mexicaine – et a même attaqué celle qui a été son adversaire en 2016, la démocrate Hillary Clinton, évoquant la suppression de milliers de ses courriels.

Ils ont essayé d'effacer votre vote, votre héritage découlant de la plus grande campagne [présidentielle], probablement de la plus grande élection de l'histoire de notre pays.

Donald Trump, président des États-Unis

Ses partisans ont même ressorti des messages qu'ils scandaient lors de sa première course à la présidentielle, comme « Emprisonnez-la » ou « CNN est nul ».

Donald Trump a de nouveau déploré l'enquête du procureur spécial sur la Russie, Robert Mueller, et sa « chasse aux sorcières illégale », affirmant toutefois qu'il avait « gagné » sur ce front.

Dans son rapport, rendu public en avril dernier avec cependant de larges pans caviardés, le procureur spécial avait indiqué qu'il n'était pas en mesure de conclure à un complot entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou, et qu'il ne pouvait pas exclure que le président se soit rendu coupable d'entrave à la justice. M. Trump avait alors crié victoire.

Multipliant les superlatifs, le président a par ailleurs vanté un bilan que « personne » n'avait réussi à accomplir avant lui  : « l'économie la plus forte de l'histoire du pays », enviée selon lui par tous les pays du monde, « les réductions d'impôt les plus importantes de l'histoire » ou encore la qualité de l'air et de l'eau, « plus propres qu'ils ne l'ont jamais été ». Dans différents médias, les journalistes affectés aux épreuves de faits ont rapidement démenti ses affirmations.

Alors que CNN avait religieusement diffusé ses discours en 2015 et 2016, se faisant par la suite accuser d'avoir promu sa candidature, le réseau a mis fin abruptement à la diffusion du rassemblement après quelques minutes.

Selon le New York Times, Donald Trump a présenté auprès de la Commission électorale fédérale les documents pour sa campagne de réélection le 20 janvier 2017, le jour même de son investiture.

Trump promet de lutter contre le socialisme et l'avortement

Donald Trump a accusé ses « opposants radicaux démocrates » de faire preuve de « haine radicale, de préjugés et de rage ». « Ils veulent vous détruire et détruire notre pays tel que le nous le connaissons », a-t-il lancé.

« L’Amérique ne sera jamais un pays socialiste », a-t-il répété, insistant, comme il a commencé à le faire il y a quelques mois, sur un thème qu’il mettra de l’avant au cours des 16 prochains mois.

Voter pour un démocrate, quel qu'il soit, en 2020, c'est voter pour la montée du socialisme radical et la destruction du rêve américain.

Donald Trump, président des États-Unis

« Les républicains ne croient pas au socialisme, ils croient à la liberté, tout comme vous », a-t-il soutenu.

Le président a présenté un autre enjeu cher à la droite religieuse et qui s'annonce aussi comme l'un des chevaux de bataille du camp Trump : l'avortement.

Les démocrates veulent « arracher les bébés de l'utérus de leur mère » et les « exécuter [...] après la naissance », a-t-il tonné. « Les républicains voient toutes les vies comme un cadeau sacré de Dieu », a-t-il ajouté, ponctuant d'ailleurs son discours de références à Dieu.

Annonçant « un séisme dans les urnes », le président s'est peu attardé sur ce qu'il comptait faire au cours d'un deuxième mandat. Il a cependant promis au passage que, sous sa gouverne, les États-Unis seraient capables de guérir le cancer et « plusieurs autres maladies », d'éradiquer le sida. Il a aussi affirmé qu'ils préparaient la voie pour un atterrissage sur Mars.

Une lutte qui s'annonce difficile

Si la tendance se maintient, Donald Trump vogue vers une victoire facile en tant que candidat à l'investiture républicaine. Un seul membre de son parti s'est lancé dans la course, William Weld, un ancien gouverneur du Massachusetts, qui, de l'avis général, n'a aucune chance contre ce président qui peut compter sur un noyau de partisans loyaux et enthousiastes.

De récents sondages opposant hypothétiquement Trump aux démocrates briguant l'investiture de leur parti montrent cependant qu'il est en retard face à cinq ou même six d'entre eux, soit l'ex-vice-président Joe Biden, les sénateurs Bernie Sanders, Kamala Harris, Elizabeth Warren et Cory Booker, de même que Pete Buttigieg, le maire de South Bend en Indiana.

Au total, 23 démocrates candidats reconnus par les grands médias tentent de devenir le porte-étendard démocrate pour la présidentielle de 2020. Vingt d'entre eux participeront à la première série de débats organisés par le parti mercredi et jeudi prochains.

Bannière vers notre dossier sur les candidats démocrates à la présidentielle de 2020

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