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Peut-on prévenir la violence armée lors de grands rassemblements?

Deux policiers derrière un ruban jaune

La fusillade survenue après le défilé de victoire des Raptors a fait quatre victimes.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Lahodynskyj

Radio-Canada

Les célébrations entourant la victoire des Raptors de Toronto ont été troublées à deux reprises, alors que des fusillades ont fait au moins cinq victimes tôt vendredi matin à la place Yonge-Dundas et durant la journée de lundi à la suite du défilé de victoire de l’équipe. Selon les experts, il faut s’alarmer de ces violences imprévisibles survenues lors de rassemblements festifs.

C’est très inquiétant, constate le criminologue Irvin Waller, qui déplore notamment le fait qu'un de ces actes de violence soit survenu au grand jour, au sein d'une foule surveillée par des policiers.

Si les fusillades lors d’événements sportifs sont chose rare au Canada, elles semblent plus répandues aux États-Unis. Lors des défilés de victoire de Warriors de Golden State à Oakland en 2017 et 2018, des coups de feu tirés dans la foule ont fait une poignée de blessés. Même scénario lors du défilé des Cavaliers de Cleveland en 2016, alors qu’une femme a été atteinte par balle.

Selon le spécialiste en affaires policières François Doré, plus les foules sont denses, plus elles sont difficiles à contrôler. D'ailleurs, il est d’autant plus difficile de se prémunir contre les événements qui impliquent des armes à feu.

On ne peut pas vérifier les armes pour un million de personnes. On ne peut pas contrôler tout le monde, parce que ce n’est pas un endroit fermé où il est possible de vérifier les sacs à l’entrée.

François Doré, spécialiste en affaires policières
Photo d'autobus rouges coincés dans une marée humaine

Les autobus transportant les joueurs des Raptors avaient du mal à se frayer un chemin au sein de la foule venue voir le défilé.

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

L’ancien policier de la Sûreté du Québec soutient toutefois que les policiers pourraient tenter d’identifier les membres de gangs de rue ou d’organisations criminelles pour les empêcher de nuire, comme ils le font parfois lors de manifestations où les risques de dérapages sont élevés.

Les policiers vont identifier les leaders de ceux qui manifestent et vont les écarter au besoin pour les mettre hors d’état de nuire et éviter les débordements, explique-t-il.

M. Doré se demande toutefois si ce genre d’intervention est réaliste dans une foule d’un million de personnes, comme celle qui était présente lors du défilé de victoire des Raptors.

Est-ce faisable? Jusqu’à un certain point, peut-être, dit-il, ajoutant que cette marche à suivre peut toutefois ouvrir la porte à la discrimination envers certains individus.

Lutter contre la violence armée en ville

Selon Irvin Waller, une solution pour enrayer la violence armée à l’échelle de la ville est de s’attaquer à la racine du problème : la demande pour les armes à feu.

Au cours de la dernière année, la Ville de Toronto a mis en place différentes mesures pour s’attaquer à la violence armée, comme déployer plus de policiers dans les rues et investir dans des programmes pour cerner les causes profondes de la violence chez les jeunes.

La Ville doit également débattre de la possibilité de bannir les armes de poing sur son territoire.

Selon le criminologue, il faut miser sur des succès tels que celui de Glasgow, qui en traitant le problème comme un enjeu de santé publique, a diminué les violences au couteau de 50 % en trois ans.

Il s'agit d’être plus intelligent et de voir les connaissances qu’on a sur les actions efficaces. Ce n’est pas bannir les armes de poing qui va rendre Toronto plus sécuritaire.

Irvin Waller, criminologue

Ce dernier estime que la Ville devrait investir davantage dans les programmes pour les jeunes à risque.

Toronto a fracassé en 2018 son record d’homicides, dont la majorité était liée à la violence armée.

Toronto

Armes à feu