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Procès Montsion : la vidéo de l’affrontement ne reflète pas la réalité, conclut un expert

Sur l'image, on peut voir un policier frapper un homme debout.

Le juge au procès du policier ottavien Daniel Montsion, accusé de l'homicide involontaire d'Abdirahman Abdi, a accepté une requête des médias qui demandaient d'avoir accès à la vidéo de surveillance de l'intervention policière.

Photo : Capture d'écran d'une vidéo de surveillance

Laurie Trudel

La vidéo d'une caméra de surveillance montrant l'affrontement mortel entre Abdirahman Abdi et des policiers d'Ottawa ne reflète pas la réalité, aux dires d'un expert appelé à témoigner au procès pour homicide involontaire de l'agent Daniel Montsion.

L’expert légiste en vidéo Grant Fredericks affirme que la vidéo de surveillance du 55, rue Hilda ne peut être interprétée telle quelle, en raison de la piètre qualité de l’enregistrement. Il s’agit de la vidéo de l’affrontement du 24 juillet 2016, dans laquelle on peut voir l’agent Montsion donner des coups de poing à la tête de M. Abdi.

Après 48 jours d’audience, l’admissibilité de la vidéo de surveillance est toujours contestée par la défense, qui a choisi d’appeler son propre expert à la barre, dans le cadre d’un voir-dire.

M. Fredericks, qui a témoigné plus de 300 fois comme expert dans des procès aux États-Unis et au Canada, est d'avis que la « variabilité » du nombre d’images par secondes dans la vidéo de l'affrontement est très problématique pour l’analyse des mouvements et de la vitesse dans la vidéo. On ne peut se fier à ce qu'on voit dans une vidéo d’une telle qualité, a-t-il dit.

La vidéo de surveillance ne permet donc pas de déterminer si la tête de M. Abdi a frappé le sol au moment où il a été poussé par l’autre agent, selon l'expert. La vidéo ne permet pas non plus d'établir la force avec laquelle l'agent Montsion a donné les coups de poing à la victime, a ajouté M. Fredericks.

Rappel des faits

L’agent Daniel Montsion du Service de police d’Ottawa est accusé d’homicide involontaire, d'agression armée et de voies de fait graves en lien avec la mort d’Abdirahman Abdi.

Plus tôt dans le procès, un autre expert légiste en vidéo, Ed Segeren, avait témoigné pour la Couronne. Grant Fredericks affirme que le logiciel utilisé par M. Segeren n’est pas conçu pour l’analyse judiciaire et qu’il ne l'utiliserait pas à cet effet.

La vidéo, captée par une caméra de surveillance à l’entrée de l’édifice où habitait M. Abdi, est un élément de preuve crucial pour la Couronne, qui veut s'en servir pour prouver que l'agent Montsion a utilisé une force excessive qui a mené à la mort de M. Abdi.

La défense tente de diminuer la validité de la vidéo de surveillance en raison de problèmes techniques au moment de la sauvegarde et de la copie de cet enregistrement dans les fichiers de l'Unité des enquêtes spéciales de l’Ontario.

Ottawa-Gatineau

Procès et poursuites