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L'ABC d'une enquête pour alerte à la bombe

Un ruban jaune de scène de crime et une autopatrouille au loin

Une enquête policière se poursuit après que 10 campus universitaires et collégiaux eurent été la cible d'alertes à la bombe mardi.

Photo : La Presse canadienne / Graeme Roy

Fanny Geoffrion

Dix campus universitaires et collégiaux ont été visés par des alertes à la bombe mardi matin à Toronto. Après enquête sur les lieux, la police a déterminé qu'il n'y avait aucun danger. Radio-Canada s'est entretenue avec Marcel Savard, ancien directeur général adjoint de la Sûreté du Québec, pour comprendre les étapes d'une telle enquête.

Question : Quelles sont les grandes étapes d'une enquête policière lorsque survient une alerte à la bombe?

Réponse : On peut diviser cette procédure en quatre étapes, mais de prime abord, tous les avis d'alerte à la bombe sont pris au sérieux.

1- Analyse du message d’alerte à la bombe

Les enquêteurs vont analyser le format et le contenu du message pour déterminer sa crédibilité et l'ampleur des ressources qui seront déployées. Les autorités examinent la manière dont le message est entré, les termes utilisés, la précision avec laquelle on informe les autorités de la présence d'une bombe ou d'un engin explosif. Cette analyse est encore plus rigoureuse dans le cas ou une dizaine d'établissements ont été visés.

2- Démarche d'enquête en parallèle

Les enquêteurs amorceront en simultané une série de démarches bien établies pour identifier la source du message et sa dangerosité; vérifier la source IP d'un courriel, la présence de similitudes avec d'autres incidents survenus dans le passé, ou encore la recherche d'indices sur les réseaux sociaux qui pourraient mener vers l'auteur de l'alerte.

3- Cibler la motivation derrière l'alerte à la bombe

Les enquêteurs vérifient s'il est possible de relier cette alerte à la bombe à certains groupes d'individus identifiables à l'aide d'une revendication faite ou d'un motif particulier. Si nécessaire, ils contacteront les autorités nationales pour les informer.

4- Prévision de prochaines alertes à la bombe

En raison de la médiatisation de ces alertes à la bombe, il n'est pas rare que d'autres individus, appelés copycats [imitateurs. NDLR], reproduisent le même type d'alerte dans une période très rapprochée. Les enquêteurs se préparent donc à réagir dans le cas où ils recevraient une masse d'appels. Dans ce cas-ci, cet aspect est encore plus important étant donné qu'un nombre important d'établissements ont été visés.

Question : Comment les policiers s'assurent-ils que les lieux sont sécuritaires?

Réponse : Lors de la vérification des lieux, la direction de l'établissement et les agents de sécurité qui y travaillent sont les personnes les mieux outillées pour aider les policiers à identifier des objets qui seraient inopinés ou dont la présence serait nouvelle ou suspecte, surtout pour des établissements de grande surface.

Question : La police parvient-elle habituellement à identifier l'auteur des alertes à la bombe?

Réponse : Régulièrement. Malgré la réouverture des lieux, peu importe si la menace était réelle ou non, une telle enquête n'est pas close. Faire croire à la présence d'une bombe est un acte très grave, qui est inscrit au Code criminel, et dont les conséquences sont dures. Lorsque 10 établissements doivent fermer leurs portes, il s'agit d'une enquête très sérieuse et les policiers iront jusqu'au bout pour essayer de trouver les auteurs.

Au cours de sa carrière à la Sûreté du Québec, Marcel Savard a été responsable de plusieurs départements stratégiques, dont les situations de siège et la lutte contre le terrorisme. Il a aussi été chargé des techniciens explosifs.

Toronto

Crimes et délits