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Trans Mountain : l’opposition s’active déjà

Un jeune prend la parole lors d'une manifestation contre l'expansion du pipeline Trans Mountain, le soir de l'annonce, 18 juin

Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

Radio-Canada

Même si la plupart s'y attendaient, les partis de l'opposition et les organisations environnementales n'ont pas tardé à réagir à l'annonce d’Ottawa d'aller de l’avant avec l’expansion du pipeline Trans Mountain. La décision du gouvernement Trudeau a suscité optimisme chez certains, et scepticisme chez d'autres. Tour d'horizon.

Tout de suite après la conférence de presse de Justin Trudeau, les partis d’opposition ont défilé pour faire part de leurs commentaires.

Ottawa a approuvé de nouveau le projet d’expansion, mardi, ajoutant que les revenus qui en seront tirés faciliteraient la transition du Canada vers de l’énergie propre.

Justin Trudeau a mentionné que les travaux de construction commenceraient au cours des prochains mois.

Andrew Sheer devant un lutrin.

Andrew Scheer réagit à l'annonce de l'expansion du pipeline TransMountain.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Le chef des conservateurs, Andrew Sheer, a été le premier chef de parti fédéral à réagir.

« La question est de savoir quand ce pipeline sera construit, a-t-il dit. Les libéraux n’ont absolument aucun plan de construction. »

« À l’heure actuelle, nous n’avons toujours aucun plan pour nettoyer du bitume dilué, a dénoncé pour sa part le chef du NPD, Jagmeet Singh. Un seul déversement pourrait être dévastateur pour la côte, la biodiversité et les milliers d’emplois qui dépendent de la côte. »

La chef des verts, Elizabeth May, a quant à elle dénoncé « le cynisme et l’hypocrisie » de cette annonce, alors qu’Ottawa a adopté une motion, lundi soir, déclarant l’urgence climatique.

Nous ne pouvons pas atteindre notre engagement de Paris de maintenir l'augmentation de la température moyenne mondiale à 1,5 °C, le niveau requis pour que nous puissions continuer à vivre dans un monde viable, et construire un pipeline.

Elizabeth May, chef du Parti vert

Optimisme prudent en Alberta

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a réagi par tweet en marge de l’annonce d’Ottawa, après la fermeture des marchés.

« Le gouvernement albertain apprécie cette deuxième approbation par le gouvernement fédéral, écrit-il. Une approbation n'est pas une construction. Maintenant, construisons-le! »

Plus tard, en conférence de presse, Jason Kenney a tenté de prendre une approche conciliante.

« Tendons la main à nos amis de Colombie-Britannique et d’ailleurs au pays pour appuyer un développement de ressources responsables à la complétion de ce pipeline », a-t-il dit.

Comme le rapporte Julie Landry, la décision d'Ottawa n'a pas refroidi l'ardeur des opposants

En Colombie-Britannique, le premier ministre, John Horgan, a affiché sa déception sur les réseaux sociaux.

« Nous allons continuer de défendre notre environnement, notre côte et les dizaines de milliers d’emplois qui en dépendent », a-t-il écrit.

Victoria a récemment renvoyé le dossier en Cour suprême, après avoir été déboutée en Cour d’appel fédérale alors qu'il cherchait à contrôler le passage de pétrole sur son territoire.

Décision bien accueillie en Saskatchewan

De son côté, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, se dit très heureux de la décision d’Ottawa.

Dans une série de messages publiés sur Twitter, il a notamment souligné le « rôle crucial » du projet en ce qui a trait à la création d’emploi dans le secteur énergétique dans l’ouest du pays et espère que d’autres projets similaires verront le jour au cours des prochaines années.

« Il est de la plus haute importance d’accroître la capacité des produits énergétiques canadiens d’atteindre les marchés le plus rapidement possible », a-t-il indiqué.

Des groupes autochtones partagés

Les communautés autochtones sont profondément divisées sur la question du pipeline.

Une femme parle derrière un lutrin.

La chef Leah George-Wilson, de la Première nation Tseil-Waututh, en conférence de presse mardi, à Vancouver, en réponse à l'expansion du pipeline Trans Mountain.

Photo : maggie macpherson/cbc / Maggie MacPherson

En conférence de presse, la chef Leah George Wilson, de la Première Nation Tsleil-Waututh, a annoncé qu’elle envisage de s’opposer à la décision en Cour d’appel fédérale.

Le premier ministre Trudeau approuve un projet qui constitue une violation de nos droits et de notre loi. La nation Tsleil-Waututh ne consent pas à ce projet tel qu'il est actuellement proposé.

Chef Leah George-Wilson, chef des Tsleil-Waututh

La communauté côtière cite les risques d'un déversement ainsi que les conséquences négatives sur les populations d'épaulards de la région pour justifier son opposition.

Le chef de l’Union des chefs de la Colombie-Britannique, Stewart Phillip s’oppose aussi ouvertement à l’expansion.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, dit quant à lui vouloir s’assurer que le gouvernement fédéral respectera les droits, les titres et les juridictions autochtones.

Un totem de profil avec en arrière-plan de la forêt et une usine de pétrole.

Après la première approbation du projet, en 2016, des groupes autochtones étaient allés devant les tribunaux pour bloquer l'expansion du pipeline. Leur victoire en Cour d'appel fédérale avait mené à d'autres consultations.

Photo : CBC

Le Projet Réconciliation, un groupe autochtone qui tente de devenir actionnaire majoritaire du projet d’expansion, a salué la décision d’Ottawa.

« Nous voyons la possibilité d’en faire un pipeline de la réconciliation. Nous proposons d’acquérir une participation de 51 % dans Trans Mountain au nom des communautés autochtones admissibles de l’Ouest canadien, car nous voulons passer de la gestion de la pauvreté à la gestion de la richesse », déclare Delbert Wapass, fondateur du projet, par voie de communiqué.

Il estime que près de 340 communautés autochtones et métisses de l’Ouest canadien pourraient rejoindre sa coalition.

L’autre groupe autochtone qui envisage d'acheter le pipeline, l'Iron Coalition, se réjouit de l’engagement du premier ministre à amorcer la construction au cours des prochains mois.

Des environnementalistes mécontents

Le groupe Ecojustice a tout de suite dénoncé la décision d'Ottawa d'approuver l'expansion de Trans Mountain.

Par voie de communiqué, l'organisme décrit la décision comme « le mauvais choix pour les populations d'épaulards en danger et pour l'urgence climatique ».

« Moins de 24 heures après avoir déclaré une urgence climatique nationale, le gouvernement fédéral a choisi d'approuver un projet qui accélérera le changement climatique et poussera une population extrêmement menacée à l'extinction », souligne Margot Venton, directrice pour la nature à Ecojustice.

Une foule brandissant des pancartes

Des opposants au pipeline Trans Mountain réagissent à la décision du gouvernement fédéral d'aller de l'avant avec l'expansion de l'oléoduc allant de l'Alberta à la Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

À Greenpeace, le porte-parole, Patrick Bonin, y va d’une déclaration cinglante.

Que le gouvernement Trudeau approuve ce pipeline après avoir déclaré que nous sommes en urgence climatique est aussi logique que de tenter d’éteindre un feu avec un lance-flammes.

Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace

Le responsable de la campagne Climat-Énergie voudrait que le gouvernement investisse les milliards prévus pour l’expansion de Trans Mountain dans la mise en oeuvre d’un New Deal Vert.

Un homme confronte deux jeunes femmes avec des journalistes derrière.

Un homme parle à deux manifestantes antipipeline durant une manifestation en appui à l'expansion du pipeline Trans Mountain, mardi, juste avant l'annonce d'Ottawa.

Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms

Accueil favorable des communautés d’affaires

La chambre de commerce du Grand Vancouver, elle, salue la décision.

Le PDG de Suncor, Martk Little, accueille aussi favorablement l’annonce de l’expansion du pipeline : « Nous espérons que la construction reprendra bientôt afin que le calendrier existant soit maintenu. »

Un camion décharge des tuyaux.

Un camion décharge des tuyaux à Edson, en Alberta, lundi, en vue de la construction du pipeline Trans Mountain.

Photo : Radio-Canada / Terry Reith

L'association canadienne des foreurs juge toutefois que l’annonce est « banale », l’industrie traversant une période de récession qui dure depuis cinq ans.

« Cette industrie est sous respirateur, affirme son président, Mark Scholz. L’Association s’attend à ce que l’adoption des projets de loi C-48 et C-69 soit contestée et ne prévoit pas de gazoducs supplémentaires proposés dans le cadre de la nouvelle législation. »

Trans Mountain se dit prête

Par voie de communiqué, la compagnie s’est dite prête à redémarrer le projet.

« Les prochaines étapes suivant l’approbation d’aujourd’hui comprennent la délivrance du certificat de commodité et de nécessité publique, ou CPCN, du projet par l’Office national de l’énergie (ONE), peut-on lire. Trans Mountain demandera que le projet soit ramené au même état de préparation à la construction qu'il était avant la décision de la Cour d'appel fédérale. »

Colombie-Britannique et Yukon

Politique fédérale