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Climat : les conservateurs misent sur la carotte et non sur le bâton

Une tour éjecte une grande quantité de fumée.

Les conservateurs misent sur les technologies vertes et non sur les taxes pour atteindre les cibles de réduction de gaz à effet de serre.

Photo : iStock

Philippe-Vincent Foisy

Pour atteindre les cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES), les conservateurs d’Andrew Scheer promettent une série de mesures qui visent tant les industries que les particuliers.

Le chef conservateur présentera mercredi son plan pour l'environnement, lors d’un discours à Chelsea, au Québec. Selon ce qu’a appris Radio-Canada, l’un des principes qui guideront ce plan sera la technologie verte, pas les taxes.

Les conservateurs se sont engagés à atteindre les cibles de l'Accord de Paris, soit de réduire de 30 % les seuils de 2005 d'ici 2030.

Selon nos informations, ils vont promettre un crédit d’impôt remboursable de 20 % pendant deux ans pour les rénovations vertes de 1000 $ à 20 000 $. Ce crédit d’impôt devrait coûter 900 millions de dollars par année.

Il permettra par exemple l’installation d’isolants, le remplacement de portes, de fenêtres, des systèmes de ventilation, de chauffage et de refroidissement ou l’installation de panneaux solaires.

Radio-Canada a aussi appris que les conservateurs veulent limiter les émissions de GES des gros pollueurs, tout en ayant un impact minimal sur l’économie.

Pour ce faire, ils promettent de fixer la limite d’émission de GES à 40 kilotonnes (kt) de CO2 pour les grandes entreprises.

Si une entreprise dépasse ce seuil d’émission, elle devra investir dans la recherche, le développement et l’adoption de technologies de réduction des émissions pour leur industrie.

Par exemple, une cimenterie qui émet 60 kt de CO2 devra injecter des sommes dans une division de l’entreprise qui fait de la recherche, dans une autre entreprise canadienne de technologie propre ou dans des programmes universitaires et collégiaux canadiens qui encouragent le développement de technologie verte.

Ils n’indiquent toutefois pas le montant que les entreprises devront consacrer aux technologies vertes lorsqu’elles dépasseront le seuil de 40 kt.

Abolir la taxe carbone

Les conservateurs ont promis qu’ils mettraient fin à la taxe sur le carbone qui s’applique uniquement à l’Ontario, au Nouveau-Brunswick, au Manitoba, à la Saskatchewan et qui entrera en vigueur en Alberta dès le 1er janvier.

Dans ces provinces, les entreprises et les citoyens doivent payer une taxe sur leurs émissions de GES. La taxe est de 20 $ par tonne de carbone émise et elle augmentera à 50 $ d’ici 2022.

Cette taxe ne s’applique toutefois pas de la même manière aux grands émetteurs. Ceux qui génèrent plus de 50 kt par année participent à un système de tarification fondé sur le rendement.

Le gouvernement a mis en place ce système pour maintenir la compétitivité de ces entreprises qui doivent payer la taxe uniquement sur une portion de leurs émissions. Ce taux est établi à partir de la moyenne des intensités d’émissions de gaz à effet de serre d’un secteur. Le pourcentage d'émissions non taxées de ces entreprises est donc de 80 % ou 90 %.

Les entreprises qui émettent entre 10 kt et 50 kt par année peuvent aussi participer à ce système.

Notons que le directeur parlementaire du budget estimait la semaine dernière que, pour respecter les engagements du Canada en vertu de l’Accord de Paris, il faudrait que la taxe sur le carbone soit cinq fois plus élevée en 2030 qu’aujourd’hui. Il soutenait toutefois que cette mesure demeurait la moins coûteuse et la plus efficace.

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