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Le chantier naval de Bas-Caraquet n'aura pas de nouvelle rampe de halage

Vue aérienne du Centre naval du Nouveau-Brunswick, à Bas-Caraquet. Photo prise le 9 octobre dernier.

Vue aérienne du Centre naval du Nouveau-Brunswick, à Bas-Caraquet (archives)

Photo : Gracieuseté: Centre naval du Nouveau-Brunswick

Radio-Canada

Le gouvernement de Blaine Higgs confirme qu'il n'allouera pas de fonds supplémentaire au Centre naval du Nouveau-Brunswick à Bas-Caraquet pour une nouvelle rampe de halage.

La promesse du gouvernement libéral de Brian Gallant d'appuyer le financement de la rampe de halage ne sera pas respectée par le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs.

Le gouvernement provincial n'a pas l'intention d'octroyer plus de fonds que nécessaire au Centre naval du Nouveau-Brunswick, a confirmé mardi après-midi la présidente de la Société de développement régional du Nouveau-Brunswick, Hélène Bouchard.

Le gouvernement a déjà investi jusqu'à 30 millions de dollars au chantier naval sur les établissements, sur les différentes rénovations, sur le quai. On a aussi investi sur des équipements , explique-t-elle.

Hélène Bouchard en entrevue

La présidente de la Société de développement régional, Hélène Bouchard, confirme qu'il n'est pas dans les intentions du gouvernement d'octroyer des fonds pour une nouvelle rampe de halage.

Photo : Radio-Canada

Mais à ce point ici, pour la rampe de halage, nous n'avons pas de plan d'affaires qui supportent ces investissements.

Hélène Bouchard, présidente de la Société de développement régional

Elle explique que, si le gouvernement Gallant a fait la promesse d'aider financièrement la construction d'une nouvelle rampe de halage, les choses ont changé depuis ce moment.

Il y a gros de choses qui ont changé depuis 2015. On a fait des investissements qui étaient prioritaires, [...] on a pris notre temps. On a fait les investissements requis pour le centre au complet, rapporte-t-elle.

Dans les derniers mois, on a commencé à regarder la rampe de halage, et on ne voit pas de plan d'affaires qui supporte l'investissement à ce point ici.

L'enseigne du Centre naval

Le Centre naval du Nouveau-Brunswick à Bas-Caraquet (archives).

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada

Elle avance que, même si certains font valoir leur mécontentement, aucune entreprise présente sur le chantier naval n'a inclus dans son plan d'affaires le besoin pour une telle rampe.

Si une entreprise veut nous proposer un plan d'affaires, on va le regarder comme on le fait avec toutes les demandes. Et on regardera à ce point-là si le besoin est bien établi, affirme Mme Bouchard.

Elle rapporte que le gouvernement fonctionne avec un budget déficitaire en ce qui concerne le Centre naval. Toutefois, il n'est pas dans les plans du gouvernement de se départir de l'endroit qu'il a acquis en 2015.

Le député libéral d'Acadie-Bathurst, Serge Cormier, reprochait lundi au gouvernement Higgs de vouloir se désengager alors qu’il ne manque plus au centre qu’une pièce d’infrastructure cruciale pour son développement.

S'il ne cache pas sa déception, le maire de Bas-Caraquet dit comprendre l'hésitation du gouvernement provincial à sortir son carnet de chèques.

Il reconnaît toutefois que l'offre du fédéral est très alléchante pour les emplois et l'économie de la région.

Ce qui est compliqué un peu, est-ce que c'est la poule avant l’œuf, est-ce que ça prend le carnet de commandes avant de mettre les installations en place ou mettre les installations en place et aller chercher le carnet de commandes, se demande-t-il.

Le maire de Caraquet, Kevin Haché, trouve pour sa part dommage qu'un gouvernement ne respecte pas les promesses de son prédécesseur.

C'est un peu désolant que ça pas été faite dans ce temps-là. Aujourd'hui, le gouvernement dit: "Regarde, on est une province un peu déficitaire, faut vraiment faire attention avant de construire, prouvez-nous la différence que ça va valoir quelque chose", lance Kevin Haché.

Bien des citoyens sont inquiets face à la décision de gouvernement Higgs de ne pas investir pour cette rampe de halage.

Si on n'investit pas dans la région ici, les jeunes où c'est qui vont aller travailler, c'est ailleurs. Il ne resteront pas, ça fait que ça prend des investissements dans le nord pour que ces jeunes-là restent, partage un résident de Caraquet, Roger Lanteigne.

Groupe Océan a indiqué, suite à la nouvelle du gouvernement, qu'elle devra « réviser toutes ses options ».

À savoir si l'entreprise prévoit quitter la province, le porte-parole pèse ses mots et préfère ne pas répondre à la question maintenant. L'entreprise Groupe Océan indique toutefois qu'elle a besoin de cette pièce pour poursuivre ses opérations dans la Péninsule acadienne.

Le vice-premier ministre Robert Gauvin n'était pas disponible pour répondre aux questions de Radio-Canada, mercredi.

Des problématiques qui persistent dans le temps

2010

  • Début de la construction du chantier naval de Caraquet.
  • Le gouvernement libéral annonce son intention de relancer l'industrie navale dans la Péninsule acadienne.
  • Le gouvernement crée une société d'État qui prend en charge la construction et la gestion du chantier.

2014

  • La construction du chantier naval prend fin.
  • L'entreprise québécoise Groupe Océan devient le locataire principal de l'endroit.

2015

  • Le gouvernement Gallant octroie 7,8millions de dollars dans le centre naval.
  • On ajoute et améliore des structures existantes.
  • On apprend que la société d'État, propriétaire du chantier, ne pais pas les entrepreneurs responsables de la construction.

2016

  • Pour régler les conflits en cours, le gouvernement libéral achète le chantier naval à la société d'État qu'il avait créé.
  • Le chantier naval est de plus en plus en demande durant l'année en cours.
  • Le Groupe Océan, qui croule sous les contrats, demande l'ajout d'une rampe de halage.

2019

  • Le gouvernement, maintenant progressiste-conservateur, annonce qu'il ne respectera pas l'engagement de son prédécesseur de financer cette rampe de halage
  • Le gouvernement en cours croit que les 30 millions de dollars investis au chantier les dernières années sont plus que suffisantes pour le bon fonctionnement de l'endroit.

Avec les informations de Michel Corriveau

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