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Ultime plaidoyer pour interdire la publicité alimentaire destinée aux enfants

On voit un sac de croustilles, une bouteille de boisson gazeuse et des boîtes de gâteaux vendus en pharmacie.

Le projet de loi pour interdire la publicité de malbouffe qui vise les jeunes a été déposé au Sénat depuis presque 1000 jours.

Photo : Radio-Canada

Mathieu Gohier

Obésité, diabète, maladies chroniques, les mauvaises habitudes alimentaires ont de graves effets sur la santé des enfants. Mais 995 jours après avoir été déposé au Sénat, le projet de loi qui interdirait les publicités de malbouffe ciblant les moins de 13 ans n'a toujours pas été adopté.

À quelques jours de la fin des travaux parlementaires, les sénateurs Chantal Petitclerc et Tony Dean exhortent leurs collègues à adopter le projet de loi S-228. D'ailleurs, Chantal Petitclerc a l'habitude des courses contre la montre et celle-ci n'est pas différente.

« Quand j'étais athlète, mes entraîneurs me disaient toujours : "Ce n'est pas fini tant qu'on n'a pas franchi la ligne d'arrivée". Alors, c'est ma demande à mes collègues qu'on en arrive à un vote et qu'on franchisse la ligne », a-t-elle indiqué mardi en conférence de presse à Ottawa.

Après être passé par toutes les étapes en comités parlementaires aux Communes et au Sénat, le projet de loi qui vise à interdire la publicité des aliments à haute teneur en gras, sel et sucre pour les enfants n'a besoin que d'un dernier vote. À mots couverts, la sénatrice Petitclerc reproche à ses collègues conservateurs de retarder cette ultime étape.

Ce projet de loi est très, très important; il peut avoir un impact concret sur la vie de millions de Canadiens. Et en même temps, il y a ces procédures, ou ces délais parlementaires, qui font qu'on n’arrive pas à un vote.

Chantal Petitclerc, sénatrice indépendante
La sénatrice indépendante Chantal Petitclerc.

La sénatrice indépendante Chantal Petitclerc

Photo : Radio-Canada

Devant la possibilité de voir le projet de loi ne pas être adopté, la ministre de la Santé Ginette Petitpas-Taylor se dit aussi inquiète.

« Je suis très déçue. Encore une fois, nous avons travaillé de près avec eux. Ce n'est pas une question de partisanerie, nous voulons seulement que le projet de loi entre en vigueur. »

Tout au long du processus législatif, des sénateurs conservateurs comme Pamela Wallin ont dit craindre qu'un tel projet de loi ne vienne mettre en péril l'industrie agroalimentaire canadienne.

La sénatrice Petitclerc cite en exemple la loi québécoise qui interdit déjà ce type de publicité dans la province depuis 1980.

Les enfants sont « vulnérables »

S-228 est un projet de loi privé déposé en septembre 2016 par l'ancienne sénatrice conservatrice Nancy Green-Raine. Il est appuyé par de nombreux groupes, comme Diabète Canada, l'Association canadienne de santé publique et la Coalition québécoise sur la problématique du poids.

« Les enfants ne sont pas capables avant 13 ans d'avoir le développement cognitif pour être en mesure de savoir s'ils sont devant une publicité, et l'industrie abuse de cette vulnérabilité pour pouvoir vendre ses produits à une clientèle et les fidéliser dans le temps », illustre Corinne Voyer de la Coalition.

Elle en profite aussi pour dénoncer ce qu'elle décrit comme un « fort lobby » de l'industrie alimentaire contre le projet de loi.

« Il y a des épouvantails que l'industrie sort comme arguments et qui ne sont pas nécessairement fondés. [...] Ce n'est pas vrai que l'industrie des médias pour enfants va fermer parce qu'ils ne seront plus capables de faire de publicité aux enfants. Ce sont des arguments qui viennent créer une peur inutile », avance-t-elle.

En attendant que S-228 soit adopté, la Dre Seema Nagpal de Diabète Canada dit s'inquiéter particulièrement de la santé des enfants canadiens.

« Les taux de maladie comme le diabète de type 2 sont en augmentation dans la population canadienne, et ce qui est alarmant est que les personnes sont diagnostiquées encore plus jeunes », souligne-t-elle.

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