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analyse

Le Québec, au coeur de l’OCDE

Un drapeau du Québec

Si le Québec était un État membre de l’OCDE, il serait au 6e rang sur 35 en ce qui a trait à la dette brute et au 13e rang sur 35 pour la dette nette.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Gérald Fillion

La dette du Québec est en baisse depuis 2012. Et quand on se compare aux pays de l’OCDE, on constate que le Québec s’en tire relativement bien. Loin d’être le meilleur, loin d’être le pire aussi, le Québec a une dette qui dépasse la moyenne de l’OCDE, mais qui est plus faible que la plupart des pays du G7.

La Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke publie chaque année un outil de grande qualité : le panorama des finances publiques. Ce document regorge de données et de graphiques qui se dévorent comme un amateur de baseball devant l’avalanche de statistiques que seul ce sport peut produire! Ce « panorama » (quel joli mot suranné, n’est-ce pas?) nous aide surtout à fournir un éclairage précis de la situation financière du Québec en nous appuyant sur des données factuelles, scientifiques, non politisées.

L’une des données les plus intéressantes de l’étude, c’est l’estimation qui est faite par les chercheurs Luc Godbout et Michaël Robert-Angers de la dette nette ajustée des administrations publiques du Québec et la comparaison avec les pays de l’OCDE.

Le résultat en étonnera plus d’un : la dette nette ajustée des administrations publiques du Québec représentait 53 % du PIB en 2017, mieux que le Japon (151,1 %), l’Italie (119%), la France (87,5 %), les États-Unis (80,7 %) et le Royaume-Uni (77,5 %), tous des pays du G7.

Seuls le Canada, à 27,6 %, et l’Allemagne, à 44,5 %, font mieux que le Québec à l’intérieur du G7. La dette du Québec est plus élevée que la moyenne de l’OCDE, qui est de 42,9 %.

La Chaire arrive à ce calcul en s’appuyant sur la méthodologie de l’OCDE et du FMI et en incluant la part de la dette du Québec dans le passif du gouvernement fédéral.

Allons-y dans l’ordre. D’abord, avant d’arriver à la dette nette, on part de la dette brute des administrations publiques au 31 mars 2018, qui est évaluée à 446,5 milliards de dollars, soit 107 % du PIB. Pour arriver à ce chiffre impressionnant, la Chaire en fiscalité et en finances publiques a additionné la dette totale du gouvernement du Québec (244,95 milliards) et la part du Québec du passif fédéral selon le ratio de la population (201,62 milliards).

Ce scénario de la part du Québec dans la dette fédérale est le plus conservateur. La part de la dette fédérale pour le Québec peut s’exprimer de différentes façons. Les chercheurs utilisent ici le ratio de la population, de 22,9 %, pour arriver à 201,62 milliards de dollars.

Si l'on prend la place du Québec dans le PIB canadien, on est à 19,5 %, ce qui donne un passif attribué au Québec plus faible, de 172,08 milliards (49,1 %). Il est aussi possible de choisir de regarder les revenus fiscaux qui viennent du Québec dans le grand total des revenus fiscaux du gouvernement fédéral. On arrive ici à 18,4 %, soit 162,51 milliards de dollars (47,8 %).

Maintenant, pour arriver à la dette, à partir de la dette brute établie par les chercheurs de 446,5 milliards de dollars, il faut soustraire près de 65 milliards en actifs financiers (-15,5 %), notamment le Fonds des générations. Il faut soustraire également l’actif de 70 milliards du Régime des rentes du Québec (-16,8 %). Et puis on retire aussi une estimation de la participation du Québec dans les actifs financiers du gouvernement fédéral, soit un peu plus de 90 milliards de dollars (-21,7 %). Ça nous donne donc une dette nette ajustée des administrations publiques de 221 milliards de dollars ou 53 % du PIB.

Ainsi, si le Québec était un État membre de l’OCDE, il serait au 6e rang sur 35 en ce qui a trait à la dette brute (107 %), au 13e rang sur 35 pour la dette nette (53 %).

La Chaire précise que le ratio du Québec « est influencé à la baisse par la valeur nette du Régime des rentes du Québec. Néanmoins, si on calculait ce ratio sans réduire l’endettement net de la valeur de cet actif, il serait de 69,8 %, sous le ratio du Royaume-Uni (77,5 %), des États-Unis (80,7 %) et de la France (87,5 %) ».

Le Québec demeure l’une des provinces les plus endettées du Canada avec des dépenses publiques élevées pour financer les missions de l’État. Cela dit, « il est aussi possible de constater que la situation financière du Québec s’est améliorée, notamment en regard de son endettement ». Aujourd’hui, le Québec a la troisième meilleure note de crédit parmi les provinces au pays.

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