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Monoxyde de carbone : il faut protéger et surveiller, dit la Santé publique

Le panneau d'identification de l'école des Découvreurs.

La fuite de monoxyde de carbone à l'école des Découvreurs, en janvier, a mis en lumière l'absence de détecteurs de ce gaz nocif et d'un programme d'inspection des systèmes de chauffage dans les écoles.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Radio-Canada

Mieux prévenir, mais aussi bien accompagner : la Direction régionale de la santé publique (DRSP) du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal recommande d'accélérer les programmes d'installation de détecteurs de monoxyde de carbone (CO) dans les écoles et d'effectuer un suivi très étroit des personnes touchées dans les cas d'intoxication à ce gaz nocif.

Pour établir ce constat, la DRSP s'appuie notamment sur la fuite survenue le 14 janvier dernier à l'école des Découvreurs, dans la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, lors de laquelle quelque 265 élèves, ainsi que les employés et enseignants, ont été exposés à ce gaz pouvant entraîner d'importants problèmes de santé, voire la mort dans certains cas.

Comme le mentionne le rapport publié mardi, une défectuosité du système de chauffage au gaz naturel est à l'origine de la fuite en question. La DRSP invite donc à resserrer les normes en matière de chauffage des établissements scolaires.

Les émanations de CO dans l’air ont provoqué différents symptômes chez plusieurs personnes présentes ce matin-là, allant de maux de tête jusqu’à la perte de conscience.

Au total, 35 enfants de 6 à 13 ans ont été transportés vers des centres hospitaliers pédiatriques en raison de leurs symptômes.

Parmi les effets habituels d'une intoxication au CO, on note les maux de tête, la fatigue, la nausée, des vomissements, ou même des étourdissements, des difficultés de concentration, des pertes de connaissance, ainsi que, ultimement, la mort, lors de cas très graves.

Suite à l'incident, la DRSP a fait circuler un questionnaire auprès des parents pour mieux évaluer les effets de l'intoxication sur les enfants. On note que 124 élèves ont rapporté des symptômes.

Quelque 54 enfants ont aussi consulté un médecin par la suite. Vingt-deux d'entre eux ont ensuite consulté des spécialistes – neurologues, audiologues, psychologues, etc. – pour traiter des effets à plus long terme, y compris de l'anxiété.

Vingt-quatre enfants souffraient toujours de symptômes persistants au moment de l'évaluation par la DRSP. Selon Maxime Roy, médecin-conseil à la DRSP, il est impossible d'exclure que ces symptômes soient permanents.

Cependant, « les seuls cas que l'on rapporte dans la littérature à propos de symptômes permanents concernent des enfants amenés à l'hôpital alors qu'ils étaient mourants. Ce n'est pas le cas pour les enfants de l'école des Découvreurs ».

« La grande majorité des enfants vont récupérer », estime M. Roy, même si ce retour à la normale peut prendre un certain temps.

Ce premier rapport de la DRSP ne concerne d'ailleurs que les enfants. L'agence prévoit publier prochainement un deuxième rapport portant sur les adultes présents dans l'école. Cinq d'entre eux sont toujours en arrêt de travail.

Encadrer à long terme

En raison du fait que certains symptômes d'intoxication au monoxyde de carbone peuvent faire leur apparition plusieurs jours, voire plusieurs semaines, après l'exposition au gaz, la DSRP évoque « l'importance d'une prise en charge étendue par le réseau de la santé, incluant un suivi médical individualisé entre quatre à six semaines post-exposition ».

Le rapport évoque également l'aspect essentiel des efforts de prévention, c'est-à-dire des inspections régulières des systèmes de chauffage aux combustibles fossiles dans les écoles, ainsi que l'installation de détecteurs dans les établissements d'enseignement.

De fait, si la Régie du bâtiment recommande depuis plusieurs années l'installation d'un détecteur certifié dans tous les bâtiments publics et résidentiels où un combustible solide, liquide ou gazeux est utilisé, il n'existe aucune obligation légale en ce sens.

Pire encore, un sondage effectué en 2017 par la DRSP indique que « le risque d'intoxication au CO était présent dans la grande majorité des établissements scolaires », alors que seulement 10 % des établissements chauffant au gaz naturel (94 % des établissements scolaires visés) possédaient un détecteur certifié.

« De plus, pour 20 % des installations qui avaient une source potentielle de CO, aucun programme d'entretien et d'inspection régulier n'était en place », souligne le rapport.

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