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Obsèques sous haute surveillance pour l'ancien président Morsi

Deux policiers égyptiens se tiennent devant une voiture de police.

Des policiers montent la garde devant le cimetière où a été enterré l'ancien président Mohamed Morsi.

Photo : Reuters / Amr Abdallah Dalsh

Radio-Canada

Le président égyptien déchu Mohamed Morsi a été enterré mardi au Caire en toute discrétion et sous haute surveillance, au lendemain de son décès en pleine audience au tribunal et après avoir passé près de six ans derrière les barreaux.

L’ancien président égyptien Mohamed Morsi a été inhumé mardi à Nasr City, au Caire. Selon son fils Ahmed Morsi, les autorités ont refusé qu’il soit enterré dans le caveau familial de sa province natale de Charkiya, dans le delta du Nil.

Mohamed Morsi, qui était âgé de 67 ans, a succombé lundi à une crise cardiaque lors d’une audience devant un tribunal du Caire, selon les autorités et des sources médicales.

La famille de Mohamed Morsi a procédé aux rituels funéraires à l’hôpital de la prison de Tora, au Caire où il était détenu.

Le premier chef d’État égyptien élu démocratiquement en 2012 repose désormais aux côtés d’autres membres des Frères musulmans. Le mouvement islamiste auquel il appartenait dénonce d’ailleurs un « meurtre caractérisé ».

Une source médicale, niant les allégations concernant le peu de soins offert à l'ancien président, rappelle que celui-ci était soigné dans une clinique privée et à l’hôpital de la police au Caire pour ses problèmes de diabète et d’hypertension artérielle.

D’après son avocat Abdel-Menem Abdel-Maksoud, Mohamed Morsi n’était pas en bonne santé. « Nous avons fait plusieurs demandes de traitement. Certaines ont été acceptées, mais pas d’autres », a-t-il déclaré.

Selon le parquet, l’autopsie n’a rien révélé d’anormal.

Enquêtes indépendantes sur les causes du décès

En mars 2018, une commission britannique indépendante avait condamné le maintien à l'isolement du détenu 23 heures par jour.

Le député conservateur britannique qui avait dirigé cette commission, Crispin Blunt, a réclamé mardi une « enquête internationale indépendante » sur ce décès, rejoignant les demandes d'Amnistie internationale et Human Rights Watch (HRW).

L'Égypte n'a pas réagi aux déclarations de M. Blunt et de l'ONU. Mais les autorités ont tancé les tweets d'une responsable de HRW ayant dénoncé une « négligence criminelle » des autorités. Dans un communiqué, ces dernières ont fustigé de « fausses allégations » et une « exploitation politique au nom des droits humains ».

L'ONU a aussi réclamé une enquête « minutieuse et indépendante » sur la mort à l'âge de 67 ans de l'ancien chef du groupe armé État islamiste, emprisonné depuis sa destitution par Abdel Fattah Al-Sissi, commandant de l'armée à l'époque et actuellement président de la République.

L'enquête devra [...] prendre en compte aussi tous les aspects du traitement infligé par les autorités à M. Morsi pour vérifier si les conditions de sa détention ont eu un impact sur sa mort.

Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'Homme

Mohamed Morsi a été élu un an après la « révolution du Nil » et le renversement de son prédécesseur Hosni Moubarak.

Il promettait « une renaissance égyptienne sur des fondements islamiques » respectueux des principes démocratiques, et a lui-même été renversé par l’armée un an plus tard, après de grandes manifestations antigouvernementales.

Il avait été condamné à un total de 45 ans de prison dans deux affaires : incitation à la violence contre des manifestants fin 2012 et espionnage au profit du Qatar. Il était rejugé après l'annulation de deux verdicts prononcés contre lui – une condamnation à mort et une réclusion à perpétuité.

Hommage en Turquie

En Turquie, où le gouvernement soutient les Frères musulmans, des milliers de personnes ont participé à une prière collective à la mémoire de Mohamed Morsi à Istanbul.

Une femme debout tient dans sa main une photo de l'ancien président égyptien Mohamed Morsi tandis que plusieurs personnes sont courbées derrière elle durant une prière musulmane.

Une prière symbolique pour les obsèques de Mohamed Morsi s'est tenue en face de l'ambassade égyptienne à Ankara.

Photo : Getty Images / ADEM ALTAN

La veille, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait qualifié Mohamed Morsi de « martyr » .

L’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani, proche des Frères musulmans et de Mohamed Morsi, a présenté ses condoléances à sa famille « et au peuple égyptien frère », sur Twitter. Le Hamas a quant à lui salué un serviteur « de l’Égypte, de la nation arabe et de la cause palestinienne ».

Avec les informations de Reuters, et AFP

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