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Inondations en Beauce : jusqu’à 100 maisons de Sainte-Marie transformées en espaces verts

La rue Saint-Patrice, à Sainte-Marie, en Beauce, cessera bientôt d'exister. Les maisons qui s'y trouvent seront démolies.

Photo : Courtoisie/Carolan Guay

Alain Rochefort

Le jour n'est pas si lointain où on l'on pourra marcher, près de la rivière Chaudière, sur un espace vert qui était autrefois la rue Saint-Patrice, à Sainte-Marie, en Beauce.

C’est d’ailleurs le destin qui attend plusieurs rues du Québec. Elles deviendront inhabitées à la suite de l’annonce du gouvernement d'interdire la reconstruction et la construction en zones inondables.

Cette décision aura notamment des répercussions majeures pour Sainte-Marie, selon le député caquiste de Beauce-Nord, Luc Provençal.

Le politicien s’attend à ce qu’entre 75 et 100 propriétés lourdement endommagées par l’eau et la glace soient rasées et remplacées par des espaces verts. La Ville de Sainte-Marie avait déjà prévenu la plupart des propriétaires concernés par ces démolitions inévitables en raison des inondations qui surviennent année après année.

Des dégâts peuvent encore être constatés sur plusieurs maisons.

Des dégâts peuvent encore être constatés sur plusieurs maisons.

Photo : Photo courtoisie/Carolan Guay

Traitement accéléré réclamé

Le député Provençal espère maintenant un traitement accéléré des demandes de dédommagements de sinistrés, dont la plupart souhaitaient déjà déménager.

« On a à peu près une cinquantaine d’appels chaque jour et il y a une forme d’exaspération de la part des [sinistrés] pour le délai de réponse, affirme M. Provençal.

Et ce, partout. Au niveau du Québec. Je parle de Sainte-Marie, parce que je suis chez moi, dans mon comté, mais il est important que ces gens-là aient des réponses pour passer un été un petit peu plus tranquille.

Luc Provençal, député caquiste de Beauce-Nord

« C’est sûr qu’au niveau de la Sécurité civile, c’est un grand volume de demandes à être traitées. Malgré tout, les gens ont été très patients, mais là, ils veulent avoir la certification qu’ils peuvent démolir leur maison, mais aussi ils veulent être sûrs d’avoir le chèque qui va suivre », ajoute M. Provençal.

Une pelle mécanique empile des déchets de toutes sortes à Sainte-Marie, en Beauce.

Peu après les inondations, les sinistrés de Sainte-Marie avaient sorti une quantité impressionnante de débris de leurs résidences inondées.

Photo : Radio-Canada

Patience mise à rude épreuve

Marc Fortin est un des sinistrés du printemps dont la patience est mise à rude épreuve. Sa résidence de la rue Saint-Patrice est inhabitable depuis deux mois. Il n’est pas contre la décision du gouvernement. Il veut juste partir. Mais il n’a toujours pas les sous pour le faire.

« C’est décourageant, ça fait deux mois qu’on est dans la rue. On n’a pas le droit de rester dans la maison », déplore-t-il.

C’est déjà confirmé par la Ville que la maison sera démolie, mais on n’a pas une cenne encore du gouvernement. Donc, on ne peut pas se revirer de bord tant qu’on n’a pas d’argent.

Marc Fortin, résident de la rue Saint-Patrice
Un graffiti sur une maison sinistrée.

Un graffiti sur une maison sinistrée.

Photo : Photo courtoisie/Carolan Guay

Lydia Laverdière doit pour sa part composer avec le fait qu'elle était locataire dans une maison de la rue Saint-Patrice.

« Les propriétaires sont quand même cool. Ils nous ont trouvé une autre maison dans la zone non inondable, mais c’est quand même 400 $ de plus de loyer par moi, puis un déménagement à la course avec six enfants. On est brûlé déjà, ça ne nous tente pas vraiment. Mais on n’a pas le choix ».

Pour l'instant, la Ville de Ste-Marie a octroyé 11 permis de démolition. Les autres dossiers sont en attente d'une approbation par la Sécurité publique.

Avec les informations de Nicolas Vigneault

Québec

Politique provinciale