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  • Des mots qui sont de la musique aux oreilles des Premières Nations

    Le chanteur Kim Fontaine joue de la basse à six cordes lors d'un spectacle.

    Les musiciens des Premières Nations contribuent au combat pour la survie des langues autochtones au Canada.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    La musique est une puissante alliée pour aider à une renaissance des langues et des cultures autochtones au Canada. En cette Année internationale des langues autochtones, voici quelques reportages à propos de musiciens dont les œuvres contribuent à remettre en valeur les langues des Premières Nations du Canada.  

    Rien n’était enseigné à l’école. Comme ça, les jeunes Indiens ils pensaient " si notre culture n’est pas enseignée à l’école, ça doit être stupide parce qu’on n'enseigne pas ça à l’école. " Là, y avaient honte de leurs coutumes et honte de leurs pères et de leurs mères.

    Winston Wuttunee, 1977

    Reflets d'un pays, 16 septembre 1977

     Le 16 septembre 1977, la journaliste Marjolaine Saint-Pierre présente à l’émission Reflets d’un pays un portrait du chanteur métis Winston Wuttunee.

    Né à Battleford en Saskatchewan, Winston Wuttunee s’est fait connaître sur les scènes du Canada, des États-Unis et d’Europe. Polyglotte, il chante aussi bien en français, qu’en anglais ou en cree.

    Le parcours de Winston Wuttunee ressemble à celui de beaucoup d’autochtones.

    Le chanteur rappelle lors de ses spectacles les expropriations de terre qu’ont connues les communautés autochtones depuis l’arrivée des Blancs.

    Il déplore aussi la dépossession culturelle dont ont souffert les Premières Nations depuis la colonisation européenne et parle de la musique comme moyen de se réapproprier leur héritage et leur fierté.

    Un musicien qui réapprend la langue de sa grand-mère

    Des fois, ma grand-mère, on est au téléphone, elle est à Pikogan pis moi je suis à Montréal. Elle reçoit un de mes textes par exemple pis elle me rappelle en me disant " c’est quoi que tu veux dire exactement? "

    Samian, 2009

    Samuel Tremblay, mieux connu par son nom d’artiste Samian, a dû demander l’aide de sa grand-mère pour pouvoir écrire ses chansons en algonquin.

    Une heure sur Terre, 23 janvier 2009

    C’est cette histoire que nous raconte le reportage de la journaliste Julie Perreault présenté à l’émission Une heure sur Terre, le 23 janvier 2009.

    Samian avait beau être à moitié Algonquin par sa mère, il ne possédait que les rudiments de la langue algonquine.

    C’est en parlant des textes avec sa grand-mère qu’il a pu écrire les premières chansons en rap dans cette langue.

    Au moment de la diffusion du reportage, il ne serait resté qu’une dizaine de locuteurs algonquins au Québec.

    La raison?

    Pendant plus d’un siècle le peuple auquel appartient Samian et qui parle l’algonquin, se sont fait arracher leurs enfants.

    Placés dans des pensionnats dirigés par des communautés religieuses, ces enfants abénakis ont été soumis à une politique d’assimilation linguistique systématique.

    Des tentatives de faire renaître la langue existent. Ainsi, à la réserve de Kahnawake, l'algonquin est devenu la langue officielle.

    Mais malgré les efforts des enseignants, c’est l’anglais qui demeure la langue d’usage des jeunes Mohawks.

    Une chanson en innu qui devient le tube de l’été

    La raison pour laquelle je chante en atikamekw dans la toune Atikamekw-Innu, c’est pour montrer que je suis Atikamekw. Je suis fier d’être Atikamekw pis c’est important de montrer aux gens que c’est important de parler la langue maternelle, la langue autochtone.

    Ivan Boivin-Flamand, auteur-compositeur-interprète, 2018

    Quand tu lances une chanson en innu, c’est un peu une façon de sauvegarder la langue.

    Kim Fontaine, directeur du festival de musiques autochtones Innu NIkamu, 2018

    À l’été 2018, Scott-Pien Picard et Ivan Boivin-Flamand deviennent des vedettes sur la Côte-Nord.

    Téléjournal, 8 août 2018

    La journaliste Émilie Dubreuil nous les fait connaître dans un reportage présenté au Téléjournal le 8 août 2018.

    Ils ont composé et interprètent la chanson Atikamekw-Innu qui devient le tube de l’été pour les communautés innues de la Côte-Nord.

    Ça fait quelques années que des chanteurs innus sont connus et appréciés au Québec.

    À la fin des années 1980, Florent Vollant et Claude Mackenzie forment le groupe Kashtin qui connaît un franc succès.

    Scott-Pien Picard et Ivan Boivin-Flamand sont en quelque sorte des enfants de Kashtin.

    Leur chanson contribue à faire vivre la langue innue qui n’est plus parlée que par 11 000 locuteurs sur la Côte-Nord et qui est menacée de disparition.

    Comme Kashtin, les interprètes d’Atikamekw-Innu considèrent leur prise de parole comme un acte de résistance à l’assimilation que provoque la scolarisation en français.

    En 2011, selon les données du recensement canadien, 213 000 personnes ont déclaré avoir une langue autochtone comme langue maternelle.

    Un peu plus d'une personne sur cinq qui parlait comme langue maternelle une langue autochtone vivait au Québec.

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