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La rupture d’un barrage de Vale, dans le nord du Manitoba, pourrait tuer 100 personnes

Le centre de traitement des résidus miniers de Thompson.

L'entreprise Vale reconnaît l'existence d'un dysfonctionnement dans le barrage des résidus de Thompson, mais assure avoir pris les mesures nécessaires et que ce dernier ne représente pas de risques pour les zones aux alentours.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’un des barrages d’une mine canadienne du géant brésilien Vale a une cote de risques « très élevée ». Cette entreprise est responsable de la rupture d’un barrage au Brésil, qui a fait près de 300 morts.

Les barrages qui forment les bassins de résidus miniers de la mine de Thompson, à 700 km au nord de Winnipeg, présentent un « danger élevé », selon l’Association canadienne des barrages.

Une rupture de ces barrages pourrait signifier un drame humain, provoquant jusqu’à une centaine de morts ainsi que des pertes importantes sur le plan environnemental et patrimonial, sans compter « d’importantes pertes économiques » pour des infrastructures importantes.

L’entreprise minière a divulgué l’état de sécurité de ses barrages à travers le monde après les pressions du conseil d’administration des Pensions de l’Église d’Angleterre et d’un groupe d’investisseurs suédois après la rupture du barrage de Brumadinho, au Brésil, qui a tué 270 personnes.

Selon le Wall Street Journal, les employés de Vale et les inspecteurs de la sécurité contractuels connaissaient les conditions dangereuses du barrage de la compagnie brésilienne depuis des mois.

Les employés sur le terrain « ignorés »

« En se basant sur des enquêtes internes et externes, les zones identifiées dans les fondations du barrage sont soumises à de plus amples analyses, et on procède à des examens et èa des précautions supplémentaires alors que l’enquête se poursuit avec le contrôle du Comité d’examen des résidus », affirme Vale dans un rapport.

Les barrages de résidus ont pour mission de retenir les déchets de l’exploitation minière.

Selon les documents de l’entreprise, le barrage des résidus à Thompson a connu des périodes où sa stabilité était remise en question par un ingénieur indépendant.

Une enseigne Vale.

Vale est le plus important employeur de Thompson avec près de 850 salariés.

Photo : Radio-Canada

Les données publiées par Vale ont attiré l’attention de la députée fédérale de Churchill, Niki Ashton, après avoir été rapportées par le Wall Street Journal. « Vale a parlé de [ces problèmes] à ses actionnaires, mais pas au personnel sur le terrain », a-t-elle déclaré à la Chambre des communes lundi.

La députée a également écrit à la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, et au ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, afin de demander au gouvernement libéral d’intervenir auprès de l’entreprise. Selon elle, la compagnie ne tient pas compte de mesures sécuritaires.

Le ministre Sohi a pour sa part indiqué qu’il ferait un suivi sur cette question avec la députée de la région.

Vale a indiqué dans un rapport paru dans les dernières semaines qu’un de ses barrages de résidus ne répondait pas aux standards de l’Association canadienne des barrages. Toutefois, l'entreprise dit faire réévaluer ces données par un consultant en ingénierie indépendant, dans la mesure où les résultats ne correspondent pas aux performances actuelles du barrage.

Un barrage « toujours fonctionnel »

« Dans les faits, toutes les surfaces phréatiques, celles sous la nappe aquifère, ont des résultats normaux. Il n’y a pas d’augmentation dans les pressions interstitielles ni de déplacement ou de mouvement quelconque dans le barrage », affirme la porte-parole de Vale, Angie Robson.

Selon elle, le barrage continue de fonctionner correctement.

Il n’y a pas de danger imminent de dysfonctionnement du barrage. Il s’agit d’un problème qui est apparu grâce à une surveillance et à une inspection qui ont permis d’y répondre de façon responsable et appropriée. En d’autres termes, le système fonctionne.

Angie Robson, porte-parole de Vale

« L’intégrité des installations de gestion des résidus dans l’industrie minière est plus que jamais contrôlée. Assurer la sécurité de nos opérations et la maintenance de nos installations, y compris celles de Thompson, est notre priorité », assure-t-elle.

Le barrage des résidus à Thompson est en activité depuis 1971 et a été contrôlé par un expert indépendant en septembre 2018, assure Vale.

L’entreprise ajoute avoir mené une étude en 2017 sur les effets du courant en aval sur les communautés, l'écosystème et les infrastructures essentielles en cas de rupture catastrophique.

Vale a par ailleurs réduit ses activités minières à Thompson après la fermeture de la mine de nickel en 2017 ainsi que sa raffinerie, l’année suivante.

Avec des informations de Ian Froese, CBC News

Manitoba

Industrie minière