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Hong Kong : la chef du gouvernement présente à nouveau ses excuses

Carrie Lam parle au micro lors d'une conférence de presse.

La chef du gouvernement de Hong Kong a de nouveau présenté des excuses mardi et promis à ses citoyens de faire mieux.

Photo : Getty Images / Carl Court

Radio-Canada

La chef de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, a de nouveau présenté des excuses mardi pour la crise politique qu’a engendrée le projet de loi de son gouvernement qui prévoit l’extradition en Chine continentale de citoyens hongkongais et d’étrangers aux prises avec la justice.

Affirmant avoir « clairement » entendu le message de la population à la suite de l’important mouvement de contestation populaire que son projet de loi a soulevé, Carrie Lam a reconnu sa responsabilité personnelle dans le bras de fer qui s’est engagé la semaine dernière entre des centaines de milliers d’opposants et son gouvernement.

Je présente mes plus sincères excuses à tout le peuple de Hong Kong.

Carrie Lam, chef de l'exécutif de Hong Kong

« Je dois assumer personnellement la plus grande part de responsabilité » pour ce qui « a conduit à des controverses, des différends et de l'inquiétude dans la société », a déclaré Mme Lam en conférence de presse.

La chef du gouvernement de Hong Kong, qui jouit d’un statut semi-autonome face à Pékin jusqu’en 2047, s’était déjà excusée dimanche pour avoir semé le désordre avec le plus important mouvement de contestation populaire qu’a connu Hong Kong depuis sa rétrocession à la Chine par la Grande-Bretagne, en 1997.

Population en colère

Des policiers frappent un mur de parapluies avec des matraques.

Des policiers hongkongais tentent d'enfoncer une ligne de manifestants qui se protègent avec des parapluies.

Photo : AFP/Getty Images / DALE DE LA REY

Près de deux millions de personnes, le quart de la population selon les organisateurs de l’événement, sont descendues dans les rues dimanche dernier pour protester contre le projet de loi. Quelques jours plus tôt, mercredi, des centaines de milliers d’entre eux ont assiégé le parlement et paralysé le processus d’adoption de la loi sur l’extradition, provoquant de violents affrontements avec la police.

Les opposants à ce projet de loi, qui prévoit, entre autres, l’extradition en Chine des citoyens hongkongais et des étrangers qui seraient arrêtés sur l’île pour un quelconque délit, dénoncent l’initiative comme une ingérence de Pékin dans les affaires intérieures de Hong Kong.

Qui plus est, dénoncent les opposants, ces extraditions arbitraires d'individus vers la Chine continentale les priveraient de leur droit à une justice équitable en raison de l’opacité du système judiciaire communiste chinois.

Les milieux d'affaires, quant à eux, redoutent que la réforme des règles entourant l’extradition nuise à l'image internationale et à l'attractivité de Hong Kong qui est l’une des principales places financières de la planète.

De son côté, la chef de l’exécutif a promis de travailler à restaurer la confiance des Hongkongais au cours des trois années qu’il reste à son mandat tout en reconnaissant qu’il allait être « très difficile » de gouverner à l’avenir.

« Cette controverse m'a aidée à me rendre compte que je pouvais mieux faire », a admis Carrie Lam, qui a accepté plus tôt cette semaine de suspendre l’amendement législatif prévoyant la possibilité d'extrader vers la Chine des ressortissants hongkongais, chinois et étrangers, mais ne l’a cependant pas aboli formellement. Ses opposants réclament son retrait définitif et la démission de Carrie Lam.

Défi à l'autorité de Pékin

Un policier en armure tire une grenade lacrymogène.

Des policiers tirent des gaz lacrymogènes sur la foule dans les rues de Hong Kong où des milliers de manifestants assiègent le Conseil législatif pour empêcher l'adoption d'un projet de loi sur l'extradition des suspects hongkongais vers la Chine continentale.

Photo : Reuters / Athit Perawongmetha

La mise de côté de ce projet de loi samedi dernier est le plus important revers politique infligé au gouvernement pro-Pékin depuis que la Chine a repris le contrôle de l’ex-colonie britannique.

C’est aussi un défi majeur à l’autorité du président chinois Xi Jinping qui attribue à des influences étrangères la contestation populaire, assurant qu’une majorité de Hongkongais sont au contraire d'accord avec le projet de loi défendu par le gouvernement de Carie Lam.

Lorsqu'il a repris le contrôle territorial de l'île de Hong Kong, il y a 22 ans, le gouvernement chinois a accepté, à la demande des Hongkongais et des Britanniques, d'accorder un statut autonome à Hong Kong. Pékin s'était alors engagé à laisser à Hong Kong son système de droits et libertés d'inspiration occidentale jusqu'en 2047.

Or, l'influence grandissante des politiciens pro-Pékin à Hong Kong fait de plus en plus craindre aux Hongkongais la perte de ces libertés au profit d'une intégration lente, mais irréversible, à la puissante dictature qui règne en Chine continentale.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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