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Salaire des étudiants : les Métallos dénoncent le « scénario catastrophe » de l’ABI

Pancarte à l'entrée du site de l'ABI, à Bécancour.

Les employés syndiqués de l'Aluminerie de Bécancour sont en lock-out depuis janvier 2018.

Photo : Radio-Canada

Maude Montembeault

Pendant que le conflit à l’Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) franchissait son 17e mois, les avocats du Syndicat des Métallos mettaient la touche finale au mémoire présenté à la Cour d’appel du Québec afin qu’elle maintienne le taux horaire imposé par le Tribunal des droits de la personne et de la jeunesse pour les étudiants qui y travaillent, soit 43 $ l’heure.

Après le dépôt des mémoires de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse et d'Alcoa, c’était au tour du Syndicat des Métallos de se défendre, afin que la Cour d’appel confirme le jugement de première instance de Magali Lewis, du Tribunal des droits de la personne et de la jeunesse.

La décision rendue par la juge pourrait influencer la façon de rémunérer plusieurs étudiants au Québec qui remplacent les travailleurs lors des vacances estivales ou durant le temps des Fêtes.

Essentiellement, la juge estimait que puisque les étudiants de l’ABI effectuaient le même travail que des employés occasionnels, ils devaient recevoir le même salaire, ce qui ferait donc passer le taux horaire des étudiants de 31 à 43 $ l’heure.

Dans son mémoire, Alcoa a fait valoir que le jugement aura pour effet d’interdire aux employeurs de verser un salaire différent à des étudiants alors même qu’il y a absence de discrimination, donc qu'il aura des répercussions non seulement au sein de sa propre usine, mais dans d'autres entreprises.

Le Syndicat des Métallos décrit cet argument comme un scénario catastrophe de la part d’Alcoa.

Il affirme que le contexte de la présente affaire est tellement propre et particulier aux opérations d’ABI [...] que cette décision ne peut avoir la portée qu'[Alcoa] lui attribue.

Dans son mémoire de 33 pages, le Syndicat écrit aussi qu'en raison de la dangerosité inhérente aux opérations de l’Aluminerie et aux coûts engendrés par un ralentissement de production, l’étudiant suivra la même formation et accomplira l’entièreté de la tâche du salarié qu’il remplace, de la même manière et dans les mêmes conditions de travail.

Le Syndicat se range par ailleurs derrière les arguments soumis par la Commission des droits de la personne et de la jeunesse.

En plus de faire jurisprudence, ce jugement pourrait coûter plusieurs millions de dollars à Alcoa, qui devrait payer rétroactivement les 231 anciens étudiants inscrits au recours.

Mauricie et Centre du Québec

Relations de travail