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5 choses à savoir en vue de la décision sur Trans Mountain

Un camion décharge des tuyaux.

Un camion décharge des tuyaux à Edson, en Alberta, lundi, en vue de l'agrandissement du pipeline Trans Mountain.

Photo : Radio-Canada / Terry Reith

Francis Plourde

Ottawa doit annoncer aujourd'hui s’il va de l’avant avec l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain, reliant les sables bitumineux de l'Alberta à la côte ouest de la Colombie-Britannique. Voici cinq choses à savoir sur ce projet d'expansion de pipeline qui divise l’ouest du pays.


Approuvé il y a trois ans

C'est la deuxième fois que le gouvernement Trudeau doit se prononcer sur l'avenir du projet Trans Mountain, jugé nécessaire pour acheminer le pétrole albertain vers les marchés étrangers. L'expansion doit permettre de pratiquement tripler la capacité de l'oléoduc déjà en place, soit en passant de 300 000  à 890 000 barils de pétrole par jour.

Ottawa avait déjà approuvé le projet en 2016, mais à la suite d’une contestation au fédéral, l’Office national de l’énergie (ONE) a dû procéder à une nouvelle évaluation, les communautés autochtones n’ayant pas été suffisamment consultées au préalable.

En février dernier, l’ONE a réitéré l’intérêt public du projet, ajoutant 16 recommandations à ses 156 conditions initiales.

Logo de l'entreprise Kinder Morgan en premier plan, en bordure d'une route.

L'entreprise Kinder Morgan a vendu le pipeline Trans Mountain l'année dernière.

Photo : Radio-Canada / Erin Collins

Un achat qui complique les choses

L’achat du pipeline par le gouvernement fédéral à la compagnie Kinder Morgan au coût de 4,5 milliards de dollars, l’année dernière, rend peu probable une décision défavorable.

S’il va de l’avant avec l’expansion du pipeline, le gouvernement devra toutefois délier davantage les cordons de la bourse. Selon les scénarios les plus coûteux, les montants nécessaires pourraient atteindre 9,3 milliards de dollars.

Mais certains groupes autochtones ont récemment annoncé vouloir investir dans le projet pour devenir actionnaires majoritaires, ce qui pourrait alléger la facture.

Jason Kenney de profil. Derrière, il y a le logo de la station-service Esso.

Jason Kenney a répété qu'il abolirait la taxe provinciale sur le carbone.

Photo : Radio-Canada / Manuel Carrillos

Un nouveau gouvernement qui change la donne

L’élection de Jason Kenney en Alberta, en avril, complique les choses pour le gouvernement fédéral.

Les libéraux misent beaucoup sur l’idée de concilier économie et environnement. L’expansion du pipeline était assortie de deux conditions pour l’Alberta : une taxe sur le carbone et un plafond d’émissions de gaz à effet de serre pour les grands émetteurs.

Or, en arrivant au pouvoir, Jason Kenney a aboli la taxe provinciale sur le carbone, tout en démontrant une certaine ouverture pour un plafond d’émissions.

Le fédéral ayant annoncé que la taxe fédérale sur le carbone allait entrer en vigueur le 1er janvier prochain en Alberta, il peut toujours considérer que les conditions pour l’expansion sont encore en place.

Un bateau d'observation des baleines, avec une dizaine de personnes à son bord, avance dans les eaux près de la côte, alors qu'une orque jaillit de la mer près de l'embarcation.

Les expéditions d'observation des baleines pourraient être interdites sur la côte nord-ouest de l'État de Washington pour limiter le trafic maritime et protéger les cétacés.

Photo : Associated Press / Elaine Thompson/AP

Des épaulards en danger

La Colombie-Britannique s’inquiète de l’augmentation de la circulation maritime associée au projet. Une fois l’expansion achevée, le nombre de pétroliers passera de un par semaine à un par jour.

Lors de sa deuxième évaluation environnementale, l’ONE a d’ailleurs conclu que l’augmentation de la circulation maritime aura des répercussions négatives sur la population d’épaulards du sud, considérée comme menacée.

Dans son rapport remis en février dernier, l'ONE a aussi fait des recommandations non contraignantes afin de diminuer les risques pour la sécurité marine.

Vue aérienne du terminal de Burnaby.

La Ville de Burnaby où est situé un terminal de Trans Mountain s'oppose depuis longtemps au projet d'agrandissement du pipeline. Il augmenterait de beaucoup la circulation de pétroliers dans les eaux de la municipalité.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Un oui qui ne veut pas dire nécessairement oui

Même si Ottawa annonce qu’il va de l’avant avec la construction, celle-ci pourrait être retardée par des litiges devant les tribunaux. Déjà, la Colombie-Britannique a porté sa cause devant la Cour suprême.

Le grand chef de l'Union des chefs autochtones de la province, Stewart Phillip, affirme aussi que le consentement des Autochtones le long du tracé doit être unanime, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.

Toutefois, Ottawa pourrait aussi approuver le projet de façon conditionnelle en exigeant des changements dans le tracé pour accommoder certaines communautés autochtones, ce qui entraînerait des délais supplémentaires.

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