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« Monument à East Van », une croix pour marquer la résistance

Une croix portant une inscription East Van est érigée dans la ville, à l'intersection de la 6e avenue Est, à Vancouver.

Avec la croix de son oeuvre « Monument à East Van », Ken Lum a voulu rendre permanent un symbole qui circulait de manière éphémère dans ce quartier.

Photo : Radio-Canada

Anaïs Elboujdaïni

Elle surplombe Vancouver. Son aura de néon dégringole jusqu’au centre-ville, une fois la nuit tombée. Cette croix qui tourne le dos à l’est de Vancouver, Monument à East Van, est un exemple d’art public qui s’enracine dans le quartier qui l’accueille.

L’artiste vancouvérois Ken Lum a construit sa croix lorsque la Ville de Vancouver lui a donné le mandat en 2009 de concevoir une oeuvre dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010.

Un symbole désormais reconnu de tous dans la ville. Comment a-t-il réussi cet exploit afin qu’en moins de 10 ans, cette oeuvre soit adoptée des Vancouvérois?

Il a simplement cristallisé un symbole de résistance populaire qui circule depuis les années 1940.

En effet, des graffitis et des dessins de cette croix peuplaient les murs et les pupitres d'écoliers de l’est de la ville depuis des décennies.

Ken Lum affirme qu'il a voulu rendre permanent un symbole qui circulait de manière éphémère et ainsi rendre hommage à son quartier natal et aux immigrants du secteur.

Une croix portant une inscription East Van est érigée dans la ville, à l'intersection de la 6e avenue Est, à Vancouver.

« Monument à East Van », de Ken Lum, veut rappeler la pauvreté et les inégalités sociales.

Photo : Radio-Canada

À l’époque, l’Est de la ville abritait un quartier populaire majoritairement où résidait une immigration italienne et grecque - une immigration catholique qui expliquerait la naissance du symbole de la croix.

Monument à East Van est un exemple de réappropriation d’une oeuvre informelle en symbole officiel dans l'espace public.

La démarche de Ken Lum rappelle un peu celle d'artistes comme Banksy - le célèbre pochoiriste anglais - qui crée des images ou des installations dans le but de provoquer les gens sur des questions politiques et sociales épineuses.

Regardez la capsule vidéo de l'oeuvre « Monument at East Van » de Ken Lum

Pour l’artiste vancouvérois, la croix a pour but de rappeler la pauvreté et les inégalités sociales.

La croix East Van est ainsi tournée vers le centre-ville et vers l’Ouest, dans une sorte de geste de défiance, selon Ken Lum, pour rappeler au reste de la ville que l'Est existe et mérite d'être reconnu.  

Ken Lum a dressé sa croix haute de 17 mètres et demi en acier, où les mots EAST à la verticale et VAN à l’horizontale s’entrecroisent. Ces lettres et le contour de la croix sont formés de diodes électroluminescentes qui s’illuminent automatiquement à la tombée du jour.

Une croix portant l'inscription lumineuse East Van.

« Monument à East Van », de Ken Lum, est fait de diodes électroluminescentes qui rendent l'oeuvre visible la nuit.

Photo : Radio-Canada

Monument à Est Van s’inscrit dans une mouvance de l’art public au 20e siècle, quand tous les ordres de gouvernements ont mis sur pied des mécanismes pour encourager l’investissement dans l’art présent dans la sphère civique, selon Clarence Epstein, un spécialiste en patrimoine et culture de Montréal. Cette idée d’avoir une oeuvre uniquement sculpturale comme dans un square civique a évolué à travers le 20e siècle pour toucher le plus de gens, explique-t-il.

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