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Des hadrosaures sans crête, ça existait!

Un dessin en couleur du Prosaurolophus.

La conservation du Prosaurolophus dans la boue fine a contribué à la fossilisation de larges plaques de peau montrant que les flancs de ces animaux étaient recouverts d'une mosaïque de petites et grandes écailles.

Photo :  Julius Csotonyi

Fuat Seker

Une nouvelle publication de la Faculté des sciences de l’Université de Calgary et du Royal Tyrrell Museum, basée sur l’étude des fossiles juvéniles de Prosaurolophus, révèle de nouveaux détails sur ce dinosaure de la famille des hadrosaures. Il est désormais démontré que cette espèce à bec de canard était aussi évoluée que ses semblables, malgré son absence de crête osseuse.

Les fossiles juvéniles du dinosaure Prosaurolophus maximus sont rares. Au nombre de trois, ils ont été découverts entre 1983 et 2016 dans la région de Lethbridge.

Le Prosaurolophus vivait en Alberta et dans le nord du Montana à la fin du Crétacé supérieur, soit il y a environ 75 millions d'années.

Ces fossiles étudiés sont les spécimens les plus jeunes connus de leur espèce, et les chercheurs se sont intéressés à leurs museaux.

Selon François Therrien, paléontologue au musée Royal Tyrell de Drumheller, ces études améliorent considérablement la compréhension de la croissance et du cycle de vie des hadrosaures, la famille des dinosaures à bec de canard dont la crête est censée être liée à la maturité sexuelle et à l'attraction du partenaire.

Or, les Prosaurolophus présentaient une morphologie différente.

Une reconstitution d'un Prosaurolophus.

Les fossiles juvéniles de Prosaurolophus ont été découverts dans des boues déposées au fond d'une mer intérieure qui recouvrait l'Alberta il y a environ 75 millions d'années.

Photo :  Royal Tyrrell Museum

Le Prosaurolophus n'avait pas une crête osseuse sur la tête tandis que les autres hadrosaures en avaient, explique-t-il.

Selon l’étude, cette protubérance chez le Prosaurolophus grandissait très lentement et restait petite, contrairement à celles des autres hadrosaures qui devenaient rapidement de grandes crêtes osseuses.

Des changements rapides dans le museau au cours de la maturation de l'animal suggèrent qu'une structure des tissus mous peut être associée aux narines, déclare François Therrien.

Des similitudes avec les otaries de nos jours.

François Therrien, paléontologue au musée Royal Tyrell de Drumheller

Selon les chercheurs, avant les otaries, le Prosaurolophus utilisait déjà cette structure anatomique pour reconnaître d'autres individus et pour les parades nuptiales.

Une découverte qui nous en apprend davantage sur l'évolution des espèces.

 Darla Zelenitsky, Eamon Drysdale, François Therrien devant un fossile du dinosaure.

Gauche : Darla Zelenitsky, professeure à l’Université de Calgary. Centre : Eamon Drysdale, étudiant en maîtrise à l’Université de Calgary et auteur principal de la recherche. Droite : François Therrien, conservateur de paléontologue au musée royal Tyrrell.

Photo :  Royal Tyrrell Museum

Ce groupe de dinosaures à bec de canard a en fait choisi un sentier différent dans l'arbre évolutif. Ça semble suggérer que ces espèces-là n'étaient pas plus simples. Ça nous montre que l'évolution fonctionne de différentes façons, dit-il.

Des paléontologues avaient déjà émis l’hypothèse précédente de museau éclatant et charnu, et la nouvelle étude fournit maintenant des preuves à l’appui.

Alberta

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