•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le chef d'orchestre Pierre Peterson libéré sous conditions

Pierre Peterson

Pierre Peterson dirigeait le Grand orchestre de la Mauricie.

Photo : Radio-Canada

Claudie Simard

L’ancien directeur musical du Grand orchestre de la Mauricie, Pierre Peterson, pourra retrouver partiellement sa liberté. Il devra cependant se soumettre à certaines conditions.

L’homme qui a aujourd’hui 55 ans a reconnu en 2017 avoir agressé sexuellement une personne mineure et il a été condamné en mai 2018 à une peine de trois ans de pénitencier.

Deux commissaires de la Commission des libérations conditionnelles du Canada l’ont interrogé lundi avant de lui accorder une semi-liberté pour une période de six mois.

Pierre Peterson devra vivre dans une maison de transition de Trois-Rivières et suivre un programme pour les délinquants sexuels.

Les commissaires estiment que son plan de sortie est réaliste et conforme, cependant, ils jugent qu’il n'est pas prêt pour la libération conditionnelle totale.

Pierre Peterson ne pourra avoir aucun contact direct ou indirect avec sa victime ni communiquer avec elle.

Il ne pourra pas fréquenter des lieux publics où les enfants de moins de 16 ans sont susceptibles de se rassembler, tels que les cours d’école et les parcs. De plus, il ne pourra pas communiquer avec des personnes de moins de 16 ans.

Les commissaires ont fait ajouter une condition pendant l’audience : Pierre Peterson devra avertir son agent de libération s’il a des relations avec des adultes qui ont des enfants de moins de 16 ans à leur charge.

Pierre Peterson est inscrit au registre des délinquants sexuels à vie.

Un des bâtiments du Service correctionnel du Canada à Laval, où se déroulent des audiences de la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

Un des bâtiments du Service correctionnel du Canada à Laval, où se déroulent des audiences de la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

Photo : Radio-Canada

Contact avec la mère de la victime

Un des sujets qui a retenu l’attention des commissaires est le fait qu’il ait gardé contact avec la mère de la victime. L’un d’eux lui a demandé des explications, considérant le risque qu’il y ait un contact direct ou indirect avec la victime.

Pierre Peterson a répondu qu’il reconnaît que c’est une situation hors norme et qu’il est conscient de l’enjeu.

Le commissaire lui a alors demandé de préciser quel était cet enjeu, ce à quoi il a répondu : de retourner en prison, en raison d’un bris de conditions, mais surtout d’ajouter des séquelles [à la victime].

Le commissaire a alors demandé à Pierre Peterson de parler des conséquences de ses gestes sur sa victime. Je sais que le spectre est large : troubles du sommeil, perte de l’estime de soi, il y a aussi des gens qui vont se suicider, ça fait partie des conséquences possibles, a-t-il dit.

Comment voit-il le fait que la victime saura que sa mère garde contact avec son abuseur? Pierre Peterson a répondu qu’il ne savait pas si elle comprendrait.

Un cheminement qui se poursuit à l’extérieur du pénitencier

L’audience, qui avait lieu à Laval, a duré plus d’une heure. Les commissaires ont posé des questions à tour de rôle : s’il savait que ses gestes étaient criminels pendant les six années où il a commis les agressions, s’il a voulu que tout s’arrête, pourquoi il n’a pas demandé d’aide, ce qu’il a appris durant son cheminement, ce qui l’inquiète par rapport à son retour en communauté ou encore, quelles sont les stratégies pour éviter la récidive.

Pierre Peterson a répondu à chacune des questions en tentant de faire valoir le fait qu’il a cheminé depuis le jour de la dénonciation.

J’ai appris que cette déviance-là c’était quelque chose que je pouvais apprendre à contrôler, a-t-il déclaré.

Pierre Peterson a avoué qu’il a manipulé une personne mineure et qu’il savait que ses gestes étaient immoraux. Comment expliquez-vous avoir continué à poser ces gestes pendant une période de 6 ans, lui a demandé le commissaire? Par mon incapacité à respecter autrui et parce qu’un enfant est facile à manipuler, a-t-il répondu.

Il soutient que ses consultations avec un psychologue et la médication qu’il prend depuis son incarcération ont contribué à son cheminement, qu’il souhaite continuer à l’extérieur du pénitencier.

Son avocate a souligné le fait qu’il est allé chercher de l’aide non pas une fois détenu, mais dès l’acte de dénonciation.

Les commissaires ont dit être satisfaits d’entendre qu’il est conscient de la portée des gestes qu’il a posés, qu’il exprime des remords et des regrets sincères.

Avant de lui accorder la semi-liberté, ils ont tout de même rappelé qu’il a commis un crime grave sur une personne vulnérable.

Mauricie et Centre du Québec

Crimes et délits