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Le génie, une voie vers la réconciliation avec les Autochtones

Un édifice aux murs blancs.

Plus de 70 personnes participent à la première conférence Innovation Station de Sioux Lookout, au cours de laquelle sera inauguré un nouvel espace d'accueil de chercheurs de divers domaines.

Photo : Far North Regional Distribution Centre

Bienvenu Senga

Une nouvelle initiative du Centre for Global Engineering, de l’Université de Toronto, vise à concevoir des solutions axées sur le génie à certains des problèmes qui minent des communautés autochtones. Ses promoteurs rencontrent des leaders de Premières Nations à l'occasion de la conférence Innovation Station, qui se déroule lundi et mardi à Sioux Lookout, dans le Nord-Ouest de l’Ontario.

La directrice de l’initiative, Sonia Molodecky, explique que la mission première des experts et professeurs qui y participent est de se mettre à l’écoute des communautés autochtones.

Les défis d’infrastructures, comme le manque d’eau potable, l’insécurité alimentaire, dans le domaine de l’énergie, les télécommunications, les services de transport [...], il faut reconnaître que nous devons commencer à les évaluer de manière holistique, affirme-t-elle.

Elle ajoute que ces défis sont tous interreliés et il y a beaucoup de choses que nous pouvons apprendre du savoir autochtone et nous espérons que cela nous guidera, alors que nous essayons d’élaborer des solutions.

Une femme qui sourit

Sonia Molodecky est directrice de l'initiative Reconciliation Through Engineering.

Photo : Facebook/Sonia Molodecky

Mme Molodecky illustre ses propos par la stratégie qu’aimerait adopter son groupe dans les domaines de l’alimentation et de la construction.

Lorsqu’on regarde le système alimentaire, il ne faudrait pas seulement chercher à fournir des aliments nutritifs, ce qui est évidemment une grande priorité, mais aussi se servir de la nourriture comme occasion de mieux comprendre sa connexion à la terre, de partage d’histoires entre la jeunesse et les aînés, de transmission du savoir, note la juriste de formation.

Mme Molodecky ajoute que, par le biais de l’initiative, l’expertise en sciences et en génie dont dispose l’Université de Toronto pourra être mise au service de certaines communautés autochtones qui en ont besoin.

Des spécialistes en nutrition, en réduction des moisissures et en architecture de paysage ont d’ailleurs déjà été envoyés dans une communauté à la demande de cette dernière.

Le génie peut apporter des solutions pratiques de reconstruction des communautés. Il y a certaines façons tangibles par lesquelles nous pourrions appliquer certaines notions comme la réconciliation, la collaboration. Les gens parlent de ces mots, mais il faut réellement voir comment avancer et construire des communautés qui reflètent ces valeurs.

Sonia Molodecky, directrice de l’initiative Reconciliation Through Engineering

Un modèle pour les jeunes

Le chef de la Première Nation de Kitchenuhmaykoosib Inninuwug, Donny Morris, assiste à la conférence. Il atteste que sa communauté est aux prises avec un manque de logements adéquats et des infrastructures de traitement des eaux désuètes.

Le chef Donnyk Morris, de la Première Nation de Kitchenuhmaykoosib Inninuwug, en Ontario.

Donny Morris est chef de la Première Nation de Kitchenuhmaykoosib Inninuwug, dans le Nord-Ouest de l'Ontario.

Photo : You Tube

Le leader autochtone espère que la venue des chercheurs à Sioux Lookout marque le début d’une relation de travail de longue durée et dont pourront surtout profiter les jeunes des communautés autochtones du Nord-Ouest de l’Ontario.

Nous avons plusieurs élèves qui arrêtent leur parcours éducatif après le secondaire et ne vont pas à l’université. S’ils pouvaient correspondre avec l’Université de Toronto, avoir l’occasion de voir le travail qui s’y fait, ils pourraient s’y intéresser, affirme-t-il.

Le lien entre les chercheurs et les communautés

La Municipalité de Sioux Lookout, qui a organisé la conférence, est un carrefour de services pour de nombreuses communautés autochtones environnantes avec lesquelles elle a signé une entente de collaboration en 2012.

L’événement est le tout premier à se tenir dans une ancienne gare de train locale rénovée pour accueillir des chercheurs de divers domaines qui effectuent des séjours de recherche dans la région.

Nous nous sommes rendu compte que pour que nous puissions réellement étudier et équiper le Nord [de l’Ontario] en ressources, ces études et projets de recherche doivent être menés localement, avance la responsable du développement économique de la Municipalité, Vicki Blanchard.

Elle estime que l’apport d’experts comme ceux de l’équipe dirigée par Mme Molodecky peut s’avérer bénéfique, d’autant plus que plusieurs d’entre eux, qui oeuvrent dans des pays en voie de développement, s’intéressent à des problèmes similaires à ceux auxquels sont confrontées certaines communautés autochtones isolées du Canada.

Le manque d’accès à l’eau potable, ça existe dans notre propre arrière-cour. Il est temps de redonner aux nôtres, comme le recommande la Commission de vérité et réconciliation.

Vicki Blanchard, responsable du développement économique à la Municipalité de Sioux Lookout

Mme Blanchard croit aussi que les chercheurs ont aussi beaucoup à gagner en se rendant dans le Nord-Ouest de l'Ontario.

Le bien-être des communautés ne peut être évalué correctement, à son avis, que lorsqu’on va à leur rencontre. Elle cite, en guise d’exemple, le fait méconnu que Sioux Lookout n’a pas accès au gaz naturel, ce qui met à mal l’économie de la localité.

Nous avons beaucoup d’informations à partager avec les brillants esprits du Canada et de l’étranger. Faire de la recherche sur nos enjeux en restant isolés à Toronto, à Kitchener ou ailleurs ne fournit pas les connaissances nécessaires pour comprendre nos obstacles, nos disparités et nos possibilités réels, conclut Mme Blanchard.

Nord de l'Ontario

Autochtones