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Le pire printemps « de tous les temps » pour des agriculteurs

Berges du lac Érié.

Les niveaux du lac Érié ont battu le dernier record qui date de 1986, selon l'Office de protection de la nature de Windsor-Essex.

Photo : Office de protection de la nature de Windsor-Essex

Rose St-Pierre

Il est déjà trop tard pour la culture du maïs cette année dans le Sud-Ouest de l'Ontario; les mauvaises conditions météorologiques ont eu raison des récoltes.

Alors que la pluie n’en finit plus de tomber dans le Sud-Ouest de l’Ontario, les niveaux du lac St. Clair et du lac Érié battent de nouveaux records. Des agriculteurs se tournent maintenant vers d’autres céréales, en espérant du temps sec dans les prochaines semaines pour compenser les pertes.

C’est du jamais-vu. Les niveaux des Grands Lacs ont battu des records de tous les temps, lance Tim Byrne, de l’Office de protection de la nature de Windsor-Essex.

En raison du niveau record du lac, une surveillance des crues est en vigueur pour toutes les zones riveraines de la région.

C’est sans précédent. Les fortes précipitations touchent la zone terrestre, tout ça s’écoule dans les lacs. Le sol est complètement mouillé, ajoute Tim Byrne.

Une voiture traverse une flaque d'eau.

Rue en partie inondée le long de la promenade Riverside Drive.

Photo : Radio-Canada / CBC/ Sonya Varma

Ces conditions météorologiques inquiètent particulièrement les agriculteurs. Selon l’Association des producteurs de grains de l’Ontario, rien n’a été semé jusqu’à maintenant dans le Sud-Ouest de l’Ontario.

C’est un printemps extrêmement difficile pour tous ceux qui cultivent des céréales dans le comté d’Essex, explique Brendon Byrne, représentant de la région pour l’Association des producteurs de grains de l’Ontario.

La pluie a été implacable et nous a tenus à l’écart de nos terres. Mis à part une journée la semaine dernière, chaque fois que nous sommes près de semer, on reçoit une énorme quantité de pluie.

Brendon Byrne, représentant de l’Association des producteurs de grains de l’Ontario

Afin de pouvoir compter sur une assurance sur leurs récoltes, les cultivateurs de céréales doivent respecter une date limite imposée par l’agence provinciale Agricorp. Cette année, la date limite du programme d’assurance récolte a été prolongée au 17 juin, mais malgré tout, très peu d’agriculteurs ont pu semer leur culture de maïs.

Un champ agricole rempli d'eau.

La pluie et le temps frais commencent à jouer sur les nerfs des agriculteurs.

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

La seule solution : semer d’autres types de céréales pour compenser les pertes. Les cultivateurs se rabattent donc sur une nouvelle date limite imposée par l’agence agricole. Ils ont jusqu’au 5 juillet pour planter des cultures de soja.

Ce ne sera pas facile, surtout si le temps reste comme ça, mais c’est faisable, avance Brendon Byrne.

L’Office de la protection de la nature de la région met tout de même les agriculteurs en garde.

On n’a pas connu le pire encore... les eaux des lacs devraient continuer à augmenter d’ici le début juillet, explique Tim Byrne. Si ça continue à être frais et mouillé, sans évaporation, les sols vont rester gorgés d’eau. C’est très dangereux pour l’industrie agricole.

L’Ontario essuie les conséquences des inondations québécoises

Il n’y a pas que la quantité de neige importante et les précipitations qui ont fait monter le niveau des eaux des Grands Lacs. Les inondations dans l’ouest du Québec y sont aussi pour quelque chose.

On a limité le débit du Saint-Laurent au Québec et gardé une partie de l’eau dans le lac Ontario, ce qui a eu des répercussions sur les autres lacs, explique Philippe Gachon, professeur d’hydroclimatologie à l’Université de Montréal.

Vue aérienne sur la partie inondée de Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

À Sainte-Marthe-sur-le-Lac, une digue naturelle a cédé, entraînant l’évacuation précipitée de plus de 5000 personnes.

Photo : Radio-Canada

Mais il faut comprendre que, sans cette intervention, les conséquences auraient été beaucoup plus graves le long de la rivière Outaouais et de certaines parties du Saint-Laurent, ajoute le professeur.

Des conditions climatiques difficiles, qui risquent de se répéter aux printemps à venir, selon Tim Byrne, de l’Office de protection de la nature de Windsor-Essex.

Même nos données pour exécuter nos modèles de prévision climatique ne suivent plus les tendances, il n’y a plus de normalité. Et ces nouvelles conditions risquent de continuer, s’inquiète M. Byrne.

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