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L’appel au 911 d’un demandeur d’asile témoigne de la compassion de la GRC

Des demandeurs d'asile marchent sur une voie ferrée, dans la l'obscurité.

Des demandeurs d'asile somaliens suivent une voie ferrée pour traverser la frontière et mettre pied en sol canadien, à proximité de la ville d'Emerson, au Manitoba, le matin du 26 février 2017.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Radio-Canada

L’appel désespéré au 911 d’un demandeur d’asile somalien qui a traversé la frontière des États-Unis dans le froid glacial de l'hiver manitobain illustre l’attitude de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) envers les réfugiés.

La respiration de l’homme devient de plus en plus lourde au cours de l’appel de 14 minutes, le temps qu’il a fallu pour que la GRC trouve l’emplacement du groupe de cinq demandeurs d’asile qui se sont aventurés vers la frontière canadienne dans la neige et le vent d’une nuit hivernale.

On meurt de froid, dit l’homme au téléphone. C’est le petit matin du 11 février 2017. Il fait encore noir. Le groupe marche depuis cinq ou six heures.

On essaie de trouver la route, poursuit-il. Son appel au 911 a récemment été fourni à CBC/Radio-Canada après une demande d’accès à l’information. L’enregistrement propose un aperçu poignant de la réalité des demandeurs d’asile, ainsi que de celle de l’autre voix au bout du fil.

L'histoire de l’appel au 911 d’un demandeur d’asile

Derrière le 911

La répartitrice du 911 est Wendy McMillan, employée de la GRC depuis sept ans.

Dans la région frontalière, l’accès au réseau cellulaire est irrégulier. L’homme n’ayant pas de fournisseur, son téléphone peut uniquement servir à appeler le 911. Sa voix se perd parfois dans la mauvaise connexion téléphonique.

Il explique que son groupe a été déposé dans un village près de Pembina, au Dakota du Nord. Après sept minutes au téléphone, il révèle enfin à Mme McMillan la raison de son expédition nocturne.

On demande l’asile, c’est pour ça qu'on a essayé de venir ici, lance-t-il.

La situation se gâte au cours de la conversation téléphonique. L’un des hommes perd l’usage de ses jambes.

J’ai l’impression que mes mains vont tomber. Il fait tellement froid. La neige, c’est trop. On est presque morts de froid.

Un demandeur d’asile somalien, lors d’un appel qu'il passe au<span class="nbsp"></span>911 après avoir traversé la frontière canadienne

Wendy McMillan et ses collègues ont réussi à localiser le groupe grâce à des cartes et à des questions à réponse fermée (oui/non). Ils demandent au demandeur d'asile, par exemple, s’il y a un cours d’eau à proximité de son groupe.

La répartitrice du 911 explique que la triangulation d’un téléphone cellulaire est moins précise que ce qu’on voit au cinéma. Un appel peut parfois être localisé dans un rayon de 100 kilomètres, et dans d’autres cas, le rayon est de 10 000 mètres, indique-t-elle.

Une femme blonde sourit dans une salle pleine d'écrans d'ordinateur.

Wendy McMillan, une répartitrice du 911.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

L’avenir de l’Entente sur les tiers pays sûrs

En vertu de l’Entente sur les tiers pays sûrs, le Canada et les États-Unis jugent qu’ils sont tous deux des pays sûrs pour les réfugiés. Ainsi, les migrants sont tenus de présenter leur demande d’asile dans le premier pays où ils arrivent, que ce soit le Canada ou les États-Unis.

Certains demandeurs d’asile entrent au Canada clandestinement parce qu'ils craignent d'être automatiquement refoulés s'ils se présentent à un poste frontalier pour demander l'asile. Une fois arrivés de cette façon au Canada, ils peuvent présenter leur demande d’asile.

Le gouvernement libéral tente de ralentir l'afflux de demandeurs d’asile par certaines mesures présentes dans le budget omnibus déposé à la Chambre des communes en avril.

Au Québec, 3844 demandeurs d’asile ont été trouvés par la GRC entre janvier et avril. Le flot ralentit au Manitoba, où 30 demandeurs d’asile ont été interceptés pendant la même période.

Avec les informations de Austin Grabish, CBC News

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