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Les États-Unis ont piraté des centrales électriques russes

Une photo montrant une centrale électrique russe, un long bâtiment vitré peint en rose et surmonté de sept longues cheminées cylindriques.

Une centrale électrique à Samara, en Russie

Photo : AFP/Getty Images / MLADEN ANTONOV

Radio-Canada

Des centrales électriques russes ont été infectées par du code malveillant américain, ont annoncé des responsables de la défense des États-Unis. Un changement de stratégie militaire numérique qui démontre une escalade des tensions entre les deux puissances, rapporte le New York Times.

Les autorités ont refusé de préciser si le code malveillant serait capable de saboter les installations russes visées et de plonger la population dans le noir, une éventualité tout à fait plausible compte tenu que d’autres pays l’ont déjà fait par le passé (Nouvelle fenêtre).

Les États-Unis veulent « dire à la Russie, ou à quiconque est engagé dans des cyberopérations contre nous : “Vous allez en payer le prix” », a affirmé mardi dernier John R. Bolton, le conseiller en sécurité nationale du président Donald Trump.

Des pouvoirs accrus

Le United States Cyber Command (USCC), la division numérique du Pentagone, dispose depuis l’année dernière de plus de latitude dans ses opérations militaires en ligne. De nouveaux pouvoirs (Nouvelle fenêtre) lui ont en effet été accordés par la Maison-Blanche et le Congrès, lui permettant notamment de mener des opérations offensives, plutôt que de seulement agir en riposte à des attaques extérieures.

L’injection de code malveillant dans des systèmes informatiques russes est l’une des premières démonstrations de ces nouveaux pouvoirs. Auparavant, les Américains se contentaient de pirater dans le but d’obtenir des renseignements sur les infrastructures des nations ciblées.

Des opérations « beaucoup plus agressives »

La nouvelle stratégie américaine, surnommée defend forward ou défendre en avant, doit entre autres servir à préparer le terrain en cas de déclenchement d’une campagne militaire. Le USCC pourrait par exemple se servir de ces nouveaux pouvoirs pour cibler des pirates à leur insu afin de les neutraliser au moment jugé opportun, comme ce fut le cas lors des élections de mi-mandat de novembre 2018.

Le piratage des centrales électriques russes est un autre exemple de préparatifs visant à faire croître la menace sur la Russie pour la décourager d’attaquer, une tactique souvent comparée à celles utilisées pendant la Guerre froide. Le code injecté par les États-Unis dans les installations russes n’a pas été activé pour l’instant et est donc en dormance, attendant soit d’être découvert et neutralisé par la Russie, soit d’être mis en marche par les Américains.

Un haut-gradé américain anonyme cité par le New York Times a affirmé que les opérations cybermilitaires de ce genre sont devenues « beaucoup, beaucoup plus agressives au cours de la dernière année » et que les États-Unis mènent désormais des opérations « à une échelle que l’on n’aurait jamais imaginée il y a quelques années ».

La Russie à l’avant-garde

La Russie mène elle-même des opérations cybermilitaires contre les États-Unis depuis plusieurs années. Le piratage des courriels du Parti démocrate pendant la campagne présidentielle de 2016 et de nombreuses campagnes de désinformation visant le public américain sont attribuées à la Russie.

Les Russes ont aussi ciblé des réseaux électriques et d’aqueducs, des centrales nucléaires, des infrastructures du domaine de l’aviation et des usines manufacturières tant aux États-Unis qu’en Europe, a indiqué (Nouvelle fenêtre) le département de la Sécurité intérieure des États-Unis en mars 2018.

De nombreux pays sont engagés dans des activités cybermilitaires. Israël, le Royaume-Uni, la Chine, la Corée du Nord, l’Inde, l’Iran, l’Estonie et l’OTAN (dont fait partie le Canada) mènent tous des opérations défensives ou offensives dans le cyberespace.

Au début de l’année, la France a également présenté un plan de cyberdéfense semblable à la stratégie defend forward américaine, ouvrant la voie à des campagnes cybermilitaires offensives sans provocation préalable.

Avec les informations de The New York Times

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