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Courir vers le marathon : je suis un marathonien

Un homme court.

Le journaliste Denis-Michel Thibeault franchit la ligne d'arrivée du Marathon du Manitoba, dimanche.

Photo :  Marathon-Photos.com

Denis-Michel Thibeault

C’est fait : je suis maintenant un marathonien. J’ai traversé la ligne d’arrivée du Marathon du Manitoba dimanche, après 5 heures 27 minutes et 51 secondes de course.

Repenser à tout ça me rend émotif. Je ne peux m’empêcher de penser à ce que je viens d’accomplir.

Il y a encore un an, j’avais de la difficulté à courir plus de 1 km, et dimanche, j’ai fait 42,1 km. Mon objectif initial était de courir autour de 4 h 30, un rythme que j’ai su garder pour la moitié de la course, mais à un moment donné, mon corps a abandonné. Les douleurs se sont accumulées, et j’ai dû laisser mon groupe me distancer.

C’est à ce moment-là que ma vraie course a commencé. J’ai dû trouver mon rythme, et apprendre à être à l'aise avec le fait que je venais d’échapper mon objectif de temps. J’ai alors dû me souvenir que mon objectif premier était simplement de terminer.

C’est impressionnant, tout ce qu’on peut apprendre sur soi lorsqu’on est placé devant l’adversité. J’ai tellement souvent pensé abandonner, autant avant que pendant la course! Je me suis dit à plusieurs reprises que je ne serais jamais capable de faire cette course. Lorsque mon objectif de temps s’est mis à me glisser entre les doigts, les montagnes russes d'émotions ont commencé. À un moment, tout va bien et à l’autre, tout va mal.

Est-ce que j’ai bien fait de faire cette course ? Est-ce que je suis prêt ? Est-ce que j’aurais pu faire x, y ou z différemment dans ma préparation ? Toutes des questions importantes, mais qui ne valent plus rien durant le marathon. À ce moment, on ne peut rien changer. Il n’y a donc que deux conclusions possibles : terminer ou non.

Un homme lève le pouce.

Le journaliste Denis-Michel Thibeault a traversé la ligne d’arrivée du marathon du Manitoba dimanche après 5 heures 27 minutes et 51 secondes de course.

Photo : Radio-Canada / Chloé Dioré de Périgny

Cependant, il vient un moment où la résilience est la seule option qui se présente. Il faut accepter les circonstances et faire de son mieux avec ce qui nous est donné. Il faut décider que peu importe ce qui arrivera, je terminerai ce que j’ai commencé.

Je me souviens qu’à la mi-parcours, un bénévole du marathon m’a dit : Ne lâche pas! À partir de maintenant, chaque pas que tu fais te rapproche un peu plus de la maison.

Je me suis accroché à cette phrase pendant toute la course. Je me suis répété que tout irait bien.

À plusieurs reprises, j’ai vu des personnes que je connaissais. Des gens qui se sont déplacés spécialement pour m’encourager. Et chaque encouragement était une sorte de bouffée d’air frais. Chaque fois qu’une personne criait mon nom, j’avais l’impression qu'elle prenait une partie de ma souffrance. Je ne crois pas que j’aurais pu traverser ce défi seul.

La course est un sport solitaire. Évidemment que lorsque je cours, je suis seul, mais plusieurs personnes ont été essentielles à ma préparation et à ma performance.

Est-ce que je vais recommencer un jour? Il est encore trop tôt pour le dire, mais je l’espère. Je souhaite ne pas avoir fait tout ce chemin, au sens figuré et au sens pratique, pour tout laisser tomber. Pour l’instant, je vais soigner mes blessures, mais une chose est certaine, j’ai eu la piqûre.

Dans le premier article que j’ai écrit pour faire part de mon but, je parlais de terminer une activité et d’aller jusqu’au bout de ce que je commence. C’est maintenant fait. Je suis allé jusqu’au bout. Je suis maintenant un marathonien.

Manitoba

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