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Loi sur la laïcité de l'État : réactions mitigées en Outaouais

Le ministre Jolin-Barrette prend la parole à l'Assemblée nationale.

Le ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Simon Jolin-Barrette, lors du débat sur le projet de loi 9, le 15 juin 2019 à l'Assemblée nationale.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

L’adoption du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État sous bâillon par les députés, dimanche soir à l’Assemblée nationale, a soulevé des réactions partagées en Outaouais.

Le projet de loi a finalement été adopté à 22 h 30 par 73 voix contre 35.

Le député libéral de la circonscription de Pontiac, André Fortin, a soutenu dans une publication sur le réseau social Twitter que le Québec fait le choix de la division, de l’exclusion, du repli sur soi et qu’il instaure une police de la laïcité.

C'est une journée difficile pour beaucoup de Québécois et de Québécoises qui voient leurs droits suspendus, a mentionné en entrevue le député lundi matin. Le gouvernement suspend la Charte des droits et libertés pour pouvoir interdire les signes religieux pour les personnes qu'il juge en position d'autorité, a-t-il déploré.

L'ex-ministre libéral a particulièrement déploré l'adoption de certains amendements à la toute dernière minute pour renforcer certaines dispositions concernant les sanctions auxquelles les contrevenants pourront faire face.

Suzanne Tremblay, présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, s’est pour sa part réjouie de la clause d'antériorité qui a été intégrée à la loi. Cette clause de droits acquis permet aux enseignants qui portent des signes religieux de continuer de le faire.

Ces gens-là ont été engagés alors que cette loi n’existait pas, a fait valoir Mme Tremblay. Ce qu’on dénonce de cette loi-là, c’est tous ceux et celles qui malheureusement ne pourront plus exercer d’emploi d’enseignant et d'enseignante, qui portent des signes religieux et qui ne sont pas encore à l’emploi d’une commission scolaire.

Mme Tremblay a indiqué que son syndicat allait évaluer la suite des choses et n’a pas déterminé les prochaines étapes, mais elle a assuré qu’elle tenait à protéger le droit au travail. Elle ne ferme d'ailleurs pas la porte à une contestation judiciaire.

Un droit acquis applicable aux étudiants?

La loi sur la laïcité de l'État interdira à de nombreuses catégories d'employés de l'État de porter des signes religieux durant l'exercice de leurs fonctions : les juges, les policiers, les procureurs de la Couronne, les gardiens de prison, les directeurs d'école et les enseignants du primaire et du secondaire du secteur public.

Alors que certains militaient pour qu'un droit acquis auquel les enseignants sont admissibles s'applique aussi aux étudiants en enseignement, la Coalition avenir Québec (CAQ) n'a pas cru bon d'aller de l'avant avec cette idée.

Ces jeunes-là sont touchés par cette loi-là, au même titre qu'un enseignant qui déciderait de changer de commission scolaire, a précisé la représentante syndicale.

Ce droit acquis [les enseignants] ne le traîne[nt] pas pour toujours. C'est s'ils restent avec le même employeur.

Suzanne Tremblay, présidente du syndicat de l’enseignement de l’Outaouais

Les employés actuels disposeront d'un droit acquis, tant qu'ils occuperont leur poste.

Ottawa-Gatineau

Politique provinciale