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Génocide acadien : la Société de l'Acadie du N.-B va créer un comité pour étudier la question

Robert Melanson prend la parole à l'assemblée générale annuelle de la SANB le 15 juin 2019 à Fredericton.

Robert Melanson, président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Radio-Canada

Devrait-on qualifier la déportation des Acadiens de génocide? La Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) va créer un comité pour étudier cette question.

Le comité, qu’on devra maintenant former, aura un an pour livrer ses conclusions, a annoncé la SANB samedi à Fredericton à l’occasion de sa 46e assemblée générale annuelle.

Ce qu'on a conclu, c'est qu'on va créer un groupe d'action projet, explique le président de la SANB, Robert Melanson. On va aller chercher des professionnels dans le domaine du droit et dans le domaine de l’histoire, et on va asseoir, en fait, des spécialistes à une table, puis eux vont arriver à une conclusion.

La question de définir la Déportation comme ayant été ou non un génocide fait polémique périodiquement. Cette fois-ci, la discussion est relancée par la Coopérative des Arcadiens de Kedgwick, dans le nord du Nouveau-Brunswick.

Lors d'une conférence de presse en mai, le groupe avait lancé une campagne pour que la Déportation soit reconnue comme un génocide.

Pour Robert Melanson, ce débat à sa place. C'est positif dans la mesure où la SANB est un forum de citoyens et doit recevoir les préoccupations de tout le monde, observe-t-il.

Le président de la S.A.N.B., Robert Melanson, pose devant le monument de l'odyssée acadienne à l'endroit précis où se trouvait la communauté du Coude, sur les rives de la Petitcodiac.

Le président de la Société de l'Acadie du N.-B., Robert Melanson, demande la création d'un comité d'experts qui se prononcera sur la possibilité d'un génocide en 1755.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

La SANB tâchera maintenant de former un comité. Le président de l’organisme insiste pour que les intervenants proviennent de divers horizons.

Le comité ne plaira probablement pas à tout le monde, concède Robert Melanson. Mais on va s'assurer que le comité ait l'expertise voulue de pouvoir prendre, et avoir, un regard objectif.

Je sais qu'il y aura des gens qui auront l'expertise de pouvoir déterminer, à la fin, la déportation des Acadiens, où est ce qu'elle se situe exactement? Est-ce c'est un génocide, un nettoyage ethnique? Est-ce que c'est juste un drame? En fait, on aura une idée beaucoup plus claire une fois que le groupe se sera penché sur la question, dit M. Melanson.

Une question qui appartient au passé, selon la SNA

La Société nationale de l’Acadie (SNA), en revanche, offre une autre perspective.

Selon la présidente de l’organisme, Louise Imbeault, la réflexion sur les mauvais traitements infligés au peuple acadien a déjà été faite, et à plusieurs reprises.

On a réfléchi sur la signification et on a demandé la reconnaissance des torts fait aux Acadiens par cette Déportation. Et ça, c'est un acquis, affirme Mme Imbeault. Elle rappelle par ailleurs les nombreux événements qui commémorent ces faits historiques.

Louise Imbeault en entrevue à Fredericton le 15 juin 2019.

Louise Imbeault, présidente de la Société nationale de l'Acadie.

Photo : Radio-Canada

Mme Imbeault croit que la démarche au sujet de l’appellation génocide est surtout une « discussion entre sociologues, politicologues », qui n’est pas en ligne avec les préoccupations des Acadiens, qui regardent, selon elle, dans une autre direction.

La société acadienne comme telle est engagée fermement vers l'avenir, dit la présidente de la SNA.

La Déportation, observe-t-elle, c'est un événement grave, mais un événement du passé, qui peut orienter nos actions dans le futur mais qui ne doit pas être la base de toutes nos actions.

Ma préoccupation, c'est de ne pas se laisser distraire par des éléments du passé, qu'on a déjà étudiés et qu'on devrait continuer, par contre, d'enseigner dans les écoles, dit Louise Imbeault. Ça, pour moi, c'est un projet collectif, parce qu'il y a des écoles qui n'enseignent pas - ni chez les anglophones ni chez les francophones, d'ailleurs - qui n'enseignent pas l'histoire de l'Acadie. Et ça, ça doit être enseigné, ça doit être rappelé.

Avec les renseignements de Marielle Guimond

Nouveau-Brunswick

Histoire