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Les États-Unis renvoient davantage de migrants au Mexique

Des migrants illégaux marchent vers un agent frontalier américain après avoir traversé le fleuve Rio Bravo, afin de faire une demande d'asile à El Paso, aux États-Unis.

Photo : Reuters / Jose Luis Gonzalez

Radio-Canada

Les États-Unis ont doublé le nombre de migrants clandestins qu'ils renvoient quotidiennement au Mexique depuis la ville texane d'El Paso, a déclaré vendredi un représentant mexicain.

Selon Luis Carlos Cano, porte-parole de l'agence nationale mexicaine de l'immigration basée à Ciudad Juarez, ville frontalière d’El Paso, depuis jeudi, environ 200 migrants clandestins ont été renvoyés quotidiennement au Mexique, contre jusqu'à une centaine par jour auparavant.

Il s'agit de l'une des premières mesures mises en oeuvre dans le cadre de l'accord sur l'immigration conclu le 7 juin entre Washington et Mexico. La conclusion de cet accord a permis au Mexique d'échapper à la menace brandie par Donald Trump d'imposer des droits de douane sur l'ensemble des produits mexicains importés aux États-Unis.

Peu des détails de cet accord ont filtré, mais l’on sait que le Mexique a accepté d'accueillir davantage de migrants qui demandent l'asile aux États-Unis pendant l'examen de leur dossier par les autorités américaines.

Le Mexique a également accepté de déployer 6000 hommes de sa Garde nationale à la frontière avec le Guatemala afin de freiner l'immigration illégale, déploiement qui sera achevé mardi prochain.

Depuis fin janvier, un nombre important de migrants, soit près de 12 000 personnes, avaient déjà été renvoyés au Mexique par les États-Unis, en vertu de mesures mises en place par l’administration Trump.

Le nombre de migrants reçus par les Américains pourrait cependant baisser de façon encore plus draconienne, puisqu’une annexe du rapport rendue publique vendredi par Mexico prévoit que le Mexique deviendra un « pays tiers sûr » si le flux de migrants clandestins arrivant aux États-Unis n'est pas suffisamment réduit au goût de Washington, d'ici à la mi-juillet.

Une fois sur le territoire mexicain, les migrants venus des pays d'Amérique centrale seraient contraints par ce statut à faire une demande de statut de réfugié au Mexique et non aux États-Unis.

« Il ne s'agit pas d'un accord bilatéral contraignant, mais d'un document annexe à la déclaration conjointe entre les deux pays », a indiqué le ministère mexicain des Affaires étrangères en diffusant le texte en anglais.

Devant la commission permanente du Congrès à Mexico, le ministre mexicain des Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a pour sa part assuré que le Mexique n'avait pas accepté et n’accepterait pas d'avoir le statut de « pays tiers sûr ».

Selon lui, il n'est pas question non plus que les autorités mexicaines acceptent un nombre illimité de demandeurs d'asile en vertu du programme de renvois de migrants mis en place cette semaine.

Il devait évoquer lors d’une réunion avec des représentants américains sur les détails de l'extension de ce programme les villes qui y prendraient part ainsi que le nombre et les nationalités des migrants acceptés par le Mexique.

Tensions au Congrès mexicain

Les négociations avec l'administration Trump suscitent des crispations au sein de la coalition du président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO).

Plusieurs élus de premier plan du groupe parlementaire du Mouvement de régénération nationale (Morena), dont AMLO est issu, ont fait connaître leur opposition à cet accord, ne voulant pas céder à toutes les demandes de M. Trump et craignant de devoir modifier la législation mexicaine pour le contenter.

« Ils veulent transformer ce pays en cage », a dit mercredi Porfirio Munoz Ledo, président de la chambre basse du Congrès, à propos de la volonté des États-Unis de faire du Mexique un pays tiers sûr. Selon lui, le Mexique ne doit pas céder.

Le chef de file de Morena au Sénat, Ricardo Monreal, a de son côté déclaré en début de semaine que l'organe législatif considérait l’idée de devenir un pays tiers sûr comme « inadmissible ».

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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