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Hong Kong suspend son projet de loi sur l’extradition vers la Chine

« Le gouvernement a décidé de suspendre la procédure d'amendement législatif », a déclaré Carrie Lam, chef du gouvernement de Hong Kong.

Photo : Reuters / Athit Perawongmetha

Radio-Canada

Le gouvernement de Hong Kong suspend son projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine, qui a été au cœur de violentes manifestations au cours de la dernière semaine. Une nouvelle manifestation est cependant prévue dimanche, et les organisateurs ne prévoient pas l'annuler puisqu'ils réclament le retrait pur et simple du projet de loi.

Le gouvernement a décidé de suspendre la procédure d'amendement législatif, a indiqué la dirigeante du gouvernement de Hong Kong, Carrie Lam, au cours d’une conférence de presse samedi. Mme Lam a précisé qu’aucune date n’était fixée pour sa réintroduction.

Le conseil arrêtera de travailler sur le projet de loi jusqu'à ce que nous ayons achevé de communiquer et d'entendre les opinions, a-t-elle déclaré. Nous n'avons pas l'intention de fixer une date limite pour ce travail.

Carrie Lam, chef du gouvernement de Hong Kong

Carrie Lam a répété qu'à son avis cette loi était nécessaire pour empêcher la place financière asiatique de devenir un refuge pour criminels, mais elle a admis que son administration avait sous-estimé l'opposition populaire.

« Je suis profondément attristée et regrette que les déficiences de notre travail et d'autres facteurs aient provoqué d'importantes controverses et conflits dans la société, après une période de deux ans relativement calme », a-t-elle ajouté.

De leur côté, les organisateurs de la manifestation de dimanche affirment qu'ils ne seront satisfaits que lorsque le projet de loi sera retiré totalement et qu'un engagement de ne pas le représenter au parlement leur sera donné.

« Carrie Lam a perdu toute crédibilité dans la population, elle doit démissionner », a déclaré la députée pro-démocratie Claudia Mo aux journalistes. « Elle reste, nous restons », a-t-elle dit, en référence à la manifestation prévue dimanche.

« Cela ne devrait pas apaiser la société civile et nous nous attendons à une autre participation importante à la manifestation demain », a affirmé Jason Ng, membre du Groupe des juristes progressistes, qui réunit des membres des professions juridiques qui militent pour la démocratie et l'État de droit.

Une femme s'adresse aux médias lors d'une conférence de presse.

Plusieurs médias ont assisté à la conférence de presse de Carrie Lam.

Photo : Reuters / Athit Perawongmetha

Quelques heures après l'annonce de Carrie Lam, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a déclaré dans un communiqué « soutenir » la décision des autorités de Hong Kong.

« Nous soutenons, respectons et comprenons cette décision », a-t-il écrit, ajoutant que la suspension du projet de loi vise à « écouter plus largement » les diverses opinions sur le sujet et à « restaurer le calme au plus vite » dans le territoire.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a cependant souligné que cette affaire était interne à la Chine et qu'aucun pays, aucune organisation ni aucune personne n'avait le droit de s'y ingérer.

Malgré cela, les gouvernements étrangers n'ont pas tardé à saluer la suspension du projet de loi, notamment le ministre britannique des Affaires étrangères et le consulat des États-Unis à Hong Kong.

Un changement de cap important

Il s’agit d’un important changement de cap du gouvernement local. Au milieu de la semaine, la correspondante de Radio-Canada en Asie, Anyck Béraud, expliquait qu’il n’y avait aucune indication selon laquelle l’administration de Hong Kong allait reculer.

Mais Carrie Lam, nommée à la tête de l'exécutif par une commission largement composée de loyalistes pro-Pékin, s'est trouvée vendredi devant des appels de plus en plus nombreux venant de son propre camp politique à céder devant la colère de la population.

Selon le South China Morning Post, Mme Lam a tenu vendredi soir une réunion d'urgence avec ses conseillers, tandis que des responsables chinois se réunissaient eux aussi dans la ville voisine de Shenzhen pour tenter de trouver un moyen de sortir de l'impasse.

Le 12 juin, l’ancienne colonie britannique a connu ses pires violences depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Des dizaines de milliers de protestataires ont été dispersés par la police antiémeute avec des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène.

Une foule très dense est massée entre les immeubles.

Jusqu'à 1 million de personnes se sont réunies dimanche dernier à Hong Kong pour protester contre un projet de loi facilitant les extraditions vers la Chine.

Photo : Reuters / Thomas Peter

Un million de personnes avaient manifesté le 9 juin contre ce projet qui, selon ses détracteurs, placera la population à la merci du système judiciaire de Chine continentale, opaque et sous influence du Parti communiste.

L'opposition au projet de loi réunit notamment avocats, organisations juridiques influentes, capitaines d'industrie, chambres de commerce, journalistes, militants et diplomates occidentaux.

Les milieux d'affaires craignent que la réforme nuise à l'image internationale et à l'attractivité du centre financier.

Le projet de loi concerne les habitants de Hong Kong et les ressortissants étrangers et chinois qui sont de passage.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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