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chronique

Francos de Montréal : la soirée maximaliste d’Ariane Moffatt

Une femme chante lors d'un concert.

Ariane Moffatt, lors du concert d'ouverture des Francofolies 2019 à Montréal, le 14 juin 2019.

Photo : Courtoisie Francofolies/Benoit Rousseau

Philippe Rezzonico

CRITIQUE – Le « Néo-soul-disco-pop-électro funky show ». Croyez-le ou non, mais l’appellation officielle du concert extérieur d’Ariane Moffatt en ouverture des 31e Francos de Montréal, vendredi soir, était encore trop restrictive.

J’aurais dû mettre reggae dans le titre du show. J’ai oublié! a lancé l’artiste aux milliers de festivaliers massés sur la Place des festivals au terme d’une interprétation de Montréal qui nous a téléportés en Jamaïque durant quelques minutes.

En toute logique, elle aurait pu ajouter new-wave, R&B, house et folk à l’énumération des styles musicaux entendus au cours de la prestation de 90 minutes par temps frais qui n’a pas eu à souffrir de la pluie.

Elle est comme ça, Ariane. Elle veut tout, comme elle le dit dans l’une de ses chansons fétiches. Et hier, de son propre aveu, elle voulait une « soirée maximaliste ». L’organisation des Francos lui en a donné les moyens. À son groupe de cinq musiciens et musiciennes, elle avait en renfort deux choristes, un quatuor à cordes et une section de cinq cuivres qui ont su créer des montées en puissance redoutables.

Il faut noter qu’Ariane a commencé son concert de la même manière qu’elle l’avait fait lors de sa rentrée montréalaise au MTelus, en février. Du souffle pour deux, fort jolie chanson, ça semblait un peu timide comme mise en bouche après que Laurent Saulnier a annoncé un « party » à venir.

Crescendo irrésistible

Mais comme il y a quatre mois, Ariane savait très bien ce qu’elle faisait. En tournée depuis des mois, elle a pu mesurer l’efficacité du crescendo de l’enchaînement formé par son premier bloc de chansons.

Petit groove lent avec Les apparences, rythmique plus soutenue avec La statue, partage bien senti avec la foule durant Pour toi. Chaque offrande offrait un peu plus de chair que la précédente. Quand la section de cuivres s’est pointée pour Debout et en a remis une couche sur le quatuor à cordes qui était déchaîné, nous sommes graduellement passés de l’univers de Stax à celui des beaux jours des discothèques des années 1970 : une explosion dansante et sensorielle tout à la fois.

C’est-tu assez disco, ça?! a hurlé Ariane à la foule avant de s’éclipser pour faire place à Astérix. Sans blague. En fait, plus précisément à L’île du plaisir, musique du film d’animation des Douze travaux d’Astérix.

C’est un fantasme! J’écoutais ça au chalet et je me disais qu’il fallait qu’on fasse ça, a-t-elle précisé au retour avant de partager une version retravaillée de Point de mire avec Les Louanges (Vincent Roberge). Sympa.

Rendu à ce point, Ariane Moffatt pouvait tout se permettre. Cyborg a bénéficié de milliers de cellulaires illuminés, mais N’attends pas mon sourire, qui aurait pu être un titre de chanson de Françoise Hardy, a retenu l’attention avec son ambiance mélancolique et ses paroles débitées sur un flow rap. Tiens, on aurait pu rajouter ça aussi dans le titre du spectacle...

Si elle quitte rarement ses claviers de prédilection, Ariane peut saisir la guitare le temps de In Your Body nappée de la basse archi-lourde de Philippe Brault. C’est toutefois la section rythmique de Maxime Bellavance (batterie) et de Mélissa Lavergne (percussions) qui vole le spectacle durant Retourne chez elle, peut-être la chanson la plus défoulatoire que j’ai écrite.

Ariane Moffatt

Ariane Moffatt

Photo : Courtoisie Francofolies/Benoit Rousseau

Coups de cœur

Le coup de cœur musical? À tout prendre, cette version à la fois riche, dense et irrésistiblement funk de Réverbère qui m’a fait chavirer le cœur. Je me suis dit immédiatement que je ne voulais plus jamais l’entendre autrement qu’avec 17 musiciens. Stéphanie Moffatt (sœur et gérante d’Ariane), tu valides?

Le coup de cœur visuel? Les lumières de la façade ouest du Musée d’art contemporain qui clignotent au rythme du tempo durant O.N.O. Épatant.

Quand Ariane, ses vieux potes Joseph Marchand, Alex McMahon ainsi que leurs collègues ont tenté de faire fondre le bitume avec une version à tout casser de Miami, on pouvait se dire que si Ariane veut tout, hier – encore plus que d’habitude –, elle a tout donné. Coup d’envoi parfait des Francos.

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