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8000 pages de réponses pour accélérer l'évaluation du réservoir de Springbank

Ric McIver parle lors d'une conférence de presse. D'énormes cartables remplis de papiers sont posés sur une table.

Le ministre des Transports de l'Alberta explique que le gouvernement a rédigé 8000 pages de documentation pour répondre aux questions des agences d'évaluation environnementale sur le projet Springbank.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement de l’Alberta a fait un pas de plus vers la construction du réservoir de Springbank à l’ouest de Calgary. Il a transmis vendredi 8000 pages de documentation aux agences d’évaluation environnementale fédérale et provinciale afin d'accélérer l'approbation du projet, qui ne fait toujours pas l’unanimité.

Le gouvernement provincial assure qu'il fait de son mieux pour faciliter la construction de cet énorme réservoir de 432 millions de dollars dont le but est de réduire les risques d'inondations à Calgary. Les 8000 pages sont en réponse aux 679 demandes d’information supplémentaire de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale et du ministère de l'Environnement et des Parcs de l’Alberta.

Carte du projet de réservoir, situé entre Cochrane, au nord, Bragg Creek au sud et Calgary à l'est.

Le projet de réservoir Springbank est situé au nord-est de Bragg Creek et permettrait de contenir les flots de la rivière Elbow.

Photo : Radio-Canada

Un échéancier encore flou

L’agence fédérale devrait présenter son rapport sur ce dossier dans les 270 prochains jours. Le Conseil de conservation des ressources naturelles, sous la responsabilité d’Environnement et Parcs Alberta, procédera aussi à des audiences publiques et des consultations, avant de faire une recommandation au Cabinet du premier ministre.

Si le projet est accepté, la construction pourra alors débuter. Les travaux doivent durer trois ans, mais le réservoir devrait être opérationnel après deux ans.

C’est un horizon plus éloigné que bien des Calgariens auraient espéré, six ans après les inondations meurtrières qui ont marqué la métropole.

« Nous savons que, depuis 2013, chaque fois que le niveau de la rivière monte au printemps, des gens deviennent nerveux et nous voulons soulager leurs inquiétudes », dit le ministre des Transports, Ric McIver, qui pilote le projet.

Il assure que le gouvernement continuera à faire « tout ce qui est en son pouvoir » pour s’assurer que les processus d’évaluation environnementale se poursuivent dans les plus brefs délais.

Une opposition persistante

Il précise néanmoins que les consultations ne sont pas terminées.

Elles risquent d’ailleurs d’être mouvementées, car le projet fait toujours face à une vive opposition dans les communautés où il sera construit.

La Première Nation de Tsuut’Ina, le conseil municipal de Rocky View et l’Association communautaire de Springbank, entre autres, craignent que les eaux détournées par le réservoir rendent de nombreux terrains impropres à l’agriculture et propices aux mauvaises herbes.

« [Le réservoir] n’a aucune conséquence positive à Springbank et dans le comté de Rocky View, ou n’importe où à l’ouest de Calgary », croit Lee Drewry, qui possède des terres dans la région de Springbank.

Il s’explique mal pourquoi le gouvernement ne construit pas plutôt un réservoir à McLean Creek, plus à l’ouest.

La beauté d’un réservoir plus en amont, c’est que ça protège plus de gens et ça ne fait de mal à personne, vraiment, puisque personne ne vit vraiment là-bas.

Lee Drewry, propriétaire de terrains aux alentours de Springbank

Le gouvernement soutient que cette option serait plus coûteuse, plus longue à exécuter et plus dangereuse pour l’environnement.

Le conseil municipal de Rocky View, qui s’est unanimement opposé au projet lors d’un vote en décembre, continue cependant de croire que des solutions alternatives, incluant celle de McLean Creek, n’ont pas été suffisamment explorées.

Dans un communiqué publié vendredi, le conseil municipal admet néanmoins que la communication avec le gouvernement provincial s’est améliorée. Il le félicite également d’avoir pris le temps de répondre à la longue liste de questions des agences d’évaluation environnementale.

« Pour la première fois dans la longue histoire de ce projet, le gouvernement de l’Alberta a informé Rocky View de ce qui se passait avant que les médias ne nous l’apprennent », commente le préfet du comté, Greg Boehlke.

Il espère que le comté et la province pourront mettre leurs efforts en commun pour mitiger les risques d’inondations dans la métropole tout en protégeant les communautés environnantes.

Le réservoir de Springbank doit occuper 1457 hectares de terres agricoles. Le gouvernement n'est présentement propriétaire que de 20 % de ce terrain. Il espère acheter le reste, mais n'exclut pas de recourir à des expropriations en dernier recours.

Alberta

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