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Les femmes en grève en Suisse pour réclamer l'égalité entre les sexes

Des manifestantes tiennent une banderole mauve.

Les femmes manifestent à Zurich pour dénoncer l'inégalité des sexes en Suisse.

Photo : Reuters / Arnd Wiegmann

Reuters

Des centaines de milliers de femmes ont observé une grève vendredi en Suisse afin de réclamer l'égalité entre les sexes, garantie par une loi adoptée dès 1996, dont les objectifs restent cependant loin d'être atteints.

À Lausanne, des manifestantes se sont rassemblées dès minuit aux abords de la cathédrale, dont la cloche était éclairée de pourpre, la couleur de leur mouvement de contestation.

Elles étaient également des dizaines de milliers à défiler dans les rues de Zurich, capitale financière de la Confédération. « Les hommes, faites le repassage! », lisait-on sur une pancarte.

Il ne s'agit pas seulement de salaires, mais aussi d'égalité des chances, qui n'est pas là. Il faut qu'elle soit établie au moins pour la prochaine génération, faisait observer Karin Rykart, élue municipale de la ville.

Cette journée de grève faisait écho à un mouvement similaire remontant au 14 juin 1991, soit 28 ans plus tôt jour pour jour.

Ce jour-là, des femmes avaient bloqué la circulation des tramways dans le quartier des affaires de Zurich et avaient manifesté aux abords des écoles et des hôpitaux ainsi que dans différentes villes avec des banderoles réclamant des salaires au même niveau que ceux des hommes.

Vingt-huit ans plus tard, d'après les chiffres de la confédération syndicale SGB, on comptait 100 000 grévistes à la mi-journée, et le mouvement a encore pris de l'ampleur à partir de 15 h 24, heure symbolique à partir de laquelle les femmes travaillent gratuitement du fait des écarts de salaire à emploi équivalent.

La Française Christine Lagarde, première femme à diriger le Fonds monétaire international (FMI), a participé à sa manière au mouvement depuis la tribune du congrès de l'Organisation internationale du travail (OIT) à Genève.

À cette heure-ci, je devrais vous tourner le dos et vous dire ainsi que je me mets en grève, mais vous pourriez être déçus. Au lieu de quoi je porte ceci [une épinglette, NDLR] en solidarité avec les femmes suisses qui réclament l'égalité en termes de salaires et quelques autres choses, a-t-elle dit.

L'égalité entre les hommes et les femmes est inscrite dans la Constitution suisse depuis le début des années 1980 et une loi votée en 1996 a proscrit la discrimination et le harcèlement sexuel sur les lieux de travail, censée protéger les femmes contre toute discrimination liée à la grossesse, à l'état matrimonial ou au genre.

Le compte n'y est pas. Les femmes salariées en Suisse gagnent en moyenne près de 20 % de moins que les hommes.

En 1991, cet écart était d'environ un tiers. Mais après une période de resserrement, il s'est de nouveau accentué depuis 2000, selon l'Office confédéral des statistiques.

Les organisatrices de la grève ont dit vouloir mettre en lumière les différences salariales, mais aussi insister sur la reconnaissance du travail domestique, et notamment des soins apportés aux enfants ou aux personnes âgées, dénoncer les violences contre les femmes ou bien encore réclamer une meilleure représentations des femmes dans les cercles du pouvoir.

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