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La petite enfance, une carrière peu attrayante?

Radio-Canada

Malgré une forte demande pour des éducateurs et des éducatrices qualifiés en jeune enfance, les finissants dans ce programme sont de moins en moins nombreux à sortir des établissements de formation. La plus récente cohorte de finissants de l'Université de Saint-Boniface ne comptait que 8 diplômés. Selon les acteurs du milieu, les salaires dérisoires et le manque de reconnaissance sont des facteurs de découragement.

Parmi les finissants de l'Université de Saint-Boniface qui ont reçu leurs diplômes, jeudi, lors de la collation des grades figuraient de futurs éducateurs et éducatrices qualifiés en jeune enfance.

Rosette-Nadège Ngo Tona a suivi cette formation à temps plein pendant deux ans. Pour cette mère de famille originaire du Cameroun, cela a représenté un défi.

« Je me suis retrouvée en train de comprendre que j'avais des lacunes et, que ce soit pour moi ou pour les autres enfants, il était très important pour moi que je retourne à l'école pour avoir des connaissances », explique Rosette-Nadège Ngo Tona.

Pourtant, cette année, la cohorte du programme d'éducation de la jeune enfance ne comptait que huit étudiants.

Une femme noire revêtue d'une toge d'étudiante.

Rosette-Nadège Ngo Tona est fraîchement diplômée du programme d'éducation de la jeune enfance de l'Université de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Pierre Verrière

« Nous avons moins d'étudiants cette année qui vont être diplômés, c'est malheureux, mais nous faisons des efforts de recrutements pour notre programme en ce moment », indique la coordonnatrice du programme Éducation de la jeune enfance à l’Université de Saint-Boniface, Dominique Arbez.

Cette faiblesse dans le recrutement alarme aussi les professionnels au sujet des conséquences pour la communauté.

« C'est très faible parce que ça ne va pas combler les besoins dans la minorité francophone. On veut ouvrir plus de garderies francophones, l'USB va ouvrir un service de garde francophone et va avoir besoin de personnel à ce moment-là », observe la gestionnaire de la Coalition francophone de la petite enfance du Manitoba, Joanne Colliou.

« On va avoir un grand manque de personnel qualifié et ceci, en retour, va diminuer la qualité de nos services de garde », souligne-t-elle.

Selon elle, le bas niveau des salaires et le manque de financement dans le domaine expliqueraient, en partie, le désintérêt pour le programme.

« Le gouvernement met des choses en place, mais les octrois ne suivent pas. Alors on peut avoir une échelle salariale qui dit qu'en sortant du collège ton salaire ça va être 18 $ de l’heure, mais si ton service de garde ne peut pas se le permettre, ça va être moins », remarque Joanne Colliou.

Selon Thérèse Musafiri, qui dirige une garderie à Saint-Boniface, la profession souffre aussi d'un déficit d'image.

« Je pense que la communauté, ou juste le public, ne nous valorise pas trop. Beaucoup nous prennent encore pour des gardiennes, alors qu'on est des éducatrices, on est allés à l'université pour ça », regrette-t-elle.

Pour sa part, Rosette-Nadège Ngo Tona a terminé sa formation avec les honneurs et sait déjà qu'elle aura un emploi à la garderie les Bambins, où elle travaille déjà.

Quant à la prochaine cohorte de finissants, les responsables du programme ne prévoient pas de hausse du nombre de diplômés l'année prochaine.

Manitoba

Éducation préscolaire