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Winnipeg s’efforce d’endiguer l’invasion de l’agrile du frêne pour une deuxième année

Des seringues de pesticides plantées dans l'écorce d'un arbre.
Près de 1000 frênes recevront des injections de pesticides. Photo: Radio-Canada / Warren Kay
Radio-Canada

La Ville de Winnipeg commence son programme de lutte contre l’agrile du frêne saisonnier lundi. Toutefois, selon les experts, il y a peu d’espoir de sauver la canopée urbaine à long terme.

Le combat est peut-être perdu d’avance, mais la Ville de Winnipeg n’est pas résolue à jeter l’éponge. Pour la deuxième année, elle veut faire tout son possible pour ralentir la progression du parasite.

Des injections de pesticide seront ainsi faites dans plusieurs arbres de la forêt urbaine afin de leur garantir une protection contre l’infestation.

Le coléoptère asiatique a été détecté à Winnipeg pour la première fois en 2017. Selon les scientifiques, une fois implanté, l’insecte peut décimer la population de frênes d'une ville en une décennie.

« L’agrile du frêne est très destructif, affirme la superviseure des services forestiers de la Ville, Kerienne La France. Tous nous frênes sont à risque. »

Le frêne est la deuxième espèce arboricole de la ville. Les 250 000 arbres comptent pour 30 % de la forêt urbaine, selon Kerienne La France. Près d’un tiers se trouvent sur les boulevards et dans les parcs municipaux.

Le programme de lutte contre l’agrile du frêne de la Ville comprend une surveillance, l’abattage d’arbres infectés et l’injection de pesticides TreeAzin et IMA-jet sur les propriétés de la Ville.

Ces produits doivent permettre de tuer les larves pouvant se nicher sous l’écorce. Selon la superviseure des services forestiers, le traitement est efficace pour deux ans.

À partir de lundi, le programme de lutte contre l’agrile du frêne concernera les secteurs suivants :

  • Windsor Park
  • Worthington
  • Kingston Crescent, Minnetonka, Pulberry
  • Southland Park
  • Island Lakes, Royalwood
  • Vista
  • Beaumont, Crescent Park, Maybank, Wildwood
  • Central River Heights
  • Crescentwood, North River Heights, Wellington Crescent
  • Grant Park, Rockwood
  • Minto, St. Matthews
  • Wolseley
  • Daniel McIntyre, West Alexander
  • Dufferin, Logan C.P.R., Lord Selkirk Park

Cette année, près de 225 000 $ ont été alloués à la campagne de lutte contre le parasite.

L’an dernier, la Ville avait ainsi injecté des pesticides dans près de 1000 arbres. Selon Kerienne La France, le nombre devrait être identique cette année.

Les dommages du coléoptère ont déjà amené la Ville à abattre plus de 12 000 frênes l’an dernier.

Quelques précautions à prendre

Kerienne La France rappelle au public qu'il est important de laisser le bois de chauffage là où il a été coupé et ne pas le déplacer. L’agrile du frêne étant une espèce invasive, le fait de déplacer le bois pourrait lui permettre de coloniser de nouveaux arbres.

Il faut également garder un oeil sur toute activité excessive des pics. Cet oiseau étant le seul prédateur local connu de l’agrile du frêne, il peut indiquer la présence du parasite dans un arbre si son activité est particulièrement concentrée à un endroit.

La monoculture étant vulnérable aux espèces invasives, Kerienne La France recommande de diversifier les plantes et les espèces d'arbres dans les propriétés privées afin de préserver la flore urbaine.

Des expériences pour lutter contre le parasite

Dans le cadre d’un projet de recherche mené au Québec, Ressources naturelles Canada fait appel à une guêpe asiatique pour limiter la prolifération de l’agrile du frêne.

Des mini-guêpes asiatiques (Tetrastichus planipennisi) ont été relâchées jeudi matin dans un parc de la ville de Québec. Ces guêpes, originaires d'Asie, tout comme l'agrile, sont des prédateurs naturels du coléoptère indésirable.

Dans le cadre d’une autre série de tests, la Ville de Trois-Rivières a tenté l’été dernier de recourir à un champignon.

Traiter, abattre et remplacer les arbres touchés par l’agrile du frêne dans les municipalités canadiennes pourraient coûter 2 milliards de dollars sur une période de 30 ans, selon le Service canadien des forêts. De l’avis des experts, si on peut tenter de contrer la propagation du parasite, l’éradiquer complètement relève de l’impossible.

Avec des informations de Bryce Hoye

Manitoba

Affaires municipales