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Des jardins de pluie pour lutter contre les eaux de ruissellement dans la Matapédia

Rivière Matapédia

Rivière Matapédia

Photo : Radio-Canada

Joane Bérubé

L’Organisme de bassin versant Matapédia-Restigouche (OBVMR)poursuit son travail afin de mobiliser municipalités et citoyens pour une meilleure gestion des eaux de ruissellement afin d’éviter la pollution et la sédimentation des cours d’eau.

L’Organisme tenait jeudi son assemblée générale annuelle sur la première année du nouveau plan directeur de l’eau.

L’eau qui coule sur le sol comme l’eau qui tombe sur nos têtes est une préoccupation importante dans la Matapédia. Trois quarts des habitants de la Vallée de la Matapédia habitent sur le bord d’un lac ou d’une rivière à saumon.

On a un impact direct sur les rivières, notre cour est un bassin versant urbain.

Mireille Chalifour, directrice de l’Organisme de bassin versant Matapédia-Restigouche

La question ne concerne pas que les riverains, mais aussi leurs voisins, explique Mme Chalifour. On essaie de faire comprendre aux gens qu’ils sont riverains par le trou d’homme, [par] le puisard qui est devant leur maison qui bien souvent est connecté à la rivière ou à votre plan d’eau.

Deux barils, l'un blanc et l'autre noir, récoltent l'eau de la pluie.

Des barils pour récolter l'eau de la pluie. Celle-ci est ensuite utilisée pour arroser le jardin.

Photo : Radio-Canada / Marie-Lise Mormina

Pour aider les citoyens et les municipalités à mieux gérer l’eau de ruissellement, le Conseil de bassin versant a aussi obtenu cette année l’autorisation de traduire un guide sur la confection de jardins de pluie, publié par l’Université du Nebraska.

Photo de la page couverture du guide sur la conception des jardins de pluie

L'université du Nebraska a autorisé l'Organisme de bassin versant Matapédia-Restigouche a traduire leur guide

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Bilans personnalisés

Des données concernant les précipitations locales ont été ajoutées au guide, disponible en ligne et en version papier.

Reste à l’Organisme de bassin versant à convaincre les habitants de la Vallée de la Matapédia à aménager leur propriété en jardins de pluie.

Le porte-à-porte et la distribution de dépliants n’ont pas donné les résultats escomptés.

Pour poursuivre la démarche, l’OBVMR a donc eu l’idée d’utiliser les données modélisées pour faire le portrait hydrique des municipalités afin de réaliser quelque 3700 bilans hydriques résidentiels.

Ils [les propriétaires] ont tous reçu une petite lettre qui leur disait que sur le terrain, il y avait tant de surfaces imperméables, tant de perméables, et que tant d’eau en sortait par millilitres de pluie et [qu'ils] devr[aient] avoir un aménagement de telle dimension, explique Mme Chalifour.

Réalisées par une firme privée, ces évaluations coûtent entre 200 $ et 450 $, selon Mme Chalifour.

Ils ont maintenant un bon bilan de terrain. S’ils font déjà leur gestion de pluie, c’est merveilleux.

Selon une modélisation effectuée en 2008, un seul hectare de zone urbaine équivalait, comme apport en phosphore, à cinq hectares de terre agricole pour le bassin versant du lac Matapédia.

Source : Regroupement des organismes de bassins versants du Québec.

Ces questions deviennent encore plus cruciales dans un contexte de changements climatiques où les pluies sont plus soudaines, fréquentes et abondantes.

Souvent, on parle des forestiers, des agriculteurs, mais on tond notre pelouse directement à côté de la rivière à saumon. On ne veut pas de pissenlits, on met du fertilisant, des pesticides. Il faut qu’on regarde notre cour, fait valoir Mireille Chalifour.

Municipalités et saumons

La sédimentation et la pollution issues des eaux pluviales prennent des dimensions écologique et économique importantes dans la Matapédia puisqu’elles entravent la production d’alevins ainsi que la croissance et l’alimentation des saumons juvéniles.

Plusieurs municipalités qui bordent la rivière Matapédia font d’ailleurs partie d’une des huit communautés d’apprentissage du réseau Rés-Alliance des organismes de bassins versants du Québec.

Le groupe de la Matapédia a été mis en place justement pour favoriser les échanges entre les municipalités et les gestionnaires de rivières à saumon.

Activité de mentorat dans la rivière Matapédia

Activité de mentorat dans la rivière Matapédia

Photo : Radio-Canada

Au cours de la dernière année, plusieurs efforts de l’Organisme de bassin Matapédia-Restigouche versant ont donc été concentrés vers la modélisation de ces « bassins versants urbains » que sont les quartiers résidentiels.

Les données permettent maintenant de comprendre comment l’eau s’écoule jusqu’au lac ou à la rivière.

Les municipalités vont pouvoir dire : "ici, c’est la toiture et les pavés qu’il faut gérer, là c’est la voirie", pour avoir plus d’impacts et bloquer les eaux de ruissellement , précise Mme Chalifour.

Ces informations ont un impact. La gestion des eaux pluviales est de plus en plus incluse dans l’analyse de plusieurs municipalités de la Matapédia lorsque des travaux de voirie sont à effectuer, relève la porte-parole du Conseil de bassin versant.

C’est le cas notamment à Sainte-Marguerite-Marie, même si la municipalité n’est pas située près d’un lac ou d’une rivière.

Le long des routes et des chemins, l’évacuation des eaux se fait dans les boisés plutôt que des fossés où les sédiments pourraient être charriés dans les ruisseaux, puis les rivières.

Ce n’est pas plus compliqué ni plus cher, c’est seulement une manière différente de penser. Il faut arrêter de faire le tout à l’égout, ajoute Mme Chalifour.

Outre la promotion des outils du Conseil, il reste maintenant un travail d’accompagnement à effectuer.

Ces jours-ci, le conseil organise diverses rencontres dans les municipalités pour voir à ce que ses diagnostics se concrétisent en aménagements pour une meilleure rétention des eaux pluviales.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Changements climatiques