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Élection d’un chef à Uashat mak Mani-Utenam : trois visions s’affrontent

Conseil de bande de Uashat-Maliotenam

Photo : Radio-Canada

François Robert

Les trois candidats qui souhaitent devenir chef de Uashat mak Mani-Utenam le 26 juin proposent des profils et des visions assez différentes.

Les électeurs de la communauté innue de Uashat mak Mani-Utenam devront choisir un nouveau chef pour les trois prochaines années.

Le chef sortant, Mike McKenzie, affronte Antonio Fontaine et Bastien Roland Thirnish.

Bastien Roland Thirnish

Contrairement à ses deux adversaires, Bastien Roland Thirnish a décidé de se présenter sans équipe.

Il dit faire confiance à la communauté pour lui choisir une équipe parmi les candidats aux postes de conseillers.

Bastien Roland Thirnish a été conseiller de 2013 à 2016. Il a été défait comme conseiller à l’élection de 2016.

Auparavant, il a été candidat à la chefferie en 2007 et en 2010 sans succès.

Bastien Roland Thirnish mise sur une approche communautaire.

Il accorde une entrevue dans son salon durant la campagne électorale.

Le candidat Bastien Roland Joseph Thirnish

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Je suis comme candidat à la chefferie plus communautaire, lance d’entrée de jeu Bastien Roland Thirnish. Pourquoi communautaire ? C’est comme aider tout le monde. Toute la communauté est vraiment importante. Au lieu d’avoir une équipe, une équipe c’est comme une tarte de 25 %. Tu prends soin juste de ton équipe et tes supporteurs et les autres, on les oublie. C’est ça qui se passe chaque fois aux élections.

Il veut mettre sur pied une coopérative dans la communauté de type magasin général, ce qui permettrait de créer de nouveaux emplois.

Les Innus vont venir magasiner, les Québécois vont venir magasiner, on va aider tout le monde, souligne Bastien Roland Thirnish. C’est important d’avoir une vision pour aider côté québécois aussi, ce n’est pas juste autochtone, c’est important de voir large, il faut agrandir le cercle entre les peuples, on parle toujours de réconciliation.

Mike McKenzie

Pour sa part, le chef sortant Mike McKenzie se présente comme le candidat de la continuité.

Dans la plateforme actuelle que l’on est en train de mettre pour le prochain mandat, on dit il y a de la continuité, de la stabilité et puis de la cohérence dans mon équipe actuellement, fait valoir Mike McKenzie. On est quand même trois élus sortants dans mon équipe, ça fait qu’on est capable de gouverner demain matin.

Il accorde une entrevue à son domicile durant la campagne électorale.

Le candidat Mike McKenzie

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Il veut donner encore plus d’importance à la langue et la culture innues.

On travaille à restructurer au niveau de la protection des droits et territoires, on va regrouper le patrimoine, la culture, la langue et puis avoir un plan d’aménagement linguistique, explique Mike McKenzie.

La couverture du livre est rouge.

Un livre permettant d'approfondir sa connaissance de la grammaire de la langue innue.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Il propose notamment de demander aux employés du conseil de bande, par exemple en éducation ou en santé, d’acquérir certaines bases en langue innue, si ce n’est déjà fait.

Il veut que le conseil de bande offre davantage de services à Mani-Utenam, notamment en matière de santé.

Mike McKenzie projette aussi de mettre sur pied un transport en commun qui permettrait de relier Mani-Utenam, certains sites à Sept-Îles et à Uashat pour aider les gens qui n’ont pas de véhicule.

Antonio Fontaine

Le propriétaire de l’entreprise Minibus Fontaine, Antonio Fontaine, mise sur divers projets de développement économique, dont la mise sur pied d‘une institution financière dans la communauté, pour améliorer les conditions économiques des membres.

Des gens me parlaient souvent aux Galeries et même des gens que je rencontre des fois… ils ont de la misère, ils sont pauvres, raconte Antonio Fontaine. Moi, j’ai dit aux gens : "OK, on me demande pour que j’aille comme chef, je pense que je vais y aller." En vous écoutant, je pense que je peux faire quelque chose.

Il est assis dans un fauteuil durant l'entrevue.

Le candidat Antonio Fontaine

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Il se montre très critique face à la gestion du chef sortant Mike McKenzie. Ça fait six ans qu’il est là, il n’y a pas de développement, on est au même niveau, pourtant il a été là, il aurait pu faire quelque chose, indique Antonio Fontaine.

Antonio Fontaine souhaite aussi présenter diverses réclamations aux gouvernements, notamment le versement au conseil de bande des taxes de vente perçues aux Galeries Montagnaises.

Selon Antonio Fontaine, le partenariat offert par Boralex aux Innus dans le projet éolien Appuiat n’est pas équitable. Il serait possible, croit-il, de réaliser le projet Appuiat avec une facture moins élevée pour les Innus. Il propose de développer Appuiat sans Boralex.

Un point fait consensus

Les trois candidats s’entendent sur la nécessité de construire plusieurs maisons pour répondre aux besoins de la population de plus en plus nombreuse sur leur territoire.

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