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Il admet avoir tué son père pour « libérer » sa mère

L'accusé, Frédéric Gas

Frédéric Gas avait été accusé du meurtre au premier degré de son père en août 2017.

Photo : Facebook

Yannick Bergeron

Un jeune homme de Saint-Lambert-de-Lauzon a reconnu vendredi matin au palais de justice de Québec avoir tué son père, le 28 août 2017.

Accusé du meurtre prémédité de Claude Gas, son fils Frédéric a finalement plaidé coupable à une accusation réduite de meurtre au deuxième degré.

Avant de mourir, la victime de 67 ans a été en mesure de composer le 9-1-1.

Venez vite, il va finir par me tuer, a eu le temps de dire Claude Gas, visiblement essoufflé, avant que la ligne ne coupe.

Le premier policier sur place a retrouvé l'homme ensanglanté, atteint de quatre coups de couteau.

Son fils unique a été arrêté dans le voisinage dans les heures suivantes.

Aux prises avec des problèmes de consommation de drogue, Frédéric Gas était en proie à un début de psychose lorsqu'il a commis l'irréparable.

Des enquêteurs de police devant une enseigne sur laquelle c'est inscrit Claude Gas, électricien

La mort de Claude Gas avait ébranlé la communauté de Saint-Lambert-de-Lauzon près de Lévis.

Photo : Radio-Canada

Alors âgé de 25 ans, il en était venu à penser que son père était malveillant envers sa mère.

Il a donc décidé de tuer son père pour libérer sa mère, a indiqué le procureur de la poursuite, Me Jean-Philippe Robitaille.

C'est ce que Frédéric Gas a expliqué lors de l'interrogatoire policier qui a suivi son arrestation.

Il va d'ailleurs dire que tuer son père lui a fait du bien et que le mal de tête qui le tenaillait avait disparu lorsqu'il a asséné les coups de couteau à Claude Gas.

Me Robitaille a précisé que lorsque l'enquêteur quittait la salle d'interrogatoire, Frédéric Gas continuait de parler seul.

Il va même crier à quelqu'un de se taire alors qu'il est toujours seul dans la petite pièce, en colère.

Un accord entre la Couronne et la défense

La défense et la Couronne se sont basées sur une expertise psychiatrique pour négocier un plaidoyer de culpabilité pour une accusation de meurtre au 2e degré.

Le psychiatre Sylvain Faucher en est venu à la conclusion que Frédéric Gas était responsable de ses gestes, mais qu'il n'avait pu préméditer le meurtre, en raison de son état d'intoxication.

Détenu depuis son arrestation, Gas a entrepris une thérapie derrière les barreaux pour cesser sa consommation drogue et il chemine afin d'obtenir son diplôme d'études secondaires.

Selon le docteur Faucher, le risque qu'il récidive est sous la moyenne.

Les avocats ont donc suggéré que le meurtrier doive attendre 12 ans avant de pouvoir faire une demande de libération conditionnelle.

Le juge Raymond Pronovost a accepté cette suggestion, non sans dire que le fils aurait mérité une sanction plus sévère en raison de la peine et la souffrance donnée à votre mère.

Le magistrat a rappelé au détenu qu'une libération conditionnelle n'était pas automatique et qu'il devra faire des efforts.

Arrêtez donc de penser à vous et pensez à votre mère, a dit le juge avant d'ajouter, si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour elle, pour qu'elle puisse bénéficier de votre présence pour ses vieux jours.

Frédéric Gas qui a pris beaucoup de poids depuis le meurtre a répondu par un timide signe d'approbation de la tête.

Mère tiraillée

Le procureur de la poursuite a indiqué que la mère du meurtrier savait que son fils allait plaider coupable, mais qu'elle a finalement préféré ne pas assister à l'audience.

Elle est extrêmement tiraillée entre le décès de son conjoint, et le fait de voir son fils partir de nombreuses années en prison, a révélé Me Robitaille.

Le procureur a fait savoir que la mère est toujours en contact avec son fils et qu'elle l'a d'ailleurs visité en prison.

Québec

Crimes et délits