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Une exposition à Winnipeg pour mettre des images sur la crise des Rohingyas

Des centaines de Rohingyas à un point de ravitaillement.
Les clichés de Kevin Frayer sont issus d'une collection de photos de 2017. Photo: Kevin Frayer
Radio-Canada

Le Musée canadien pour les droits de la personne accueille, à partir de dimanche, une exposition qui réunit des photos, des vidéos et des témoignages pour rendre compte de la réalité de l’exode des Rohingyas du Myanmar.

L’exposition, intitulée Il est temps d’agir : témoignages de Rohingyas, est le fruit du travail du photographe winnipégois Kevin Frayer et des contributions de 12 Rohingyas canadiens.

« Je veux que les gens nous voient comme autre chose que des nombres », explique Yasmin Ullah, une Rohingya canadienne qui vit à Surrey, en Colombie-Britannique, et dont on entend la voix dans l’exposition.

À 27 ans, elle espère que l’exposition permettra aux Canadiens de mieux comprendre la réalité de cette population.

« Nous sommes juste des humains qui font tout leur possible pour vivre alors que toutes les chances sont contre nous », ajoute-t-elle.

Les photos de Kevin Frayer, présentées au Musée canadien pour les droits de la personne, font partie d’un corpus plus important de clichés de 2017, intitulé Desperate Journey: The Rohingya Exodus.

Une population persécutée

Depuis plusieurs décennies, les Rohingyas, un groupe ethnique largement musulman, sont persécutés au Myanmar où la population est à dominante bouddhiste.

Les violences contre ce groupe ont explosé après qu’un militant de l’Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA) eut attaqué un poste de sécurité le 25 août 2017, tuant 12 personnes.

L’ARSA est également accusée du massacre d’hindous à la suite de ces violences.

Toutefois, plusieurs preuves, collectées par des groupes de défense des droits de la personne, suggèrent l'existence de campagnes violentes organisées par les forces de sécurité à l’endroit des Rohingyas, avant même l’attaque d’août 2017.

Un rapport d’enquête des Nations unies, de septembre 2018, a également conclu que les campagnes de meurtres, d’agressions sexuelles et de dislocation sociale avaient des fins génocidaires.

La famille de Yasmin Ullah a quitté le pays en 1995, lorsque cette dernière avait 3 ans, afin d’échapper aux violences.

Il y a beaucoup de raisons qui ont amené mes parents à se dire qu’il n’y avait plus d’espoir pour nous [au Myanmar]. Le génocide était en gestation. Les gens n’étaient plus autorisés à aller à l’école, à travailler.

Yasmin Ullah, réfugiée rohingya

Elle ajoute que la situation ne faisait qu’empirer. Selon elle, des villages entiers étaient incendiés, plus de 700 000 personnes se sont réfugiées dans des camps situés dans le pays voisin, le Bangladesh. Yasmin Ullah précise que, dans ces camps, les femmes vivaient avec le risque permanent d’être violées.

Les membres de sa famille ont finalement passer du temps comme réfugiés en Thaïlande jusqu’en 2011 quand ils ont pu immigrer au Canada.

L’exposition au Musée canadien pour les droits de la personne se poursuit jusqu’au 5 avril 2020.

D'après des informations d'Aviva Jacob et Cameron MacLean

Manitoba

Crises politiques