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Moins de 2 % des logements locatifs sont disponibles dans le Grand Montréal

Une vue aérienne d'un quartier résidentiel.
À Montréal, le taux d'inoccupation est de 1,9 %. Photo: iStock / Guy Banville
Jérôme Labbé

De nombreux citoyens cherchent toujours un logement à louer dans le Grand Montréal à l'approche du 1er juillet, le jour traditionnel de déménagement. Le taux d'inoccupation des logements locatifs est tombé sous la barre des 2 % pour la première fois depuis 2005 dans la région métropolitaine. Il est même plus bas en banlieue qu'à Montréal.

Les données publiées vendredi matin dans le bulletin « Perspective Grand Montréal » de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sont inquiétantes.

La situation n'est pas aussi critique qu'au début des années 2000, quand à peine 0,6 % des logements étaient disponibles dans la région métropolitaine. Mais les appartements à louer sont de plus en plus rares, avec un taux d'inoccupation de 2 % sur l'île de Montréal.

« On le sent sur le terrain, il y a parfois des files d'attente pour un logement », observe Pierre Lessard-Blais, maire de l'arrondissement de Mercier−Hochelaga-Maisonneuve. « C'est pour ça qu'on invite les gens, s'ils le peuvent, à rester dans leur logement actuel. »

Mais les logements sont aussi rares, voire plus rares en banlieue. Le taux d'inoccupation est actuellement de 1,9 % à Laval et à Longueuil. Et il est encore plus bas dans la grande couronne.

Dans les MRC de Deux-Montagnes, de Mirabel et de Thérèse-De Blainville, par exemple, le taux d'inoccupation est de 0,8 %. Même chose en Montérégie, pour le sud de la MRC de Marguerite-D'Youville, le centre de la MRC de La Vallée-du-Richelieu et Saint-Bruno-de-Montarville.

Une demande plus forte

Bref, les données compilées par l'Observatoire Grand Montréal de la CMM – qui sont elles-mêmes tirées du plus récent rapport annuel de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) – montrent que la région s'éloigne de plus en plus du point d'équilibre du marché, qui se situe à 3 %.

« Depuis les deux dernières années, il y a une forte augmentation des travailleurs temporaires et des étudiants internationaux, donc des immigrants dits "temporaires" », explique Philippe Rivet, responsable du dossier pour la CMM. « Il y a également le vieillissement de la population, qui fait en sorte que plusieurs baby-boomers vendent leur maison pour se diriger vers le marché locatif. »

Parmi les autres raisons avancées pour expliquer la baisse du taux d'inoccupation dans le Grand Montréal, la CMM invoque « la forte augmentation depuis 2007 du nombre de [...] demandeurs d'asile »; « la baisse de l'accession à la propriété chez les plus jeunes ménages »; « les plateformes de location à court terme comme Airbnb – qui ont pour effet de retirer des logements du marché de la location à long terme »; et « la conversion des logements locatifs en propriétés absolues et en copropriétés ».

Pénurie de logements abordables

Autre source d'inquiétude pour la CMM : malgré une explosion des mises en chantier depuis quelques années, on construit de moins en moins de logements sociaux et abordables dans le Grand Montréal. Il y a 10 ans, c’était presque un logement sur trois. Aujourd’hui, c’est moins de un logement sur douze.

Pourtant, les besoins en logement abordable sont très élevés : 27,1 % des ménages locataires de la région consacrent plus de 30 % de leur revenu brut à se loger.

C'est d'ailleurs pour s'attaquer à ce problème que l'administration de la mairesse Valérie Plante a présenté cette semaine son Règlement pour une métropole mixte, qui obligera les promoteurs immobiliers à inclure dans leurs projets résidentiels un minimum de logements sociaux, abordables et familiaux à compter du 1er janvier 2021.

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine

Grand Montréal

Habitat