•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Dérogation sur les pesticides « tueurs d'abeilles » : personne ne veut mal faire, dit Charette

Un camion rouge se déplace à travers un champ doré qui s'étend à perte de vue.

Les néonicotinoïdes utilisés au Canada sont entre 5000 et 10 000 fois plus toxiques que ne l'était le DDT qui a été interdit dans les années 1970, selon les chercheurs.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que Québec vient d'accorder une dérogation aux agriculteurs québécois afin qu'ils puissent utiliser des néonicotinoïdes « tueurs d'abeilles », et ce, malgré des restrictions entrées en vigueur il y a deux mois, le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, assure que personne ne veut « mal faire » dans ce dossier.

Le ministre affirme que les agriculteurs et les agronomes « sont des gens de bonne volonté » et dit attendre les résultats des consultations de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles (CAPERN) sur l'utilisation des pesticides avant de se prononcer davantage sur la façon de les remplacer.

M. Charette avoue que « toute la question des pesticides, c’est un enjeu de préoccupations ». Il indique qu’il a rencontré de nombreux agriculteurs au cours des derniers mois et qu’il « n’en a pas trouvé un seul qui voulait mal faire ».

Selon lui, les agriculteurs demandent seulement à être mieux accompagnés dans le processus de remplacement des pesticides. Il dit donc « espérer que les travaux de la CAPERN arrivent à des constats pour mieux accompagner nos agriculteurs ».

Le problème, dit-il, tourne surtout autour du manque d’alternatives qui sont offertes à ces derniers.

« Quand on a un produit que l’on connaît, qui est mauvais, mais qu’on ne sait pas par quoi le remplacer. Et surtout que le produit de remplacement risque d’être plus dangereux que le produit qu’on veut remplacer », précise-t-il, indiquant que, par le passé, des produits de substitution utilisés par les agriculteurs avaient fait pire que ce qu’on reprochait aux premiers.

M. Charette admet toutefois qu’un travail de pédagogie est aussi à faire, « autant chez les agronomes eux-mêmes que chez les agriculteurs ».

La dérogation a été qualifiée d’« exceptionnelle », par le président de l’Ordre des agronomes du Québec, Michel Duval. Il affirme que le temps pluvieux des derniers mois a forcé les agriculteurs qui avaient commandé des semences tardives à se rabattre sur d’autres à croissance plus rapide et que les fournisseurs n’ont que des semences enrobées de pesticides à leur offrir.

Le ministre de l’Environnement accueillera donc peut-être avec intérêt la motion que doit déposer Québec solidaire (QS) en Chambre vendredi à ce sujet.

Le parti doit demander qu’on cesse d’accorder des dérogations, mais aussi, « et c’est aussi important », précise le député Gabriel Nadeau-Dubois, « que du côté du MAPAQ, on documente et on rende accessible pour les agriculteurs du Québec des alternatives ».

« Parce que c’est bien beau interdire, mais ça ne suffit pas. Il faut aussi accompagner nos agriculteurs dans cette transition vers une forme d’agriculture digne du 21e siècle », a-t-il commenté lors du bilan de session du parti.

Lors de son propre bilan de session, le Parti québécois (PQ) a de son côté condamné le laxisme du ministère de l’Environnement.

« C’est une brèche et une porte ouverte et c’est inacceptable. Ça ne devrait pas être autorisé », a lancé le porte-parole du PQ en matière d’agriculture, Sylvain Roy.

Politique provinciale

Politique